L’entrepreneur mandaté par la Ville de Québec a installé son quartier général à l’îlot Saint-Vincent-de-Paul.

Quartier Saint-Jean-Baptiste: découvertes archéologiques attendues

La Ville effectue d’importants travaux de voirie, d’aqueduc, d’égout et d’enfouissement des fils électriques dans le secteur de la côte d’Abraham. Et elle pense trouver des vestiges archéologiques en creusant.

L’entrepreneur mandaté par la mairie a installé son quartier général à l’îlot Saint-Vincent-de-Paul pour ce chantier qui s’étirera jusqu’en décembre, peut-être jusqu’au printemps 2020, indique la conseillère en communication Wendy Whittom. De là pourront se déployer les ouvriers et leur machinerie qui devront retaper, en tout ou en partie, les rues Saint-Augustin, Sainte-Madeleine, Saint-Olivier ainsi que les côtes d’Abraham et Sainte-Geneviève. 

Il y aura également une intervention au bas de l’escalier Lépine, dans Saint-Roch, ajoute une autre conseillère en communication, Mireille Plamondon. «Les travaux incluent l’enfouissement des fils électriques. Et le rebranchement des propriétés implique un point de distribution d’Hydro-Québec qui est situé dans le carré Lépine.»

Même si cette entreprise a lieu hors des murailles historiques, des précautions devront être prises par les opérateurs de pelle mécanique puisqu’ils manoeuvreront néanmoins dans les limites du territoire patrimonial du Vieux-­Québec, poursuit Mme Plamondon. «Une surveillance archéologique, avec possibilités de fouilles de sauvetage, est prévue pour les secteurs porteurs d’un potentiel archéologique.»

Le contrat de l’entrepreneur aurait d’ailleurs été rédigé en conséquence. «Le chantier doit tenir compte de certaines conditions concernant la présence de vestiges.» Aussi, la firme Ruralys a été choisie pour observer et évaluer ce qui s’exposera. «Les équipes travaillent de concert pour adapter les travaux aux découvertes qui peuvent être faites.»

«Les branchements des “utilités publiques” sont particulièrement sensibles, car les excavations se dérouleront dans les cours des propriétés où des découvertes sont possibles», note Mme Plamondon. «Des vestiges archéologiques sont anticipés : habitations du faubourg Saint-Jean-Baptiste de la dernière décennie du XVIIIe siècle; occupation domestique du quartier Saint-Roch au XVIIIe siècle, hôtel, atelier d’artisan, etc.»

Qu’adviendra-t-il des trouvailles éventuelles ? «Si des vestiges sont trouvés, ils sont documentés et, selon leur nature, ils sont retirés du site pour être entreposés à la réserve archéologique de la Ville ou au laboratoire du ministère de la Culture et des Communications.»

Pas d’hôtel !

Voici donc l’explication de la présence de nombreux travailleurs de la construction sur l’îlot Saint-Vincent-de-Paul du sommet de la côte d’Abraham. Non, le propriétaire du terrain vague, Jacques Robitaille, n’a pas entrepris de construire un hôtel ou des copropriétés. 

«L’entrepreneur aurait convenu d’une entente directement avec le propriétaire», remarque Wendy Whittom. «L’utilisation du site servira essentiellement à l’entreposage de la machinerie nécessaire au chantier […] et pour les besoins de stationnement des travailleurs.»

Quant à M. Robitaille, patron des hôtels Jaro, et la Ville, ils s’affrontent encore. La mairie tente d’exproprier l’homme d’affaires parce qu’il n’a rien érigé sur le lot depuis son achat en 1998. M. Robitaille réplique que c’est l’administration municipale qui bloque tous ses projets et conteste les démarches devant le tribunal.

Actualités

La côte Louis-Fréchette fermée pour sept semaines

La Ville de Lévis se voit dans l’obligation de prolonger la période de fermeture de la côte Louis-Fréchette, dans le secteur de la Traverse. La complexité des travaux à réaliser est la principale cause.

