Le projet pilote de Uber au Québec a été implanté il y a presque un an.

Québec prolonge d'un an le projet pilote avec Uber

Le ministre Laurent Lessard a annoncé vendredi qu'il reconduisait pour un an le projet pilote avec Uber. Il s'est aussi montré ouvert à verser une compensation aux détenteurs de permis de taxi qui auraient vu la valeur de ceux-ci chuter depuis l'entrée en scène de la multinationale de transport de personnes.
«Nous devons poursuivre et approfondir notre réflexion sur des enjeux majeurs afin d'avoir une équité au sein de l'industrie du taxi», a déclaré le ministre en point de presse, ajoutant toutefois qu'Uber ferait tout de même l'objet d'un encadrement plus serré.
Le nombre d'heures de formation obligatoires pour les nouveaux chauffeurs d'Uber passera ainsi de 20 à 35, soit le même que pour l'industrie montréalaise du taxi. À Québec, l'industrie du taxi impose 100 heures de formation à ses futurs chauffeurs.
Le processus de vérification des antécédents judiciaires pour les chauffeurs d'Uber sera également resserré et une vérification mécanique du véhicule devra être faite tous les 12 mois. Le ministre a également réitéré l'interdiction pour les chauffeurs d'Uber d'installer un lanternon sur leurs véhicules, une pratique qui a été observée à Québec au printemps.
Compensation
D'autre part, Laurent Lessard a déclaré que l'impact du projet pilote avec Uber sur la valeur des permis de taxi avait été de l'ordre de 38 %. Une table de soutien à l'industrie sera ainsi mise en place afin de trouver les moyens appropriés de compenser les impacts subis par les propriétaires de taxis.
«Ça ne prend pas juste de la compassion, mais aussi la compensation. Nous voulons évaluer les pertes réelles de chacun des propriétaires et notre ministre des Finances s'assoira ensuite avec l'industrie pour que ceux qui ont subi des dévaluations soient compensés.»
Le ministre a refusé de voir dans cette ouverture à une compensation pour l'industrie du taxi un aveu que Uber serait au Québec pour rester. Il a toutefois signalé que le projet pilote ne pourrait être renouvelé une seconde fois. «Nous pouvions renouveler une seule fois. Par la suite, si le gouvernement veut aller de l'avant, il devra déposer un projet de loi pour le pérenniser.»
Chauffeurs de taxi mécontents
L'annonce du ministre est cependant loin de réjouir les chauffeurs de taxi. Abdallah Homsy, président de Taxi Coop et du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, ne décolère pas. «C'est simple, nous venons de comprendre que le gouvernement libéral vient de charger une facture de 1,2 milliard $ aux contribuables.» 
«Tout ça pour avoir les services d'Uber, une multinationale qui ne respecte pas les règles», a-t-il poursuivi en point de presse, faisant référence à la valeur des permis de taxi au Québec. S'il considère que le rachat intégral de tous les permis de taxi est «la seule option», M. Homsy considère cependant qu'il serait aberrant que les contribuables paient alors que ce devrait être Uber qui défraie le montant de cette compensation. 
M. Homsy estime que le gouvernement vient de faire un autre cadeau à Uber. «Après trois ans de niaisage, on leur donne une autre année. Et on ne leur a pas resserré l'étau du tout. Aujourd'hui, Jean-Nicolas Guillemette [directeur général d'Uber Québec] et Philippe Couillard peuvent prendre un verre de scotch ensemble. Ils sont contents.»
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Oui à Uber, mais pas à tout prix, dit Couillard
Le premier ministre Philippe Couillard jugerait «étrange» qu'Uber quitte le Québec, mais il n'est pas non plus prêt à tout faire pour que la multinationale puisse y poursuivre ses activités.
«Tant mieux si on peut continuer l'expérience, mais si on nous demande d'autres concessions, on n'est pas dans le domaine de la réalité», a-t-il laissé entendre vendredi lors d'un point de presse.
Alors que le projet pilote avec Uber vient d'être reconduit pour un an, M. Couillard demande à l'entreprise de «s'ajuster au cadre règlementaire» du Québec. «S'ils ne sont pas capables de le faire, c'est à eux d'en tirer les conséquences.»
Il fait en ce sens remarquer qu'Uber a perdu, vendredi, sa licence d'opération à Londres.
Il réitère par ailleurs la volonté gouvernementale d'«aider» les chauffeurs de taxi, «dont le principal actif demeurait et demeure encore leur permis de taxi».  Camille B. Vincent et Annie Mathieu
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Londres chasse Uber de ses rues
Le permis d'exploitation d'Uber à Londres ne sera pas renouvelé puisque ses pratiques mettent en péril la sécurité du public, a annoncé vendredi l'autorité des transports de Londres.
L'agence Transport for London (TfL) a expliqué par voie de communiqué que la compagnie, dont l'application est utilisée par 3,5 millions de personnes et 40 000 chauffeurs à Londres, n'est pas «apte à détenir une licence d'exploitation de chauffeurs privés».
TfL estime que l'approche d'Uber et son comportement témoignent d'un manque de responsabilité corporative en lien avec plusieurs dossiers qui pourraient avoir un impact sur la sécurité du public.
Uber est arrivé dans les rues de Londres en 2012 et son permis actuel est valide jusqu'au 30 septembre.
La compagnie a annoncé son intention de porter immédiatement la décision en appel. Elle accuse TfL d'avoir cédé aux intérêts spéciaux qui «veulent restreindre les choix des consommateurs».
TfL reproche notamment à Uber son attitude face à la dénonciation de crimes graves et la manière dont sont vérifiés les antécédents de ses chauffeurs.  AP