Radars photo fixes: forte baisse des accidents... et des amendes

Les radars photo font ralentir les automobilistes et diminuer les accidents. Tant et si bien que le nombre de constats d'infraction générés par les appareils fixes est en chute libre. Les modèles mobiles installés aux abords des chantiers routiers sauvent la mise.
Le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a déposé mercredi le rapport d'évaluation 2013 des cinémomètres photographiques et des systèmes photographiques de contrôle de circulation aux feux rouges. Dans le communiqué de presse associé, il s'est réjoui de la diminution de la vitesse sur les sites contrôlés, mais surtout de la réduction des accidents, particulièrement les accidents avec lésions corporelles.
«À l'évidence, ces appareils améliorent le bilan routier du Québec et, incidemment, ils contribuent à diminuer les coûts sociaux imputables aux accidents de la route», a-t-il déclaré.
Les statistiques publiées font état d'une baisse de la vitesse moyenne de 13,8 km/h près des premiers radars fixes installés en 2009. La proportion de véhicules excédant la limite de vitesse permise est passée de 59,3 % à 15,8 %. C'est un peu moins à Lévis, devant l'appareil fixe du collecteur des ponts, où 12 % des véhicules dépassent toujours la vitesse affichée. Sur la route 173 à Saint-Georges de Beauce, il y a encore 25 % de délinquants.
La différence est moins grande dans les zones surveillées par des radars photo mobiles, où la vitesse moyenne a diminué de seulement 5,5 km/h. Il faut dire que ces appareils ne sont pas toujours en service et il semble que les automobilistes le savent bien.
Les moyennes mensuelles d'accidents ont aussi beaucoup varié depuis l'adoption des radars photo au Québec. Les accidents ont chuté de 51 % à proximité des appareils fixes, 58 % si on considère précisément les accidents corporels. C'est un peu moins pour les autres modes de surveillance, mais toujours mieux que le bilan routier général (- 21 %) pendant la même période.
Payants près des chantiers
Après l'année record de 2010, où 75 676 constats et 10,7 millions $ d'amendes avaient été signifiés, le nombre d'infractions est en baisse constante sur les 15 premiers lieux mis sous surveillance. Les radars photo mobiles déployés près des chantiers routiers ont pris la relève. En même pas un an (d'août 2012 à juin 2013), ils ont été aussi prolifiques que les réguliers et deux fois plus payants puisque les amendes sont doublées en zone orange.
Le Fonds de la sécurité routière, où sont versés les profits une fois déduites les dépenses d'exploitation, cumule désormais 10,9 millions $. Cette somme doit être affectée à des programmes de sécurité routière. Aucun n'a été financé à ce jour, mais un comité consultatif prépare des propositions.
Enfin, un sondage révèle un appui populaire constant à l'approche gouvernementale. La proportion de répondants en faveur des cinémomètres frôlait les 90 % en mai 2013. À Québec, où un projet pilote municipal est en élaboration, 87 % des gens y sont favorables.