La côte Louis-Fréchette sera fermée à la circulation automobile dans les deux directions pendant sept semaines dès le 24 septembre. La Ville procédera au réaménagement de la côte. 

Les automobilistes pourront emprunter de détour par la rue Saint-Omer, à l’est. 

Pour des raisons de sécurité, la circulation piétonne et cycliste ne sera pas permise pour toute la durée des travaux. Les piétons pourront utiliser le sentier aménagé dans la côte des Bûches ou l’escalier rouge, alors que les cyclistes doivent suivre le détour par la rue Saint-Omer, comme les automobilistes. 

Sur la rue Saint-Laurent, la circulation se fera en alternance pendant toute la durée des travaux, une seule voie sera ouverte. 

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Élections 2019

Discours en 2005 sur le mariage gai : toujours pas d'excuses de Scheer

SAINT-JEAN, N.-B. — Au moment où son rival libéral multiplie les actes de contrition pour se faire pardonner les «blackfaces» de son passé, le chef conservateur refuse de s'excuser pour un discours passé que la communauté LGBTQ juge offensant.

Pour la deuxième journée consécutive, Andrew Scheer a préféré contourner la question lorsqu'on lui a demandé pourquoi il ne s'était toujours pas excusé pour un discours fait en chambre en 2005.

Dans ce discours, tenu pendant le débat sur le projet de loi autorisant le mariage des conjoints de même sexe, M. Scheer, alors simple député, âgé de 25 ans, a offert une série d'arguments. Parmi ceux-ci, il a déclaré que de demander combien de pattes auraient un chien si on comptait sa queue comme une patte ne fait pas de sa queue une patte. Il en a alors conclu que d'adopter le projet de loi serait comme forcer les Canadiens à appeler une queue une patte.

Vendredi matin, à son premier arrêt de campagne de la journée, M. Scheer n'a pas offert d'excuses. Il s'en est tenu à dire qu'il avait déjà réagi à cette affaire.

Il y a un mois, les libéraux ont déterré la vidéo du discours aux Communes de M. Scheer pour l'embarrasser. Vendredi matin, le chef conservateur disait que le sujet du jour était plutôt les excuses de Justin Trudeau.

Par ailleurs, M. Scheer a promis de dépenser 1,5 milliard $ dans un premier mandat conservateur pour mieux équiper les hôpitaux des provinces en appareils d'imagerie par résonnance magnétique (IRM) et d'appareils de tomodensitométrie (TDM).

Santé

Des organismes de santé publique réclament plus de restrictions au vapotage

OTTAWA — Huit organismes qui luttent pour la santé des Canadiens demandent au gouvernement fédéral d'adopter d'ici la fin de l'année des mesures urgentes pour traiter le vapotage comme le tabagisme.

Ces organisations demandent l'adoption rapide d'un décret provisoire pour mettre un terme au marketing des produits de vapotage, limiter les arômes disponibles et règlementer la teneur en nicotine.

La coalition soutient qu'étant donné les délais encourus habituellement pendant et après un scrutin, «la seule façon de mettre en place des mesures de protection pendant l'année en cours est de prendre un arrêté d'urgence en vertu de la Loi sur le ministère de la Santé». Ces groupes affirment que tout délai augmentera les risques pour les Canadiens et ils demandent aux partis fédéraux de s'engager à adopter un décret provisoire dans les 60 jours suivant la formation du prochain gouvernement.

Cette coalition comprend notamment l'Association médicale canadienne, la Société canadienne du cancer, l'Association pulmonaire du Canada, Coeur et AVC, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac et les Médecins pour un Canada sans fumée.

«Le vapotage chez les jeunes est devenu une crise de santé publique», a déclaré sans ombrage le président de l'Association médicale canadienne, le Dr Sandy Buchman.

