Des 12 députés sortants pour Québec et Chaudière-Appalaches, la seule femme est la conservatrice Sylvie Boucher. Dans son comté de Beauport–Côte-de-Beaupré–île d’Orléans–Charlevoix, les candidates sont trois sur sept.

Québec et Chaudière-Appalaches: moins de candidates qu’ailleurs au Québec

Moins de femmes se présentent à ces élections fédérales dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches que dans le reste de la province.

Pour les 78 circonscriptions en jeu au Québec le 21 octobre, le Parti libéral du Canada (PLC), le Parti conservateur du Canada (PCC), le Bloc québécois (BQ) et le Nouveau Parti démocratique (NPD) présentent ensemble 135 femmes parmi leurs 312 candidats. C’est-à-dire 43,3 %, une forte augmentation par rapport aux 27,7 % de 2015.

«Nous tenons à souligner la performance et les efforts de chaque parti, en particulier le Parti conservateur et le Bloc québécois, qui sont passés respectivement de 11,5 % de candidatures féminines en 2015 à 39,7 % en 2019 et de 28,2 % à 44,9 %», affirme la présidente du Groupe Femmes, politique et démocratie, Thérèse Mailloux, dans le communiqué accompagnant ces chiffres.

Par contre, pour les sept circonscriptions de la région de Québec, le taux pour cette élection-ci chute à 35,7 % (10/28) et à aussi bas que 20 % (4/20) dans les cinq comtés de Chaudière-Appalaches. Ces 12 circonscriptions montrent un taux global de représentation féminine pour les quatre principaux partis de 29,2 %, tout juste les deux tiers de ce qui se passe à travers la province.

En ajoutant le Parti vert du Canada (PVC) et le Parti populaire du Canada (PPC), le ratio provincial descend à 38,7 %, sous la barre de la zone paritaire de 40-60. Ici, la moyenne des deux régions se rapproche à 30,6 %, surtout grâce au 6 sur 12 (50 %) du PVC.

Aux précédentes élections fédérales, en 2015, les cinq principaux partis — le Parti populaire n’existait pas — présentaient 25 % (15/60) de femmes dans nos deux régions.

Vertes et bloquistes

En comptant tous les candidats en lice, la période de candidature s’étant achevée lundi, on arrive à 27,2 % (22/81) de candidates dans la Capitale-Nationale (31,9 %, 15/47) et Chaudière-Appalaches (20,6 %, 7/34) pour ces 43es élections fédérales. La circonscription de Mégantic-L’Érable sauve la donne au sud du fleuve avec quatre femmes sur huit candidats.

Outre le 50 % des verts, le Bloc fait aussi bonne figure dans la région avec cinq femmes candidates sur 12, tandis que le Parti populaire et le NPD traînent à la queue avec seulement deux femmes parmi leurs 12 représentants dans Québec et Chaudière-Appalaches.

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Le chef du NPD a d’ailleurs noté la difficulté de recruter des femmes lors de sa seule visite en campagne jusqu’ici à Québec. Son parti trône quand même en tête pour l’ensemble du Québec avec 48,7 % de représentation féminine.

Des 12 députés sortants pour Québec et Chaudière-Appalaches, la seule femme est la conservatrice Sylvie Boucher. Dans son comté de Beauport–Côte-de-Beaupré–île d’Orléans–Charlevoix, les candidates sont trois sur sept, comme dans la circonscription voisine de Beauport–Limoilou. Outre Mégantic-L’Érable, soulignons que Louis-Saint-Laurent, qui couvre le nord-ouest de la ville de Québec, est aussi à égalité avec trois femmes sur six candidats.

Circonscriptions plus difficiles?

Reste qu’aux dernières élections, il y a quatre ans, le conservateur Gérard Deltell avait remporté une victoire facile dans Louis-Saint-Laurent avec plus de 50 % des suffrages en sa faveur.

«On anticipe que la proportion de femmes élues dans les circonscriptions fédérales québécoises ne dépassera pas beaucoup 33 % [contre 26 % en 2015], un écart possiblement de 10 points avec la proportion de candidates. Signe que le cercle des hommes déjà au pouvoir se réservent les places déjà acquises et que les femmes, entrant plus tardivement dans la compétition, sont encore malheureusement placées dans des circonscriptions où elles ont moins de chances», analyse Mme Mailloux, à la lumière des prévisions de l’agrégateur de sondages Qc125.com.

Les femmes ont obtenu le droit de vote au Canada en 1918 et d’éligibilité à titre de candidates en 1920.

Sur la scène provinciale, l’an dernier, l’Assemblée nationale du Québec a accueillie 43,2 % d’élues dans ses murs après une campagne électorale où les candidats étaient à 47,2 % des femmes.