«Nous croyons que le droit à l’information est essentiel à une démocratie forte», a déclaré la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy.

Québec créera une commission parlementaire sur l’avenir de l’information

Le gouvernement de François Legault a annoncé son intention de créer une commission parlementaire sur l’avenir de l’information au Québec dans le but de trouver des pistes de solution à la crise que traversent les médias.

«Nous croyons que le droit à l’information est essentiel à une démocratie forte», a déclaré la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy. Elle était accompagnée de son adjoint parlementaire Louis Lemieux, qui déposera le mandat d’intention en début de semaine prochaine.

Les deux anciens journalistes espèrent que les travaux sur la question commenceront au début du printemps. D’ici là, ils invitent les intervenants du milieu à proposer des solutions pour aider la commission à circonscrire son mandat et sa portée.

Reconnaissant l’urgence d’agir, la ministre affirme que la commission ne va pas s’éterniser. Pour l’heure, aucune piste n’est écartée, mais Nathalie Roy ne veut rien imposer aux entreprises médiatiques.

«On ne mettra pas la charrue devant les bœufs. On sait déjà qu’il y a des pistes de solution. Je veux entendre les différents intervenants, mais nous allons agir, parce que, pour nous, le droit à l’information est primordial», a poursuivi la ministre.

Depuis 2010, le nombre de journaux locaux et régionaux a diminué de 28 % au Québec, passant de 200 à 147, selon des chiffres fournis par le Ministère.

«Aller plus loin»

L’aide annoncée récemment par le gouvernement fédéral permettra certainement aux médias de souffler un peu, «on ne s’est pas attaqué au problème structurel», dit la ministre. Cette dernière souhaite de son côté «aller plus loin que le fédéral».

Nathalie Roy ne balaie pas du revers de la main la possibilité d’imposer les géants comme Facebook et Google qui grugent une bonne partie des revenus publicitaires des médias traditionnels, comme la Grande-Bretagne songe à le faire.

«Mettre de l’argent pour mettre de l’argent, c’est une chose, mais je pense qu’un jour, il va falloir qu’il y ait un gouvernement qui réclame, en quelque sorte, un montant», a-t-elle ajouté.

Ce travail ne peut cependant pas se faire seul, a reconnu la ministre, tendant la main à son homologue fédéral Pablo Rodriguez, ministre du Patrimoine canadien. «Moi, de voir des industries qui font une fortune en revenus publicitaires ici et qui ne paient pas d’impôts ici, ça me dérange», a-t-elle lancé.

Pas une première

La commission parlementaire que compte créer le gouvernement ne serait pas le premier exercice du genre à avoir lieu.

En 2001, la Commission de la culture de l’Assemblée nationale s’était penchée sur la question de la concentration de la presse. Des auditions publiques avaient alors été tenues et avaient permis à la commission de déposer 14 recommandations.

Puis, en 2010, la professeure Dominique Payette avait publié un rapport au terme, notamment, de consultations du Groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec. Celui-ci avait pour but de «cerner les difficultés de l’information au Québec dans le contexte des nouvelles technologies». Une cinquantaine de recommandations avaient alors été formulées.

Selon la ministre Roy, ce rapport est aujourd’hui «dépassé, parce que la technologie va trop vite».

À la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), on se réserve de commentaires en attendant d’avoir plus d’information sur la commission parlementaire.