Après quelques années de réflexion, le gouvernement semble maintenant savoir quoi faire de L’Hôtel-Dieu lorsque le mégahôpital de l’Enfant-Jésus sera terminé.

Que deviendra L’Hôtel-Dieu?

L’avenir de L’Hôtel-Dieu de Québec se précise. L’hôpital, qui sera déserté après la fusion de ses activités avec l’Enfant-Jésus, abritera finalement une pléiade d’équipes de soins, de recherche et d’enseignement. Beaucoup de travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux déménageront dans le Vieux-Québec. Découvrez lesquels.

Voilà quelques années que l’État québécois se demande quoi faire des bâtiments abandonnés au profit du mégahôpital de 1,9 milliard $ en construction dans Limoilou. Le départ de toutes les spécialités médicales du quartier historique vers les installations neuves créera un grand vide.

La recherche d’une vocation future pour L’Hôtel-Dieu aura été plus longue qu’annoncée. Mais, en entrevue avec Le Soleil, une porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, Mélanie Otis, évoque maintenant le dépôt du plan sur le bureau de la ministre de la Santé «début 2020». 

La réflexion est donc avancée. Assez pour que le CIUSSS lève aujourd’hui le voile sur «les grandes lignes», sur le «canevas». Assez avancée aussi pour que Mme Otis évoque une arrivée progressive des nouveaux occupants entre 2022 et 2026.

Volet 1

Les premiers arrivés logeront sous l’enseigne du «volet 1» du projet, un «pôle de recherche et d’enseignement» en santé, note Mme Otis. «Ça regroupe des équipes hyper diversifiées.»

Qui? Des employés de ces organisations devraient déménager dans le Vieux-Québec : l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la Direction régionale de santé publique, le centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), le centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHU), le Centre de recherche sur les soins et services de première ligne de l’Université Laval, le Département de médecine sociale et préventive, le Centre d’excellence sur le vieillissement de Québec, l’Alliance santé Québec et la Direction de santé publique du Nunavik.

«On les regroupe en un seul site», explique Mélanie Otis. «On fait des travaux en ce sens-là en ce moment. L’idée est de regrouper ces expertises-là dans un même lieu.»

Pour ceux qui douteraient, notre interlocutrice insiste : la «volonté de se regrouper» est «ferme».

Les travaux vont bon train. «L’échéance pour le volet 1 tourne autour de 2022.»

Les comités formés pour la renaissance de L’Hôtel-Dieu évaluent déjà le nombre de pieds carrés à octroyer aux partenaires. Et où chacun aimerait s’installer dans les bâtiments de l’hôpital. «On est à faire cette réflexion-là. On regarde avec eux leurs besoins.»

«L’idée c’est […] de faire en sorte d’avoir vraiment un centre d’excellence, où tous ces gens-là travailleraient dans leurs espaces respectifs, mais dans un lieu qui est commun.»

Il reste des ficelles à attacher, prévient néanmoins Mélanie Otis. «[Mais] il y aura assurément un regroupement de chercheurs et d’enseignants à cet endroit pour vraiment créer une synergie et un pôle de recherche.»

Volet 2

«Il va y avoir des services médicaux, des services de soins infirmiers», poursuit Mme Otis, mettant le pied dans le second volet du projet de conversion. Cela avait été évoqué. C’est confirmé : il y aura une clinique à vocation régionale à L’Hôtel-Dieu.

Il y aura cependant une gamme de soins bien plus étendue.

Mme Otis se lance dans une énumération de services qui devraient être offerts dans le Vieux-Québec.

Fort probablement une clinique en santé sexuelle, commence-t-elle. Assurément une en santé mentale, notamment pour les jeunes de 12 à 25 ans; aussi une unité d’accueil pour les patients en crise. «Il faut absolument que ce soit présent dans l’offre de services.»

Quoi d’autre? «C’est sûr qu’il va y avoir des […] soins palliatifs.» Aussi des lits de répit pour les proches aidants qui ont besoin de souffler : «On veut s’occuper de la personne malade, mais on veut aussi s’occuper des proches aidants».

L’Hôtel-Dieu déserté devrait par ailleurs être colonisé par une unité réservée aux personnes âgées en convalescence. Mélanie Otis a, en outre, évoqué des soins de fin de vie, un secteur dédié à la clientèle exclue socialement et des services de prévention.

«Pour le volet 2, on a plus un horizon de 2026.»

Consultation publique

Le CIUSSS et ses partenaires veulent maintenant présenter «l’ensemble» de leur projet «sur le terrain» pour s’assurer qu’ils avancent dans la bonne direction. Mme Otis annonce donc qu’une «foule de rencontres» auront lieu «au cours des prochaines semaines» : dans les conseils de quartier, chez des organismes communautaires, des regroupements de résidents, avec les Augustines…

La population sera également invitée à des présentations, ultérieurement.

Mélanie Otis indique que le budget final de cette ambitieuse entreprise n’est pas bouclé. Elle insiste toutefois sur le fait que les équipes qui seront déplacées vers le Vieux-Québec sont, pour la plupart, existantes. Donc que ce sera un déménagement de ressources déjà payées. Lorsqu’ils étaient au pouvoir, les libéraux prévoyaient décaisser au moins 500 millions $.

Il est toutefois clair que L’Hôtel-Dieu est plus grand que nécessaire. «Il y a certains bâtiments qui ne seront pas utilisés».

Le CIUSSS ne sait donc pas si des étages seront retranchés de la tour centrale ou si des édifices environnants seront mis en vente. «La décision finale n’est pas prise encore.» En fait, la primeur est réservée pour la ministre de la Santé.