Cet appel intervient au moment où l'on vient de signaler un cas de maladie grave liée au vapotage à London, en Ontario, et que des centaines de cas apparaissent aux États-Unis, qui ont fait sept morts.

«Même en faisant abstraction des récents rapports tragiques qui ont établi que des décès et des maladies respiratoires aigües ont été causés par le vapotage, il a été démontré que ces produits augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, d'altération du développement cérébral chez les adolescents et d'issues défavorables de la grossesse», a rappelé Cynthia Callard, directrice générale de Médecins pour un Canada sans fumée.

Santé Canada a publié jeudi après-midi un rappel priant les Canadiens utilisant des produits de vapotage «de surveiller l'apparition chez eux de symptômes de maladie pulmonaire et de consulter un médecin sans tarder s'ils ont des préoccupations relatives à leur santé».

L'Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada disent être au courant du rapport du Bureau de santé de Middlesex-London. Les deux agences mentionnent qu'elles ont «fourni aux provinces et aux territoires des directives nationales sur l'identification des cas possibles de maladie pulmonaire grave liée au vapotage ou à l'utilisation de la cigarette électronique au pays».

Un sondage réalisé pour Santé Canada, publié cette année, a révélé qu'un élève du secondaire sur cinq déclarait utiliser des produits de vapotage; chez les jeunes de 13 et 14 ans, ce taux était d'un sur sept.

«Cette crise est le résultat d'une règlementation inadéquate et d'un marketing irresponsable, estime Flory Doucas, codirectrice de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. L'assouplissement des règles par le gouvernement l'an dernier a permis aux fabricants de tabac et de nicotine d'inonder le marché de ces appareils accessibles aux jeunes en les rendant attrayants, savoureux et bon marché, et en les promouvant dans les médias sociaux, à la télévision et par d'autres moyens qui rejoignent les jeunes.»

Justice et faits divers

La loi pour forcer le retour au travail des juristes de l'État est inconstitutionnelle

MONTRÉAL — La loi spéciale qui avait été adoptée par le gouvernement québécois en 2017 pour forcer le retour au travail des avocats et notaires de l'État en grève depuis des mois est déclarée inconstitutionnelle.

Car cette loi porte atteinte à la liberté d'association des juristes, un droit protégé à la fois par la Charte canadienne et par la Charte québécoise, a tranché la juge Johanne Brodeur de la Cour supérieure, dans sa décision signée mercredi.

En plus de déclarer la loi inconstitutionnelle, la juge précise qu'elle est «sans effet depuis son adoption» et que son invalidité est rétroactive. Elle n'accorde toutefois pas de dommages financiers aux juristes.

Les quelque 1150 juristes de l'État avaient déclenché une grève en octobre 2016, après de longs mois de négociations infructueuses.

Cette grève a été le plus long conflit de travail de la fonction publique dans l'histoire du Canada, note la juge.

Mais le 27 février 2017, le gouvernement libéral de l'époque a adopté une loi concernant les avocats et juristes de l'État québécois, forçant leur retour au travail, leur interdisant de faire la grève pendant trois ans et prévoyant un mécanisme pour la poursuite des négociations. À défaut d'entente, leurs conditions de travail seraient imposées.

«Cette loi constitue la réponse gouvernementale à des préoccupations urgentes et réelles. Elle force le retour au travail des juristes de l'État, ce qui permet la réalisation de son objectif: assurer la continuité des services», rappelle la juge. Elle note que le gouvernement avait fait valoir qu'en raison de la grève, bon nombre de projets de loi étaient retardés, et de nombreuses causes ont été remises.

La magistrate considère que cette loi de 2017 porte «grandement» atteinte aux droits des juristes. Le droit de grève bénéficie d'une protection constitutionnelle, rappelle la juge Brodeur, car il est essentiel au processus de négociation. Et ici, le gouvernement leur a complètement retiré cette possibilité. De plus, elle est d'avis que le processus de négociation prévu par la loi n'est pas un mécanisme de règlement des différends véritable et efficace: il y a trop de lacunes.

