Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, porte-paroles de Québec solidaire

Québec solidaire se voit en faiseur de roi

D’ici les prochaines élections, Québec solidaire (QS) veut faire passer le message qu’il pourrait être un faiseur de roi à l’issue du prochain scrutin — si tant est que le prochain gouvernement est minoritaire.

Le député Gabriel Nadeau-Dubois imagine l’élection d’un gouvernement minoritaire, ce qui est plus que vraisemblable à l’aune des enquêtes d’opinion, et pense que son parti fera des gains électoraux. «L’ère de la marginalité est terminée pour Québec solidaire», lance-t-il en entrevue.

Des gouvernements élus par de très faibles marges peuvent avoir besoin de l’appui de quelques députés seulement pour se maintenir au pouvoir, fait valoir M. Nadeau-Dubois.

«Je ne veux pas exclure une collaboration avec quiconque neuf mois avant les élections. On collaborera avec le parti au pouvoir tant et aussi longtemps qu’il ira dans le sens du bien commun selon nous», dit-il. Au cas par cas, s’entend. Dossier par dossier.

Tous sur le même pied

En juin, Gabriel Nadeau-Dubois disait que ce n’est pas parce que Québec solidaire avait rejeté l’idée d’une alliance électorale avec le Parti québécois (PQ) que les deux formations ne pourraient pas former une alliance gouvernementale.

Il ne reprend plus de tels propos. Il explique que, «dans l’absolu», le PQ est plus «progressiste» que la Coalition avenir Québec et le Parti libéral du Québec. Il place néanmoins désormais ces trois adversaires sur le même pied pour la suite des choses.

Alors, l’appui qu’accordera QS à un gouvernement minoritaire se fera au cas par cas. Et QS espère faire pression le plus possible sur ce gouvernement pour arracher des politiques de «justice sociale».

Des circonscriptions porteuses?

Des circonscriptions à l’extérieur de Montréal sont dans le viseur de QS. Gabriel Nadeau-Dubois cite celles de Sherbrooke, Rimouski, Rouyn-Noranda–Témiscamingue et Taschereau, où sa formation pourrait augmenter ses scores. Le député de Gouin rêve même de victoires dans certaines d’entre elles. Il lui faudra réellement faire croître ses appuis pour cela.

À Montréal, QS pense arracher Hochelaga-Maisonneuve. Il «travaillera» aussi la circonscription de Rosemont, détenue par le chef péquiste Jean-François Lisée, et celle de Laurier-Dorion.

Du côté de Québec, il déploiera aussi des efforts particuliers dans celle de Jean-Lesage. Dans Tasche-reau et sans doute aussi dans Jean-Lesage, la fusion entre Québec solidaire et Option nationale fait toutefois naître ce que certains qualifient de «beau problème».

Dans Taschereau, une candidature d’Option nationale, celle de Catherine Dorion, une autre de Québec solidaire d’avant la fusion, celle de Marie-Ève Duchesne, se font concurrence.

L’ex-chef d’Option nationale, Sol Zanetti, veut porter les couleurs de QS dans Jean-Lesage, alors que Sébastien Bouchard, qui y a déjà représenté le parti, pourrait aussi être intéressé, croit-on à l’interne.

Jusqu’ici, avec 125 circonscriptions, il y avait de la place pour tout le monde, dit-on en boutade chez QS. Rançon d’un certain succès? Ce n’est plus le cas. Le parti devra maintenant vivre avec davantage d’assemblées d’investiture.

Gabriel Nadeau-Dubois et d’autres y voient un effet bénéfique : la sollicitation qu’effectueront les candidats auprès des sympathisants pourrait faire croître le nombre de membres du parti.