Si le socle semble bien nu actuellement, c’est parce que des malfaiteurs ont déjà volé sa plaque commémorative en bronze.
Si le socle semble bien nu actuellement, c’est parce que des malfaiteurs ont déjà volé sa plaque commémorative en bronze.

Québec insolite: à quoi sert ce socle de pierre à Beauport?

Cet été, Le Soleil braque ses projecteurs sur certains détails inusités de la ville de Québec et de ses environs. Parce que notre belle capitale cultive sa part d’insolite, parce que derrière chacune de ces curiosités se cache une histoire qui mérite d’être racontée. Aujourd’hui : un monument, mais pourquoi?

Il s’élève au coin de la côte Saint-Grégoire et de la rue de la Terrasse-Cadieux, aux abords de la falaise. On l’a entouré de clôture et de béton afin que les passants puissent l’admirer en toute sécurité. Sur sa façade, une zone rectangulaire légèrement décolorée. Une plaque fantôme? Ou peut-être une statue disparue? Le petit socle de pierre semble important, mais qu’en est-il réellement?

À la Ville de Québec, on confirme au Soleil que le monument de pierre, inauguré en 1953, n’a jamais arboré de statue, mais plutôt une plaque commémorant la bataille de Montmorency. Événement historique majeur dans l’histoire de Beauport, cette bataille est survenue le 31 juillet 1759, soit quelques semaines avant la fameuse bataille sur les plaines d’Abraham. La bataille de Montmorency est «la plus grande victoire française au cours du siège de Québec». Elle a coûté la vie et blessé plus de 400 soldats anglais et 40 soldats français.

Si le socle semble bien nu actuellement, c’est parce que des malfaiteurs ont déjà volé, en 2014 et à nouveau en 2016, sa plaque commémorative en bronze. Bien que la colonne de pierre ainsi que sa structure soient la propriété de la Ville de Québec, la plaque qui commémore un événement du patrimoine canadien appartient quant à elle à Parcs Canada, qui collabore avec la Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC).

Selon Parcs Canada, la plaque de bronze n’a pas été réinstallée depuis car, quand il y a vol, le remplacement de la plaque doit suivre tout un processus administratif qui varie «en fonction du temps et des ressources disponibles».

Après avoir déclaré le vol aux services de police, Parcs Canada fait la demande d’une nouvelle plaque auprès de la CLMHC. À travers le dédale administratif, la future plaque doit, dans certains cas, être revue afin de s’assurer que son texte corresponde bel et bien aux données que l’on possède aujourd’hui sur le sujet. «La préparation d’un texte de plaque révisé par des historiens nécessite un travail important de recherche, de rédaction et de politique, et peut impliquer des processus de consultation, d’examen et d’approbation externes», explique Kimberly Labar, relationniste pour Parcs Canada.

La CLMHC et Parcs Canada utilisent la plaque de bronze comme façon de commémorer un événement depuis 1920. Les organismes fédéraux expliquent toutefois explorer «présentement les options de nouvelles formes de commémoration afin d’élargir la portée des désignations et les façons dont l’histoire est rappelée et partagée.»

Retour historique

Lorsque les troupes anglaises entrent dans le fleuve Saint-Laurent afin de conquérir Québec, elles s’installent tout d’abord sur la pointe de l’île d’Orléans, à la pointe de Lévy et à l’est de la chute Montmorency. Les troupes françaises se déploieront alors sur la côte de Beauport.

La bataille est déjà bien amorcée lorsque, le 31 juillet 1759, le général anglais Wolfe décide d’ouvrir le feu avec plus de 80 canons au bas de la côte de Beauport. Les soldats français, accompagnés de miliciens canadiens et de leurs alliés autochtones, répliquent. Plus de mille soldats anglais tentent alors d’escalader la falaise.

En appui à l’armée française, le ciel se met à gronder et un orage éclate. Les soldats britanniques, assaillis par les balles, tentent en vain de gravir la côte abrupte et glissante. Le général Wolfe ordonne alors à ses troupes au front de se retirer rapidement. C’est la victoire pour le marquis de Montcalm et ses troupes françaises.

Quelques semaines plus tard, le 13 septembre 1759, ce sont les troupes anglaises qui crient victoire sur les plaines d’Abraham alors que Québec capitule.

Selon la Ville de Québec, l’intersection de la côte Saint-Grégoire et de la rue de la Terrasse-Cadieux est d’autant plus significative qu’on y a déjà retrouvé, dans la falaise, des vestiges de la fameuse bataille. 

Source : site Web de la Ville de Québec