«Les effets bénéfiques de la mesure (loi de 2017) sont réels, mais les effets préjudiciables les outrepassent», écrit-elle dans sa décision de 59 pages.

«Le Tribunal insiste sur le fait qu'il appartient au législateur de déterminer quand et comment il doit intervenir dans un conflit de travail. Le Tribunal fait également preuve de déférence et reconnaît qu'il appartient au législateur d'évaluer le contexte social et l'intérêt public. Les Chartes canadienne et québécoise ne privent pas l'État de son pouvoir législatif, mais le balisent», explique-t-elle.

«Une loi de retour au travail peut et doit respecter les Chartes», souligne la magistrate qui juge que ce n'est pas le cas ici.

Le syndicat des juristes, LANEQ (Les Avocats et notaires de l'État québécois), avait deux revendications principales dans le cadre des négociations: la reconnaissance de l'indépendance de ses membres, de leur statut professionnel, ainsi que la parité avec les procureurs aux poursuites criminelles et pénales. Il avait proposé un mécanisme d'arbitrage qui lierait les parties et était prêt à laisser tomber son droit de grève en contrepartie, mais le gouvernement avait refusé. Ce dernier affirmait qu'il ne pouvait laisser une tierce partie décider d'une question aussi importante, qui implique aussi des déboursés gouvernementaux.

Le président de LANEQ, Marc Dion, est satisfait du jugement. La juge a retenu les arguments du syndicat, dit-il.

Il voit dans cette décision une invitation à l'État de revoir ses façons de faire.

«La juge Brodeur mentionne que cette longue grève-là a été dure pour le respect de la primauté du droit et des services rendus aux citoyens», a déclaré Me Dion en entrevue.

Pour lui, il est temps de revoir le régime de négociation avec la création d'un comité de rémunération qui ferait ses recommandations à l'Assemblée nationale, comme c'est le cas pour les procureurs de la Couronne.

Me Dion a ajouté que des discussions sont en cours à ce sujet avec le gouvernement caquiste.

Élections 2019

«Blackface»: La campagne des libéraux chamboulée

WINNIPEG — Plutôt que d’entreprendre sa journée avec une nouvelle promesse électorale du Parti libéral, le chef Justin Trudeau a passé le neuvième jour de la campagne à enchaîner les conversations difficiles avec ses candidats, des leaders communautaires et ses trois enfants à propos de toutes les fois où il s’est maquillé la peau de brun ou de noir.

À la suite du point de presse de fin de soirée, mercredi, organisé en catastrophe pour livrer ses excuses à bord de son avion de campagne, Justin Trudeau et son équipe se sont réfugiés dans un hôtel de Winnipeg, à l’écart des journalistes.

Le scandale a ébranlé la campagne libérale en fin de journée mercredi, au moment de la publication d’une photographie de 2001 montrant M. Trudeau costumé à la manière d’Aladdin avec la peau du visage et des mains maquillée dans un ton foncé.

Contrairement à la routine quotidienne, l’organisation de la campagne n’a pas publié, mercredi soir, l’horaire du chef pour la journée de jeudi. Le personnel paraissait épuisé et tout le monde évitait de répondre aux questions sur le programme de jeudi.

Tout ce qui était prévu à l’horaire est passé à la trappe.

Jeudi matin, toujours aucune nouvelle du plan de match de Justin Trudeau. Les journalistes se sont réveillés les yeux cernés en prenant connaissance d’une vidéo obtenue par Global News, remontant aux années 1990, montrant un troisième incident impliquant le chef libéral avec la peau maquillée.

Du côté de l’organisation libérale, le silence planait toujours à propos du programme d’activités à Winnipeg.

Les quelques rares employés de la campagne ayant dormi au même hôtel que les journalistes se sont consultés discrètement dans le restaurant de l’établissement, discutant à voix basse. Lorsqu’ils ont été interrogés par les médias, ils ont affiché leur plus beau sourire en affirmant que tout allait bien.

