La tour Martello no 4 est située sur la rue Lavigueur.
La tour Martello no 4 est située sur la rue Lavigueur.

Québec insolite: un été, huit mystères résolus… ou presque! 

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Cet été, Le Soleil a braqué ses projecteurs sur certains détails inusités de Québec et de ses environs. Parce que notre belle capitale cultive sa part d’insolite, parce que derrière chacune de ces curiosités se cache une histoire à raconter. Aujourd’hui: retour sur certains mystères éclaircis grâce à vos informations.

Après l’étrange socle de pierre à Beauport, les balcons ornés de lames de patins dans Limoilou ou encore l’étroite maison des Ursulines, plusieurs lecteurs se sont replongés dans leurs archives personnelles et dans leurs albums souvenirs. Chacun de leur côté, ces passionnés d’histoire ont transmis au Soleil des petits bouts du passé permettant ainsi de préciser certains fragments de l’histoire de la ville de Québec. 

Intrigué par le peu d’information entourant la mémoire de William Marcoux, le policier ayant vécu dans la tour Martello n°4, Jean Barry, membre de la Société de généalogie de Québec, s’est mis à faire quelques recherches. En fouillant dans ses bases de données, il a retrouvé l’acte de sépulture de M. Marcoux. Sur «l’extrait du registre de la paroisse Saint-Jean-Baptiste» datant de janvier 1902, on peut lire qu’est «inhumé, dans le cimetière Notre-Dame-de-Belmont, le corps de William Marcoux, constable, époux de Louise Fortier, décédé en cette paroisse le trente décembre dernier à l’âge de soixante et onze ans et quatre mois». 

Quant à la roche Maranda, toujours entourée de quelques mystères, la fondation François-Lamy, qui a comme mission de préserver la mémoire de l’île d’Orléans, rapporte toutefois qu’il y a eu plusieurs échanges et rachats du lot #62a entre les Gosselin et les Maranda de 1692 à aujourd’hui. La terre de deux arpents où l’on retrouve la roche Maranda aurait donc connu plusieurs propriétaires Gosselin et Maranda, selon les époques, rendant ainsi impossible de déterminer la durée exacte de possession des terres. Selon Nicole Gosselin, administratrice pour la fondation, la terre appartiendrait toutefois actuellement à la famille Gosselin, et ce, depuis près d’un siècle. 

Selon un document fourni par l’Association des familles Gosselin, le notaire Guillaume Audouart nomme, sur un acte notarié datant du 13 février 1651, Gabriel Gosselin et indique qu’il est à cette époque le «serviteur domestique de lad. Damoiselle de Grandmaison». Puisque Mme de Grandmaison possédait des terres sur l’île d’Orléans, ce document situe donc officiellement l’arrivée de Gabriel Gosselin sur l’île en 1651, ajoute l’Association des familles Gosselin.

Témoins du passé

Malgré le volet historique de Québec insolite, plusieurs témoignages ont souligné l’actualité de ce patrimoine inusité. Les balcons de Limoilou, ornés de fer forgé en lames de patins, sont un bon exemple de détails insolites et pourtant ancrés au cœur même de la communauté. Danielle April, artiste en arts visuels, a d’ailleurs installé une sculpture au-dessus de la piscine du Patro Roc Amadour construite exclusivement de cette forme de patin, si chère au quartier Limoilou. 

Centenaire, le vitrail de la gare du Palais fait, lui aussi, toujours jaser. Bien qu’aucune archive d’Harry Edward Prindle mentionnant le vitrail n’ait été trouvée, le vitrail a été posé à l’envers afin de réfléchir son image au sol, soutient Karl-Philip Marchand Giguere, relationniste pour VIA Rail Canada. Un projet de réfection des puits de lumière pourrait éventuellement rétablir la quantité de lumière frappant le vitrail, selon M. Marchand Giguere. Ainsi, le vitrail pourrait peut-être briller à nouveau de mille feux et retrouver sa gloire d’antan. 

Le filet que l’on retrouve actuellement sous le vitrail de la gare du Palais n’est toutefois pas lié à des travaux de restauration, précise M. Marchand Giguere. 

Bref, ce court tour de ville estival, composé de huit arrêts, nous aura permis de plonger au cœur de ce qui fait de Québec une capitale pleine de surprises. Après les quelques recherches et les nombreux témoignages reçus, il est certain qu’à l’intérieur ou à l’extérieur des murs de Québec se cachent toujours de multiples mystères insolites à dénicher...

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