La Ville de Québec ne compte pas uniformiser les trottoirs de l’avenue Royale pour l’instant.
La Ville de Québec ne compte pas uniformiser les trottoirs de l’avenue Royale pour l’instant.

Québec insolite: les trottoirs de l’avenue Royale [VIDÉO]

Cet été, Le Soleil braque ses projecteurs sur certains détails inusités de la ville de Québec et de ses environs. Parce que notre belle capitale cultive sa part d’insolite, parce que derrière chacune de ces curiosités se cache une histoire qui mérite d’être racontée. Aujourd’hui : les trottoirs hétéroclites de l’avenue Royale dans le Vieux-Beauport.

Si vous vous baladez sur l’avenue Royale dans le Vieux-Beauport, vous remarquerez tout de suite la beauté de ses maisons ancestrales. Mais attention de ne par trébucher sur les trottoirs hétéroclites! Vous y trouverez du ciment lisse, du ciment qui tente d’imiter du pavé, plusieurs types de pavés différents, du vieux, de l’endommagé, du moderne, de l’élaboré et beaucoup de «tout croche». Mais comment se fait-il que dans un quartier historique comme celui-ci, les trottoirs ne soient pas rénovés de façon plus esthétique? Pour comprendre, il faut faire quelques pas en arrière.

Les fusions

Selon le directeur général de la Ville de Beauport de 1974 à 2000, André Letendre, cette problématique remonte à la fusion des six municipalités du premier janvier 1976. 

Avant cela, chaque municipalité avait ses normes, ses largeurs de trottoir, son mode de déneigement et ça, c’est s’il existait un trottoir. «Avec les années, chacune des municipalités a rénové l’avenue royale à sa façon. Par exemple dans l’ancien Giffard, le chemin Royal était pourvu de trottoirs des deux côtés sur une bonne partie du chemin», explique -t-il. «En 1976, les urbanistes devaient faire les rénovations de façon conforme aux technologies de la nouvelle ville». 

En 2002, la Ville de Beauport devient un arrondissement de la Ville de Québec lors d’une seconde fusion. Une décision qui a mis fin à de nombreux projets amorcés par le centre local de développement du secteur au milieu des années 90, selon l’ancien conseiller municipal et le résident de Beauport depuis plus de 50 ans, Jean Blanchet : «On avait une vision tant au niveau touristique, qu’au niveau commercial, tout en protégeant les zones résidentielles», explique-t-il. «Les plans qui avaient été amorcés ont disparu au fil des ans», déplore-t-il.

Des rénovations coûteuses 

L’arrondissement historique de Beauport voit le jour le 6 mai 1964 et s’agrandit le 3 juillet 1985. Il s’étend sur environ six kilomètres, le long du chemin et de l’avenue Royale, depuis la rue des Martyrs jusqu’à la jonction de l’avenue Royale et du boulevard des Chutes. C’est à cette époque, raconte Jean Blanchet, que les réglementations apparaissent en ce qui a trait à la rénovation des maisons anciennes sur l’avenue Royale. Une décision qui engendre des coûts et des délais particulièrement élevés aux résidents qui veulent rénover leur propriété. «Ces exigences doivent être maintenues selon moi, par contre, si l’on exige ça aux propriétaires, on doit aussi comme municipalité avoir une même rigueur dans l’aménagement urbain», indique-t-il en ajoutant qu’il faut aussi rendre les subventions plus accessibles pour encourager les résidents à rénover ces bâtiments. 

La seigneurie de Beauport est concédée à Robert Giffard et à sa famille en 1634. 32 ans plus tard, le territoire compte 29 foyers pour un total de 184 habitants. Aujourd’hui, plusieurs maisons datant du 18e siècle ont encore fière allure le long de l’avenue. 

Gilles et Nicole Savard qui habitent le quartier depuis plusieurs années trouvent en effet que les trottoirs sont assez «maganés» comparés à l’allure des maisons. Monsieur Savard dit même être allé à l’hôtel de ville pour soulever le problème. «Ce serait le fun d’avoir un beau trottoir tout le long», ajoute sa femme même si le problème ne semble pas être une priorité pour eux. 

De son côté, la Ville de Québec ne compte pas uniformiser les trottoirs de l’avenue pour l’instant. «Les trottoirs étant fonctionnels, la Ville prévoit quelques interventions de réparation ciblées selon le besoin, mais n’a pas de projet de réfection majeure des infrastructures à court terme pour l’avenue Royale dans le secteur du Vieux-Beauport», a répondu par courriel le porte-parole principal de la Ville, David O’Brien.