Sylvain Gaudreault, Frédéric Bastien, Guy Nantel, et Paul St-Pierre Plamondon étaient réunis pour une troisième et dernière fois dans un studio de Granby pour ce débat de près de deux heures sur les thèmes du nationalisme et de la protection du territoire et de l’environnement.
Sylvain Gaudreault, Frédéric Bastien, Guy Nantel, et Paul St-Pierre Plamondon étaient réunis pour une troisième et dernière fois dans un studio de Granby pour ce débat de près de deux heures sur les thèmes du nationalisme et de la protection du territoire et de l’environnement.

«Qui peut faire gagner le PQ?»: dernier débat actif au PQ [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Plusieurs propositions et autant d’attaques ont composé le troisième et dernier débat de la course à la chefferie du Parti québécois, mardi soir. «Guy, j’ai l’impression que tu ne te présentes pas dans le bon parti, tu attaques le Parti québécois!» a entre autres déploré Sylvain Gaudreault, à l’endroit de son vis-à-vis Guy Nantel.

M. Nantel a une fois de plus critiqué le travail des gouvernements précédents au Québec. Dont celui formé par le PQ de 2012 à 2014 et le feu vert alors donné au polluant projet de la cimenterie McInnis, à Port-Daniel, en Gaspésie. Gouvernement dans lequel le député Gaudreault agissait comme ministre.

M. Nantel avait verbalisé le même genre de critique au débat précédent à propos de la cimenterie McInnis. Cette fois, il a ajouté les redevances minières alors obtenues par le gouvernement Marois.

«En politique, on défend des idées. Je suis une personne de convictions! Si on veut quelqu’un qui va toujours dire oui pour ne pas blesser personne, il ne faut pas voter pour moi», a indiqué M. Nantel en point de presse d’après-débat, disant vouloir aller à l’inverse la «continuité» qu’offre la candidature de M. Gaudreault.

Il a aussi souligné que sa notoriété permettrait de rejoindre plus de Québécois lors des élections de 2022. «La question qu’il faut se poser, c’est qui peut faire gagner le Parti québécois?» a-t-il répété.

Vote dans deux semaines

C’est connu, l’humoriste n’hésite jamais à frapper à gauche et à droite. Mais ne refuse pas non plus une bonne idée d’un adversaire. Il a même reconnu que d’avoir un chef élu, M. Gaudreault étant le seul député des quatre candidats, constituerait un avantage.

MM. Gaudreault, Nantel, Frédéric Bastien et Paul St-Pierre Plamondon étaient réunis pour une troisième et dernière fois dans un studio de Granby pour ce débat de près de deux heures sur les thèmes du nationalisme et de la protection du territoire et de l’environnement.

«On vient de vivre la plus longue campagne à la chefferie de l’histoire. Huit mois à faire des Zoom, des capsules, trois débats... Vous avez tout entendu», a résumé M. Nantel, dans son mot de conclusion, pour signifier comment cette course à la direction du PQ aura été marquée par la pandémie de COVID-19.

Dans le cas du premier candidat déclaré, M. Gaudreault approchera presque une année complète de campagne.

Membres et sympathisants voteront du 5 au 9 octobre. L’identité du 10e chef élu dans l’histoire du Parti québécois sera dévoilée le vendredi soir, 9 octobre.

Pas de spectacle sur la souveraineté

Attaques, défensives, revers et quelques smashs ont ponctué la joute.

St-Pierre Plamondon propose d’utiliser 2 des 11 milliards $ du Fonds des générations pour l’investir en environnement. L’autonomie alimentaire doit aussi devenir une priorité, exprime l’avocat. «Les pays se volaient des masques pendant la pandémie, imaginez s’il manquait de nourriture», a-t-il illustré, pour signifier l’importance de son plan.

M. Gaudreault propose entre autres la création d’une SÉPAQ du patrimoine et d’une École nationale du patrimoine, en plus du poste de sous-ministre, «haut fonctionnaire chargé de briser les silos» des ministères. Il s’est aussi réjouit d’enfin parler d’environnement, «l’enjeu planétaire du 21e siècle», dans le dernier tiers du dernier débat.

M. Nantel ferait payer plus d’impôts aux entreprises aux noms anglophones, ressusciterait les Centres d’orientation et de formation des immigrants (COFI) et ouvrirait davantage de bureaux du Québec dans les pays d’où proviennent beaucoup d’immigrants venus s’installer ici, entre autres projets.

Après le débat, aux journalistes, Sylvain Gaudreault a émis l’idée que s’il devient chef, il verrait Guy Nantel partir en tournée de spectacles pour convaincre les Québécois du bien-fondé de l’indépendance. Un J’aime Hydro, la pièce de Christine Beaulieu sur notre hydroélectricité, mais sur la souveraineté.

«Je reprendrais mes affaires sans être au service d’une commande», a toutefois répondu l’humoriste, se disant ouvert à travailler aux côtés d’un chef Gaudreault dans un rôle politique plus direct.

Capitaine Constitution en hausse

De son côté, M. Bastien, moins connu et quatrième dans les sondages, a paru de plus en plus à l’aise d’un débat à l’autre. «Plus je fais des débats, plus j’aime ça», a-t-il reconnu, disant avoir du plaisir.

Celui que l’on pourrait surnommer Capitaine Constitution veut entre autres abolir les accommodements religieux et mettre sur pied un institut national de la géographie. «Si on veut protéger notre territoire, il faut commencer par le connaître», a dit ce prof d’histoire au cégep anglophone Dawson.

Il a continué de se poser en plus grand combattant des «fédéraux», comme il se plaît à nommer tout ce qui concerne les fédéralistes d’Ottawa, arguant que de forcer des négociations constitutionnelles raviverait inévitablement la flamme souverainiste.