Cette nouvelle étude «préliminaire» est une étape parmi d’autres analyses et plans à produire avant de procéder à des travaux.

Québec s'attaque aux spaghettis autoroutiers à la tête des ponts

Chantier d’envergure promis depuis 2010, priorité du maire de Québec Régis Labeaume et du premier ministre François Legault, le réaménagement complet des spaghettis autoroutiers menant aux ponts progresse finalement en toute discrétion : le ministère des Transports vient de commander une expertise sur les 30 structures de l’ensemble routier. Mais il y a loin de la complétion des travaux évalués à 1 milliard $...

Cette étude bien nommée «avant-projet préliminaire» est justement tout à fait «préliminaire». Après sa livraison, le dossier devra surmonter encore plusieurs obstacles dans le dédale administratif avant que la tête des ponts soit remodelée.

Et ces étapes subséquentes commenceront minimalement dans trois ans, délai octroyé aux spécialistes qui seront embauchés pour déposer la nouvelle expertise.

Le maire Labeaume, qui tape du pied depuis des années, devra donc être patient. 

Une certaine volonté

Au ministère des Transports, le porte-parole Guillaume Paradis indique néanmoins au Soleil que l’«avant-projet préliminaire» est un «élément très important» qui permet au dossier d’avancer. Il reste cependant encore beaucoup d’analyses et de plans à produire avant que «les pelles mécaniques arrivent sur le terrain».

Donc, ce n’est vraiment pas pour tout de suite? «Non.»

Il y a pourtant une volonté maintes fois exprimée par les élus de redessiner le secteur vieillissant et peu invitant : «Cette porte d’entrée [de Québec] n’offre malheureusement pas un paysage à la hauteur de la Capitale-Nationale», lit-on d’ailleurs dans des documents officiels.

En plus, il peut être ardu de se diriger dans l’enchevêtrement de bitume et béton : «Il y a une volonté d’améliorer les déplacements», dixit M. Paradis. Il évoque des accès plus directs, simplifiés.

Pour y arriver, les autorités ne manquent pas d’ambition. Le gouvernement entend réparer, voire reconstruire, «la totalité des bretelles, routes et autoroutes du secteur». Ajoutez le remodelage de tout ce que vous voyez autour quand vous passez par là et vous avez une bonne idée de l’ampleur de l’entreprise… et des maux de tête à venir pour dévier l’abondant trafic durant les travaux.

Planification complexe

La planification s’annonce complexe, souligne M. Paradis. «On a un échangeur qui est déjà en service depuis plus de 50 ans, qui est en utilisation, qu’on doit intervenir dessus.»

Aussi, les défis sont nombreux : interconnexion des réseaux de transport de Québec et Lévis; le complexe immobilier Le Phare; le réseau structurant de transports en commun de la capitale; les travaux du MTQ sur les tabliers des deux ponts, énumère M. Paradis.

En attendant les plans définitifs, en attendant que les élus se branchent, le MTQ effectue des travaux à la pièce à la tête des ponts, selon l’urgence, selon l’état des infrastructures. Ces chantiers sont réalisés en respectant l’ancien «schéma» d’aménagement qui avait été développé il y a plusieurs années histoire de ne pas réparer ou construire des structures qui seront détruites, assure M. Paradis. 

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PRIORITÉ DEPUIS NEUF ANS

Priorisé en 2010 par les libéraux, lancé en 2011, le projet devait être dévoilé en 2012. L’ancien ministre Sam Hamad évaluait alors qu’il serait réalisé en 5 à 10 ans. 

Les gouvernements ont passé. En novembre 2018, Régis Labeaume et François Legault ont mis de côté leur différend sur le troisième lien pour «prioriser la reconfiguration et la revitalisation de la tête des ponts» de nouveau, annonçait le communiqué de presse célébrant la bonne entente.

Durant toutes ces années, des plans ont circulé dans les officines étatiques. Mais ce «schéma directeur» qui donnait les grandes lignes du projet n’a jamais été rendu public. Et il doit maintenant être retouché. Par exemple parce que les élus de la région ont changé leur fusil d’épaule quant au transport en commun. À une autre époque, un SRB, un service rapide par bus, devait être déployé entre Québec et Lévis; aujourd’hui, il est question d’un réseau structurant de transport seulement du côté nord avec un tramway. «Une mise à jour» s’impose donc, fait remarquer Guillaume Paradis.