Produite et entièrement financée par l’Office national du film, la série documentaire <em>Ramaillages</em> est réalisée par Moïse Marcoux-Chabot.
Produite et entièrement financée par l’Office national du film, la série documentaire <em>Ramaillages</em> est réalisée par Moïse Marcoux-Chabot.

Ramaillages: une vue différente de la Gaspésie

SAINT-MAXIME-DU-MONT-LOUIS – La série documentaire Ramaillages pose un regard sur les enjeux environnementaux de Gaspésiens de souche et de néo-Gaspésiens qui ont choisi d’habiter le territoire. Réalisée par Moïse Marcoux-Chabot et produite par Colette Loumède de l’Office national du film, la série est présentée en six épisodes de 30 minutes chacun.

Ils étaient une soixantaine à s’être entassés dans le bistro La Face B de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, vendredi soir, pour assister à l’avant-première de la série. Les réactions étaient vives puisque si les spectateurs ne se reconnaissaient pas parmi la trentaine de Gaspésiens sur lesquels la caméra s’est arrêtée, ils en connaissaient assurément quelques-uns.

Originaire de Saint-Nérée-de-­Bellechasse et aujourd’hui résident de Mont-Saint-Pierre, en Haute-Gaspésie, Moïse Marcoux-Chabot présente, au fil des saisons, une incursion dans la vie de certaines personnes et offre la parole à ceux qui portent un message s’inscrivant dans la poursuite d’idéaux orientés vers la préservation et le développement du territoire. «On est beaucoup dans la parole et les mots», précise d’ailleurs le réalisateur.

Un peu à la manière du cinéma direct de Pierre Perrault, la caméra se fait témoin de rencontres entre des hommes et des femmes de tous âges, de paysages grandioses ou de scènes de la vie quotidienne. «Comme fil conducteur, j’ai essayé de capter des moments un peu partout avec des gens que je trouvais beaux et qui me parlent de leur parcours», décrit le cinéaste. Ce tour de la Gaspésie vu autrement de Moïse Marcoux-Chabot a été filmé en noir et blanc. «Pourquoi le noir et blanc? interroge-t-il lui-même. Parce que je trouve ça beau.»

Bilbo Cyr, Yanik Elément, Marie-Eve Paquette et Maxime Castro sont des participants que l’on peut voir dans la série <em>Ramaillages</em>.

«Chacun une maille»

Le titre, Ramaillages, s’inspire d’un ancien mot qui, en Gaspésie, voulait dire «refaire ou réparer les mailles d’un filet». «J’ai vu dans ce mot une façon de tisser des liens, de se rassembler pour être plus forts collectivement», indique le jeune documentariste. «On est chacun une maille, illustre en entrevue avec Le Soleil le Gaspésien de souche Bilbo Cyr, l’un des participants de la série. Par la mise en commun, on ajoute aussi chacun une maille.»

Une autre participante croit que la série donnera le goût aux gens de venir vivre en région. «Je pense qu’il y a beaucoup de fierté dans ce qu’on fait, estime Marie-Eve Paquette, native de Limoilou. Il y a quelque chose de beau. C’est l’espoir. Ça sort de l’utopie. On est des marginaux, on est marginalisés, mais on n’est pas des illuminés qui proposent des choses impossibles! Je suis tellement fière qu’on soit en train de construire quelque chose pour nos enfants.»

Pour Yanik Elément, qui a fait un retour dans son village natal de Saint-Maxime-du-Mont-Louis après l’avoir quitté pendant 15 ans, «tous les projets présentés dans la série contribuent à bâtir une communauté». Maxime Castro, un Français qui a choisi de s’installer dans le même village, estime que la série présente «un résumé du pourquoi je suis là, du pourquoi j’habite ici, du pourquoi je veux m’approprier le territoire».

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«RAMAILLAGES» AU RENDEZ-VOUS QUÉBEC CINÉMA

La série documentaire Ramaillages prendra la route pour une tournée gaspésienne en présence du réalisateur Moïse Marcoux-Chabot. Les projections se tiendront à compter de samedi à Percé, à Gaspé, à Bonaventure et à Sainte-Anne-des-Monts. La première sera présentée le 7 mars au Rendez-vous Québec Cinéma. Simultanément, la série sera accessible en ligne sur onf.ca. Avec Ramaillages, c’est la première fois que l’Office national du film participe financièrement à 100 % à une série documentaire.