L'argent servira à remettre à niveau et à entretenir le rail gaspésien au cours des cinq prochaines années.

Rail gaspésien: un «besoin» de 105 M$

Il faudra investir 105 millions $ pour remettre à niveau et entretenir le rail gaspésien au cours des cinq prochaines années, révèle une étude récente commandée par la Société de chemin de fer de la Gaspésie (SCFG). L'organisme formé de municipalités gaspésiennes compte sur Québec et Ottawa pour investir ces sommes.
«Je veux convaincre le gouvernement de faire l'ensemble [des travaux]. Le but, c'est de ramener le rail complet jusqu'à Gaspé, marchandises et passagers», déclare Éric Dubé, maire de New Richmond et nouveau président de la SCFG, succédant à François Roussy.
«Nos études sont en train d'être finalisées et on attend la nomination d'un nouveau ministre [québécois des Transports] qu'on veut aller rencontrer début mai», indique M. Dubé.
La SCFG compte solliciter l'aide de la ministre fédérale des Transports, Lisa Raitt, qui a promis de venir dans l'est du pays d'ici deux mois (voir l'encadré).
En 2011, une première étude estimait à 93,5 millions $ le coût de réfection du chemin de fer Matapédia-Gaspé. Transports Québec a attribué 27 millions $ à la SCFG en 2012 et en 2013, surtout pour réparer des ponts.
L'inflation fait son oeuvre et le rail gaspésien, une voie de 323 kilomètres qui inclut 93 ponts, avance en âge, explique le directeur de la SCFG, Olivier Demers. «On a réparé les ponts d'Haldimand, Barachois et L'Anse-à-Beaufils, mais il y en a d'autres à peu près du même âge, construits au début du siècle dernier et qui ont été peu entretenus depuis 30 ans.»
La SCFG fera valoir une étude de marché pour justifier la réparation du chemin de fer. La future cimenterie de Port-Daniel, notamment, utiliserait le rail pendant sa construction et son exploitation.
Le transport de marchandises rapporte 1 million $ par an à la SCFG. Temrex, expéditeur de produits forestiers, est le principal client, mais Fabrication Delta (acier et tours d'éoliennes), Rail GD (wagons et locomotives) et des producteurs de grain ont aussi recours au rail.
Un nouveau client, l'Association coopérative forestière de Saint-Elzéar, projette d'expédier du bois de construction et des copeaux par rail. À terme, ce nouveau client pourrait ajouter 750 wagons par année et 500 000 $ en revenus pour la SCFG. L'aire d'entreposage et d'embarquement, à New Carlisle, sera prête en juin.
La SCFG exploite depuis l'an dernier un train touristique, L'Amiral, qui fera une quinzaine de sorties en 2014, soit trois fois plus qu'en 2013. S'ajoute un objectif de six sorties avec à bord les croisiéristes qui font escale à Gaspé. Des revenus de 320 000 à 340 000 $ sont espérés de L'Amiral.
VIA Rail
La SCFG vise un retour du train de passagers de VIA Rail jusqu'à New Carlisle à temps pour l'été. L'organisme a effectué une étude sur la capacité portante de 19 ponts, une condition pour que VIA reprenne le service. «On n'a pas de signe que VIA ne peut reprendre son service, indique M. Demers, mais ça demeure à l'appréciation de VIA Rail et de Transports Québec.» Une rencontre avec ces deux instances est prévue sous peu.
Le train de passagers de VIA Rail n'a pas dépassé New Carlisle depuis décembre 2011 et ne va plus au-delà de Matapédia depuis août 2013.