Le français en tant que langue commune perd présentement du terrain, et ce, particulièrement sur le marché du travail», a déclaré le ministre de la Justice, aussi responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, en conférence de presse lundi à Montréal.
Le français en tant que langue commune perd présentement du terrain, et ce, particulièrement sur le marché du travail», a déclaré le ministre de la Justice, aussi responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, en conférence de presse lundi à Montréal.

Québec donne plus de moyens à l'Office de la langue française

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Parce que le français «perd du terrain», Québec a annoncé une série de mesures pour donner plus de moyens à l'Office québécois de la langue française (OQLF), dont 50 employés et trois bureaux de plus, ainsi qu'une nouvelle «équipe-choc» dédiée à accompagner les petites entreprises.

«À l'instar de beaucoup de Québécois, le gouvernement est préoccupé par l'évolution de la situation linguistique. Les dernières études publiées par l'OQLF l'ont démontré. Le français en tant que langue commune perd présentement du terrain, et ce, particulièrement sur le marché du travail», a déclaré le ministre de la Justice, aussi responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, en conférence de presse lundi à Montréal.

«Il est essentiel d'intervenir pour redresser la barre et réaffirmer de manière concrète que le Québec est un État de langue française.»

Le ministre a détaillé lundi matin à Montréal toutes les mesures pour lesquelles une somme d'environ 5 millions $ avait été octroyée dans le budget de mars dernier.


« Il est essentiel d'intervenir pour redresser la barre et réaffirmer de manière concrète que le Québec est un État de langue française »
Le ministre de la Justice, aussi responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette

Ainsi, le budget de fonctionnement de l'Office passe de 25 millions $ à 30,8 millions $.

«Ça nous redonne les moyens d'agir», a dit le ministre qui juge «prioritaire de renforcer le principal organisme responsable de veiller à l'application de la Charte de la langue française».

Cette somme permettra notamment d'ajouter trois nouveaux bureaux : à Laval, Longueuil et Drummondville.

L'OQLF doit être plus présent sur le terrain, juge le ministre, soulignant qu'il y aura désormais 11 bureaux au Québec. Il faut remonter aux années 80 pour avoir vu l'ouverture d'un nouveau bureau, a-t-il ajouté.

Quant à l'embauche de quelque 50 employés supplémentaires, la majorité d'entre eux seront affectés à la métropole. Au total, l'OQLF aura 291 employés.

Équipe pour les PME

Le ministre a aussi expliqué que l'an dernier, près de 70 % des plaintes reçues visaient des petites entreprises de moins de 50 employés.

C'est pourquoi une nouvelle équipe de travail est créée, dotée de 20 employés : il faut intervenir auprès de ces entreprises qui ont aussi l'obligation d'offrir un milieu de travail et des produits et services en français, a-t-il déclaré.

Pour la surveillance de zones ou de secteurs «qui posent problème», notamment en ce qui concerne l'affichage en français, quatre inspecteurs seront ajoutés (pour un total de huit), ainsi que sept conseillers.

Deux employés de plus feront le suivi des organismes de l'administration publique comme les municipalités et les établissements du réseau de la santé et de l'éducation : on doit donner l'exemple, dit le ministre.

Pourquoi toutes ces nouvelles ressources sont-elles octroyées maintenant? Le nombre d'entreprises s'étant inscrites auprès de l'OQLF pour une démarche de francisation a plus que doublé au Québec depuis 2002, a lancé le ministre. Pendant ce temps, ni le budget ni le nombre d'employés de l'OQLF n'ont été augmentés. Et puis, le français est en décroissance à Montréal, a-t-il expliqué.

Alors que le ministre a ouvertement jonglé avec l'idée d'assujettir les entreprises de juridiction fédérale à la Loi 101, rien n'a été dit à ce sujet lundi matin. Mais en réponse à des questions, il a assuré que c'est toujours «l'intention du gouvernement du Québec».

M. Jolin-Barrette ne croit pas que ces mesures vont aliéner les citoyens anglophones du Québec. Il s'agit uniquement de valoriser la langue française, qui est un atout pour la province, dans le but d'assurer sa pérennité, dit-il. «Ce n'est pas contre les institutions de la communauté anglophone. On va les respecter. Mais on peut en même temps protéger le français.»

Et puis, l'objectif du gouvernement n'est pas de sévir à coups d'amendes et de poursuites judiciaires : l'argent est investi pour accompagner les entreprises dans leur francisation, avec plus de ressources, a conclu M. Jolin-Barrette.