Le déficit devrait se résorber dès l'année financière 2016-2017 grâce à l'ajout de 37 nouveaux radars photo, dont quatre mobiles sur le réseau municipal de Québec.

Radars photo dans le rouge

C'est une première depuis leur implantation: les radars photo ont rapporté moins d'argent qu'ils n'en ont coûté aux contribuables québécois en 2015-2016.
Le ministre des Transports, Laurent Lessard, a déposé mardi à l'Assemblée nationale le rapport d'évaluation des cinémomètres photographiques et des systèmes photographiques de contrôle de circulation aux feux rouges couvrant l'année 2016.
On y trouve des statistiques sur le nombre et la valeur des constats d'infraction émis grâce aux radars photo, la réduction de la vitesse et des accidents près des sites contrôlés ainsi que les résultats financiers du programme. 
Le Fonds de la sécurité routière - dans lequel sont versés les revenus d'amendes et prélevées les sommes nécessaires à l'entretien, au fonctionnement et à la gestion des appareils - a été créé durant l'année financière 2008-2009. Les 15 premiers radars photo déployés sur le réseau routier de la province ayant fait leur apparition l'année suivante, un petit déficit de 97 000 $ avait alors été enregistré. 
Depuis, aucun bilan n'avait été écrit à l'encre rouge. Au contraire, l'excédent allait croissant, variant entre 2,7 millions $ en 2009-2010 et un sommet de 10,7 millions $ en 2014-2015. La chute n'en est que plus abrupte puisqu'en 2015-2016, le manque à gagner atteint 716 000 $. Les revenus ont dégringolé de 21,4 à 13,3 millions $ tandis que les dépenses ont augmenté de 10,7 à 14 millions $. 
«Cela s'explique en grande partie par une diminution du nombre de constats signifiés durant cette période», peut-on lire dans le rapport. Les chantiers routiers, la manne de l'année précédente, ont notamment été moins surveillés en raison de la révision des normes de signalisation. Les appareils mobiles n'ont donc pu être installés qu'à partir du mois de juillet 2015. Le retrait du radar photo de l'autoroute 15 Sud à Montréal, jugé trop prolifique, s'est également fait sentir. Enfin, les automobilistes s'habituent à la présence des cinémomètres fixes, qui rapportent moins d'année en année. 
Embauche de policiers
«L'augmentation des dépenses est attribuable au défraiement des coûts nécessaires au déploiement de la phase 2, dont la partie opérationnelle a débuté en octobre 2015», mentionnent également les auteurs du bilan. On note particulièrement l'embauche de ressources policières pour opérer les radars photo et traiter les dossiers d'infraction. Il y a aussi eu des dépenses d'installation, de signalisation, de formation et de communication en lien avec la commande de 37 appareils supplémentaires au coût de 30 millions $. 
Au final, il reste toujours 28,9 millions $ inutilisés dans le Fonds de la sécurité routière. L'excédent cumulé peut servir uniquement à des programmes de sécurité routière et d'aide aux victimes de la route. En sept ans, aucun investissement du genre n'a toutefois été réalisé. Seules les factures liées aux radars photo ont été payées. 
Selon toute logique, le déficit devrait se résorber dès la présente année financière, qui se termine le 31 mars. Maintenant déployés, les nouveaux radars photo vont gonfler la colonne des revenus plutôt que grever celle des dépenses. Non seulement y a-t-il désormais plus de sites surveillés sur le réseau provincial, mais le projet pilote permettant l'exploitation d'appareils par certaines municipalités, dont Québec, multiplie le nombre et la valeur des constats d'infraction signifiés. Pour la seule période du 19 octobre au 31 décembre 2015, plus récentes statistiques présentées dans le rapport de 2016, environ 10 000 «tickets» ont été postés à des contrevenants à qui étaient réclamés près d'un million de dollars d'amendes.