De leur côté, les deux députés libéraux de Québec, le ministre Jean-Yves Duclos (Québec) et Joël Lightbound (Louis-Hébert, photo), ont tous deux été réélus ou semblaient en voie de l’être.

Québec résiste à la vague bloquiste

La vague bloquiste qui a déferlé sur le Québec francophone, hier, n’aura couté que deux sièges aux conservateurs de la région de Québec. À l’heure de mettre sous presse, seule la circonscription de Beauport-Côte-de-Beaupré-Île-d’Orléans-Charlevoix avait basculé dans le camp bloquiste, alors que le sort de Beauport-Limoilou (où les courses sont toujours très serrées) n’était toujours pas décidé.

Le Parti conservateur a obtenu 35 % des suffrages exprimés dans les 10 circonscriptions de la région (selon les résultats disponibles à 23h30, hier soir), ce qui est légèrement moins que les 41 % qu’il a obtenus au scrutin de 2015. Ce fut toutefois suffisant pour lui faire perdre deux sièges : dans l’est, Sylvie Boucher a été battue par la bloquiste Caroline Desbiens, alors qu’en toute fin de soirée, Alupa Clarke semblait condamné à perdre Beauport-Limoilou. La bloquiste Julie Vignola y détenait alors une avance d’environ 1000 voix sur le libéral Antoine Bujold — et M. Clarke suivait au troisième rang.

Rappelons que Beauport-Limoilou est une habituée des chaudes luttes. Hormis lors de la «vague orange» de 2011, la circonscription a presque toujours été le théâtre de courses à trois et de courtes victoires par moins de 1000 voix.

La tête d’affiche des conservateurs dans la région, le député de Louis-Saint-Laurent Gérard Deltell, a gagné ses élections par une marge confortable de 42 % à 22. Le Parti conservateur n’a été menacé dans aucune de ses cinq autres circonscriptions de la région, l’emportant par des marge de 12 à 20 points — et même plus de 30 points pour Steven Blaney dans Bellechasse-Les-Etchemins-Lévis. Même en Beauce, où Richard Lehoux affrontait le chef du Parti populaire Maxime Bernier, le candidat du PCC l’a emporté par plus de 10 points.

Pour le Bloc, il s’agit d’une sorte de retour à Québec, lui qui n’était pas parvenu à faire élire de député dans la région depuis le scrutin de 2008. La formation d’Yves-François Blanchet a d’ailleurs plus que doublé son nombre de voix depuis 2015 : elle avait raflé 27 % des suffrages comptés à 23h30, contre seulement 13 % il y a quatre ans. Il semble que ce soit surtout le Nouveau Parti démocratique qui ait fait les frais de la montée bloquiste, lui qui s’est écroulé de 19 % des voix en 2015 à seulement 6 % hier.

De leur côté, les deux députés libéraux de Québec, le ministre Jean-Yves Duclos (Québec) et Joël Lightbound (Louis-Hébert), ont tous deux été réélus ou semblaient en voie de l’être. Mais leur parti a fait du sur-place dans la région au cours des quatre dernières années, ayant obtenu que 24 % des votes de la région hier soir (toujours selon les résultats disponibles à 23h30), contre près de 25 % en 2015. Avec une majorité de 41 % contre 27 %, M. Lightbound a remporté une victoire plus confortable qu’en 2015 (35 à 27), mais son collègue Duclos s’est fait chauffer toute la soirée par la bloquiste Christiane Gagnon, qui fut député des quartiers centraux de Québec de 1993 à 2011 et qui tentait hier un retour. À 23h30, M. Duclos avait une avance d’un peu plus de 700 voix.

Notons que malgré la réputation conservatrice (largement méritée) de la région de Québec, le Parti populaire de Maxime Bernier n’y a pas percé plus qu’ailleurs. En dehors de sa Beauce natale, M. Bernier et ses candidats n’ont généralement obtenu que 2 à 3 % de la faveur populaire. 

En quelques chiffres :

  • La «vague orange» de 2011, qui avait vu le NPD faire élire plusieurs députés dans la région, était un bien lointain souvenir, hier : aucun des candidat néodémocrates n’a atteint la barre des 13 %.
  • Le Parti vert a amélioré son score de 2015, passant de 2,2 à 3,5 %. Il a obtenu ses appuis les plus élevés dans Québec (près de 6 %).
  • Le Parti conservateur n’a obtenu plus de 50 % des voix que dans une seule circonscriptions cette année, soit Bellechasse-Les-Etchemins-Lévis. Au scrutin de 2015, il avait atteint ce seuil dans quatre circonscriptions de la région.