Élections 2019

«Blackface»: retentissement mondial

TORONTO — La controverse entourant le visage barbouillé de noir de Justin Trudeau a franchi les frontières canadiennes.

Des médias internationaux réputés ont consacré temps et espace aux excuses présentées par le chef libéral. Ils ont aussi remis en cause sa réputation mondiale de défenseur des valeurs progressistes.

Des journaux, des sites Internet et des chaînes de télévision américaines, britanniques, australiennes et d’ailleurs ont réagi vivement à la publication d’une photo datant de 2001 qui menace de chambouler la campagne électorale libérale.

«M. Trudeau est depuis longtemps considéré comme un flamboyant porte-parole pour les progressistes assiégés du monde. Il a tenu tête au président Donald Trump. Il a soutenu les droits de la personne et les droits des Autochtones. Il a accueilli les immigrants. Il lutte contre les changements climatiques et le racisme», écrit le New York Time. «Cette image soigneusement étudiée a subi un coup terrible.»

Le ton était semblable dans plusieurs autres médias qui ont mis en parallèle l’aveu de M. Trudeau d’avoir manqué de jugement, ses excuses, son attachement aux valeurs progressistes et la nomination d’un conseil des ministres paritaire lors de son ascension au pouvoir en 2015.

On pouvait lire ou entendre des récits semblables dans d’autres grands médias internationaux comme l’Associated Press, The Guardian, la BBC, le Sidney Morning Herald et Al Jazeera.

Ailleurs, la couverture était plus partisane.

Ainsi, Fox News a consacré beaucoup de temps d’antenne à la controverse lors de son émission du matin Fox and Friends.

Un comité de commentateurs s’est aussi penché sur l’affaire Trudeau sur les ondes de CNN. S’ils ont condamné sa conduite antérieure, ils ont vanté les excuses présentées par le premier ministre, le comparant avantageusement à l’effronterie habituelle de Donald Trump.

«Wow! Un chef politique qui s’excuse. Cela peut sembler étrange, n’est-ce pas? Parce que nous, nous en avons un qui ne le fait jamais.»

D’autres médias ont tenté d’analyser les répercussions de la controverse sur la campagne électorale canadienne.

Par exemple, le site Politico a tenté de replacer la conduite de M. Trudeau dans un contexte national, et a conclu que les photos diffusées pouvaient nuire à la réélection des libéraux.

«Un grand nombre de Canadiens jugent ces incidents tout aussi scandaleux que le feraient leurs voisins américains, lit-on dans l’article. Ils font valoir que les différences historiques ne sont pas une excuse, car les blackfaces occupent une place tout aussi contestable — bien que moins connue — dans l’histoire du Canada.»

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«Blackface»: douleur et colère chez les Premières Nations

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Élections 2019

«Blackface»: douleur et colère chez les Premières Nations

VANCOUVER — Des candidats autochtones aux élections fédérales et des leaders de communautés des Premières Nations ont exprimé leur étonnement, leur douleur et leur frustration, jeudi, devant les blackfaces de Justin Trudeau.

Plusieurs candidats étaient présents à l’assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, à Vancouver.

Joan Phillip, candidate néo-démocrate autochtone dans cette province, trouve «tout à fait inacceptable» que M. Trudeau, alors âgé de 29 ans, se soit peint le visage en brun, en 2001. «Ses excuses sont creuses, a-t-elle soutenu. Il y a deux éléments dans des excuses : les regrets proprement dits, puis le geste qu’on pose par la suite» pour s’amender. «S’il avait une once d’intégrité, il démissionnerait, tout simplement», a estimé la candidate dans Central Okanagan-Similkameen-Nicola.

