La Maison de la littérature, à Québec

Québec nommée ville de littérature de l’UNESCO

Québec vient d’être couronnée «ville de littérature» par l’UNESCO, devenant la première agglomération francophone à porter ce titre au sein du Réseau des villes créatives.

«Le réseau des villes créatives @UNESCO s’élargit chez nous: Québec (Littérature) et Toronto (Média Arts) rejoignent @DesignMontreal @CCUNESCO», a tweeté Élaine Ayotte, ambassadrice et déléguée permanente du Canada à l’UNESCO, en milieu de journée. 

Même si l’horloge indiquait alors trois heures du matin en Corée, où Julie Lemieux participe au colloque de l’Organisation des villes du patrimoine mondial, la vice-présidente du comité exécutif et responsable de la culture à la Ville de Québec s’est empressée de répondre à la demande d’entrevue du Soleil. «On est très heureux, c’est vraiment une belle distinction pour Québec. Les gens de la ville de Cracovie, qui pilotent le réseau à l’international, ne m’avaient pas annoncé la nouvelle, mais je sentais dans leurs regards et leurs sourires que c’était positif», a-t-elle réagi. 

«Ça démontre à quel point ça peut rapporter d’investir dans nos bibliothèques, ça nous fait rayonner. […] Je suis pas mal fière. Disons que ça termine bien une carrière en politique», souligne celle qui terminera son mandat le 5 novembre. 

La Ville de Québec a posé sa candidature ce printemps en misant entre autres sur la fréquentation record du réseau des bibliothèques publiques, qui enregistre 4,2 millions de prêts par an. Le dynamisme du milieu littéraire, avec la présence de la Literary and Historical Society of Quebec (Morrin Center), des éditions Hannenorak (consacrées aux écrits autochtones), de l’un des rares doctorat de création littéraire à l’Université Laval, d’entreprises numériques dans le domaine du livre et de plusieurs organisme en création littéraire ont aussi permis à la capitale de se démarquer.

Modèle unique

L’originalité du festival Québec en toutes lettres et le modèle unique de la Maison de la littérature ont aussi beaucoup pesé dans la balance. «Ils cherchent des villes qui ont des projets particuliers, qu’on ne trouve pas ailleurs, et qui sont inspirants pour les autres villes», souligne Mme Lemieux. En entrant dans le réseau des villes créatives, Québec pourra mener à bien des projets qui font rayonner la littérature, en collaboration avec les autres lieux honorés par l’UNESCO. «C’est un honneur, mais aussi une responsabilité», résume-t-elle. «Ça fait maintenant partie de l’ADN de la ville, ça va au-delà du politique et ça va traverser les générations.»

Écrire Québec, le thème du festival Québec en toutes lettres, qui s’est terminé dimanche, était presque prémonitoire. «Québec n’est pas Paris ou New York, mais il y a une énergie qui vient de la littérature [...] Il y a une richesse au niveau des écrivains, de la création contemporaine, de l’art littéraire, de l’édition. La reconnaissance de l’UNESCO ajoute une pierre à l’édifice qui fait de Québec une plaque tournante pour la littérature», nous a souligné Bernard Gilbert, directeur du festival et de la Maison de la littérature. Comme la collaboration avec l’association internationale d’écrivains PEN, dont Québec a accueilli le 81e congrès en 2015, l’entrée de Québec dans le réseau des villes créatives devrait permettre d’accroître la visibilité de la Maison de la littérature et des organismes qui gravitent autour d’elle sur la scène internationale.

Le réseau existe depuis 2004 et reconnaît les villes qui mettent la créativité et les industries culturelles au cœur de leur développement. Il compte plus d’une centaine de membres dans une cinquantaine de pays. 

La candidature de Québec reposait principalement sur :

• la performance du réseau des bibliothèques publiques de Québec (4,2 millions de prêts annuellement);

• l’apport de la Maison de la littérature à la vitalité de la communauté littéraire de la ville;

• l’innovation des entreprises numériques du domaine du livre et des organismes en création littéraire ;

• la présence de la Literary and Historical Society of Quebec (Morrin Center) et des éditions Hannenorak (qui se consacrent entièrement aux écrits autochtones);

• la possibilité de poursuivre des études supérieures à l’Université Laval avec l’un des rares doctorats en création littéraire.