La rue Saint-Jean sera piétonne toutes les fins de semaine de l'été. 
La rue Saint-Jean sera piétonne toutes les fins de semaine de l'été. 

Québec se «déconfine» tranquillement [PHOTOS]

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Dimanche, à certains endroits dans la ville de Québec, on pouvait presque oublier que l’on nage en pleine pandémie. Les parcs sont fréquentés, les rues piétonnes sont occupées. Les quelques masques et les files inhabituelles devant les commerces nous ramènent toutefois à la réalité. 

Depuis vendredi, les rassemblements de 10 personnes réunies dehors sont permis, le Québec se «déconfine» tranquillement. Dimanche, le mercure affichait jusqu’à 25 °C, température idéale pour se réunir et profiter des parcs et installations de la ville. 

Une chose est certaine, on ne reverra plus les rues vides comme il a été le cas ce printemps, le temps de la «ville fantôme» est terminé.

Les plaines d’Abraham sont encore un lieu populaire, il y avait beaucoup de monde dimanche, plusieurs rassemblements, mais rien d’illégal. Même chose au parc Victoria, où les skateurs s’y rassemblent, mais pas de partie de soccer à l’horizon. 

Le Carré d’Youville se voyait plus tranquille lors du passage du Soleil. On pouvait y voir des amis s’y rencontrer, mal à l’aise de se donner la bise, mais déterminés à passer du temps ensemble, pas au travers d’un écran. Le deux mètres n’est pas toujours respecté, mais les citoyens évitent de se toucher. 

Des vélos, beaucoup de vélos, se promènent aussi sur les pistes cyclables. La promenade de Champlain en était pleine dimanche après-midi.

Toutefois, quelques scènes restent plus difficiles à regarder, comme la Grande Allée déserte, privée de ses terrasses et de son trafic. Les restaurants demeurent fermés jusqu'à nouvel ordre. 

Crémeries et cafés

Les rues récemment devenues piétonnes la fin de semaine sont populaires (rue Saint-Jean, l’avenue Cartier et la rue Saint-Joseph), les citoyens en profitent. Les employés des crémeries ou des cafés ouverts depuis peu s’efforcent de faire respecter la file (et le deux mètres!), un nombre limité de personnes peut entrer à la fois dans le commerce. Ce sont aussi ceux qui portent le masque, une consigne obligatoire pour les travailleurs. Certains passants le portent aussi, mais la majorité préfère se promener le visage à découvert. 

Plusieurs patrouilleurs de la police de Québec se promènent dans les lieux achalandés afin d’effectuer de la surveillance, ils interviennent seulement en cas de problème, ou en cas de rassemblements bien plus grands qu’une dizaine de personnes. 

Beaucoup de vélos sur les pistes cyclables

La consigne des trois adresses

La semaine dernière, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, avait évoqué en conférence de presse que les personnes rassemblées devaient avoir un maximum de trois adresses différentes. Le décret ministériel publié vendredi ne faisait toutefois pas allusion à ce détail pour les rassemblements de 10 personnes à l’extérieur. 

«Ce n’est pas indiqué parce que c’est dur à appliquer, on ne voulait pas devenir la police du BBQ, c’est une consigne dure à gérer», explique Elizabeth Lemay, attachée de presse au cabinet de la ministre de la Santé Danielle McCann. 

La règle de trois adresses est cependant fortement recommandée par la santé publique, comme le port du masque dans un lieu public. Les policiers ne passeront pas leur temps à vérifier les adresses de tout le monde, mais s’il y a un débordement, un rassemblement trop grand, ils peuvent toutefois intervenir et donner des amendes. 

«On ne voulait pas non plus pénaliser les grosses familles. S’il y a un rassemblement de neuf personnes, mais de quatre adresses différentes par exemple. On appelle au gros bon sens de la population pour qu’on puisse un jour s’en sortir», termine l’attachée de presse de la ministre McCann.