Plusieurs candidats autochtones croisés à Vancouver ont aussi déclaré qu’ils avaient été blessés par ces images controversées, en particulier parce que M. Trudeau avait suscité beaucoup d’espoir au sein des Premières Nations en 2015 en leur promettant une relation nouvelle.

«Nous ne pouvons pas nous défaire de la couleur de notre peau : c’est ce que nous sommes», a déclaré Lydia Hwitsum, candidate du Parti vert dans Cowichan-Malahat-Langford, sur l’île de Vancouver. «Quand vous pensez à la façon dont nous, peuples autochtones, luttons contre la discrimination et contre tous les torts et les blessures causés par la couleur de notre peau [...] c’est frustrant de voir un chef qui ne peut pas donner le genre d’exemple que ce pays mérite.»

Bob Chamberlin, candidat néo-démocrate dans Nanaimo-Ladysmith, estime de son côté que les photos publiées depuis mercredi montrent que le racisme est «bien vivant» au Canada.

Terry Teegee, chef régional de l’Assemblée des Premières Nations pour la Colombie-Britannique, s’est dit «déçu et dégoûté» à l’instar de nombreux Autochtones.

May en a eu la nausée

La chef du Parti vert, Elizabeth May, et les candidates indépendantes Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, ex-libérales, assistaient également à la conférence de Vancouver. Les trois femmes ont condamné les photographies de blackface.

Mme May, qui soutient en avoir ressenti physiquement de la nausée, estime que M. Trudeau ne comprend pas que les colonisateurs canadiens jouissent de privilèges. S’il veut se solidariser avec les peuples autochtones, selon elle, il doit «s’élever».

«J’en ai assez. Et je pense à l’impact pour chaque enfant de ce pays, qu’il soit autochtone ou de couleur, et quel impact cela a sur eux personnellement. Cela fait du tort. C’est raciste», a-t-elle soutenu.

Jane Philpott, ex-ministre libérale et candidate indépendante pour sa réélection dans Markham-Stouffville en Ontario, était devenue plus tôt jeudi très émotive en prononçant un discours exhortant le gouvernement fédéral à financer un centre de santé pour les personnes souffrant d’intoxication au mercure dans la Première Nation de Grassy Narrows, dans le nord de l’Ontario.

«J’estime que nous devons nous attendre aux plus hauts standards d’intégrité de nos dirigeants et cela signifie que rien ne doit nous être dissimulé — certainement pas pendant une longue période», a-t-elle déclaré. «Je pense que nous devons demander des comptes à nos représentants. Et dans le cas des chefs de parti, je pense que les autres représentants de ce parti devraient demander des comptes à leur chef.»

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Jean-Marc Salvet

Trudeau, un arroseur éclaboussé

CHRONIQUE / Personne ne peut prétendre que Justin Trudeau est raciste. Le chef libéral n’a rien d’un raciste. Son parcours politique en témoigne. Le premier ministre sortant a toujours célébré les minorités. Au point même d’agacer nombre de ses adversaires politiques.

Mais il existe une faute politique dans cette histoire. Je m’explique.

M. Trudeau lui-même soutient qu’il n’aurait pas dû se grimer en noir, qu’il s’agit d’une erreur, qu’il le regrette et s’en excuse. Très bien. 

Mais dit-il ou pense-t-il cela simplement parce que des images du passé ont été rendues publiques?

Cette question se pose, car s’il ressent un sentiment de honte depuis des années et des années, comment expliquer qu’il n’ait trouvé aucune occasion d’enrober cette «erreur» en la révélant lui-même publiquement à un moment ou l’autre?

Plus important encore : Comment expliquer qu’il ait laissé son parti traquer le passé d’adversaires conservateurs? Il ne savait pas qu’il était lui-même vulnérable?

Il faut être un tantinet candide pour croire que jamais rien ne sortirait sur la place publique. Ou avoir estimé, au fond, et pendant des années, que tout cela n’était rien du tout...

Voilà qui peut mettre en perspective ses demandes d’excuses.

