Le professeur d'histoire de l'Université Laval Jocelyn Létourneau a publié, la semaine dernière, les résultats d'une vaste étude dans laquelle est révélée la tendance des jeunes à avoir une vision malheureuse de l'histoire du Québec.

Québec en une phrase: nos lecteurs ont aussi l'histoire triste

Les lecteurs du Soleil partagent la vision des jeunes au sujet de l'histoire du Québec : celle-ci est fondamentalement malheureuse.
La semaine dernière, Le Soleil révélait les faits saillants d'une vaste étude du titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire du Québec contemporain de l'Université Laval, Jocelyn Létourneau. Pendant 10 ans, il a enquêté auprès d'élèves du secondaire et d'étudiants de cégeps et d'universités en leur posant la question suivante : «Si, en une phrase ou une formule, vous aviez à résumer l'aventure historique québécoise, qu'écririez-vous personnellement?»
Nous vous avons lancé la balle. Vous avez été 29 à nous écrire votre vision du passé. Et dans une proportion comparable à celle de l'ensemble des jeunes interrogés, soit 46 %, les réponses reflétaient une tendance à concevoir l'aventure québécoise de manière «malheureuse», démontrent les chiffres compilés par Raphaël Gani, un important collaborateur au travail de M. Létourneau. Selon la classification du chercheur, 25 % des répondants ont élaboré une réponse «mixte», tandis que 11 % d'entre eux avaient une vision plutôt positive de l'histoire de la province. Fait remarquable, aucun des lecteurs n'a soumis de phrase «neutre».
«Nous sommes en présence de gens qui ont réfléchi avec une certaine distance par rapport à l'histoire du Québec», avance M. Létourneau. Il croit par ailleurs que les réponses de nos lecteurs confirment une «tendance lourde» selon laquelle les Québécois, dans l'ensemble, sont porteurs d'une vision sombre du passé. «On ne s'est pas trompé», se réjouit-il.
La langue de bois
À l'inverse, les politiciens interrogés par le Soleil dans le cadre de ce reportage avaient plutôt des visions heureuses, voire jovialistes à partager. Sans nul doute, la langue de bois y est pour beaucoup, croit Jocelyn Létourneau. Mais il y a aussi autre chose. «Les politiciens ne peuvent pas être défaitistes vis-à-vis l'avenir du Québec. Un politicien doit être porteur d'espoir», renchérit-il.
Et vous, Monsieur Létourneau, comment résumez-vous l'histoire du Québec en une phrase? «Jusqu'à ce jour, le Québec demeure une énigme qu'aucun sphinx n'a réussi à résoudre, et il est bien qu'il en soit ainsi.»
Lien des réponses des lecteurs: http://goo.gl/qeT9SP
Lien de l'article: http://goo.gl/AnuriX