Justin Trudeau s’est finalement fait servir la même médecine que le Parti libéral du Canada sert au Parti conservateur. Il est l’arroseur éclaboussé.

Une conséquence à court terme : d’ici le jour du scrutin, les libéraux n’exhumeront plus le passé de leurs adversaires, de crainte d’avoir à se réexpliquer sur la controverse qui a fait mettre un genou par terre à Justin Trudeau.

Cela dit, les partis d’opposition auraient tort de trop en faire. Leur intérêt est de passer à autre chose.

Plus sensible

Pour la très grande majorité de ceux qui ignoraient la signification du blackface — et ils sont nombreux, et probablement plus au Québec que dans le reste du Canada —, toute cette histoire et son retentissement médiatique sont grandement exagérés. Il y a blackface et blackface, de surcroît, c’est vrai.

Mais les sensibilités à cet égard sont diverses et la dernière chose à faire serait de refuser de comprendre que ces maquillages heurtent des citoyens. Peu importe, par exemple, qu’il ne s’agissait, dans l’un des épisodes mettant en scène le jeune Trudeau, que d’une personnification d’Aladdin. Surtout que l’on sait maintenant qu’il n’y a pas eu que cet épisode.

M. Trudeau paraît aimer les déguisements depuis longtemps... Mais ne persiflons pas.

Maintenant que nous sommes plus nombreux à être sensibilisés à ce à quoi peut renvoyer ou renvoie le blackface, à ce qu’il signifie pour certains d’entre nous, on peut admettre que de simples excuses ne pouvaient suffire dans l’esprit de Justin Trudeau. Or, il ne les a pas ménagées. Il ne pouvait pas en faire plus du côté de la contrition politique.

Était-il vraiment totalement ignorant de la signification du blackface? Dans son esprit, était-ce simplement une façon anodine de s’amuser? Personnellement, j’opte pour cette dernière supposition.

Quoi qu’il en soit, rien chez Justin Trudeau le chef du Parti libéral du Canada et premier ministre du Canada ne permet de soutenir qu’il est raciste. Rien.

Pour ce qui est de l’avenir, cette controverse risque de le rendre encore plus sensible qu’il ne l’était déjà au sort des minorités. Il voudra faire concrètement, et encore plus, acte de contrition.

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Politique

Bouteilles de vin: unanimes, les députés réclament la consigne

Après quelques déchirements, tous les députés de l’Assemblée nationale se sont finalement entendus pour réclamer qu’une consigne soit imposée sur les bouteilles de vin et de spiritueux au Québec.

Pour la députée solidaire Ruba Ghazal, le dépôt jeudi du rapport de la Commission des transports et de l’environnement sur les enjeux de recyclage et de valorisation locale du verre constitue «une victoire». «C’est la première fois dans l’histoire du Québec que tous les partis sont en faveur de la consigne sur les bouteilles de vin et de spiritueux de la SAQ», se réjouit-elle.

Plus tôt cette semaine, les discussions entre les partis étaient dans l’impasse et la publication du rapport était compromise. Mme Ghazal est heureuse que ses collègues députés de la Coalition avenir Québec (CAQ), du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ) aient accepté de mettre de l’eau dans leur vin. 

«Tous les élus vous disent, aux lobbyistes anticonsigne, que l’important, ce ne sont pas vos intérêts économiques, mais c’est bien le bien commun. Et le ministre Charette doit continuer à résister aux lobbyistes», commente-t-elle. 

La députée espère que le Québec réussira à se sortir de la crise du recyclage, qui fait paraître les Québécois «comme des arriérés par rapport à la question du recyclage», selon elle. 

La commission parlementaire, qui a entendu 30 groupes à la mi-août, a accouché de neuf recommandations. En plus d’élargir la consigne, la commission recommande aussi de moderniser les centres de tri afin d’améliorer la qualité des matières triées, d’interdire l’enfouissement du verre, d’encourager le développement de débouchés locaux du verre et de bonifier les mécanismes permettant d’assurer la traçabilité des matières résiduelles. 

En 2018, 72 % du verre consommé par les foyers québécois s’est retrouvé au dépotoir. En commission parlementaire, la Société des alcools du Québec (SAQ) a causé la surprise en se montrant ouverte à la consigne des bouteilles de vin et de spiritueux, à condition que celles-ci ne soient pas rapportées dans ses succursales. 

Le ministre de l’Environnement Benoit Charette a réagi positivement à la publication de ce rapport, en rappelant que face à la crise du recyclage, «le statu quo n’est pas une option». 

«C’est un rapport d’une qualité qui est plus qu’intéressante et ce sera un bel élément pour nous pour s’inspirer», ajoute-t-il. D’ici quelques semaines, le ministre Charette présentera les mesures qu’il compte mettre de l’avant pour répondre à cette crise. 

Tweet «inopportun»

En lien avec les travaux de la commission, le président de l’Assemblée nationale François Paradis a rappelé à l’ordre M. Charette pour un tweet publié mercredi qu’il a qualifié «d’inopportun». 

La députée libérale Marie Montpetit a déploré sur Twitter que «la CAQ impose un rapport vide en refusant que les membres de la commission fassent leur travail». Ce à quoi le ministre de l’Environnement a répondu en imposant un ultimatum. «Vous avez jusqu’à 14 heures aujourd’hui pour accepter que le rapport de la commission contienne de véritables constats et recommandations. Il est temps pour vous d’agir comme la personne soucieuse de l’environnement que vous dites être. La décision vous revient.» 

S’il «prend acte» de la décision du président de l’Assemblée nationale, le ministre Charette croit ne rien avoir à se reprocher. «Je ne me suis pas immiscé dans les travaux de la commission.»

Politique

Le Québec est une province bilingue, selon la ministre Sonia LeBel

Le Québec est une province bilingue, a affirmé jeudi la ministre Sonia LeBel, avant de se raviser.

Ce serait même la seule province bilingue au Canada, selon la ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne.

Or, depuis 45 ans, la langue française est la seule langue officielle du Québec. C'est le gouvernement de Robert Bourassa qui avait fait adopter la loi 22, en 1974, ouvrant ainsi la voie à la loi 101, adoptée en 1977 par le gouvernement de René Lévesque.

Et la seule province canadienne officiellement bilingue est le Nouveau-Brunswick.

Au micro de l'animateur Paul Arcand, sur les ondes du 98,5, tôt jeudi matin, la ministre LeBel était invitée à commenter les demandes formulées cette semaine par son gouvernement aux chefs de parti, dans le cadre de la campagne électorale fédérale présentement en cours.

«Le Québec est la seule province bilingue au Canada», a déclaré la ministre LeBel, durant l'entrevue, en parlant des demandes du gouvernement Legault portant sur la question linguistique.

«C'est un lapsus», a cependant corrigé la ministre en mêlée de presse, quelques heures plus tard, cherchant à se faire rassurante sur ses connaissances du portrait linguistique canadien.

«Je veux rassurer les gens», a ajouté la ministre, affirmant qu'elle était «très au fait» que le Québec était francophone.

Et elle a précisé aussitôt qu'elle savait aussi que la seule province bilingue du Canada était le Nouveau-Brunswick.

Durant l'entrevue radiophonique, elle rappelait que son gouvernement souhaitait que les entreprises à charte fédérale installées au Québec, comme les banques, soient assujetties à la loi 101. Le gouvernement caquiste voudrait que tous les chefs s'engagent dans cette voie, s'ils prennent le pouvoir à Ottawa le 21 octobre.

Elle disait juger «aberrant» que la langue française n'ait pas le même statut dans les différents milieux de travail, qu'ils soient de compétence fédérale ou québécoise.

L'opposition péquiste a tenu à déplorer le «lapsus» de Mme LeBel.

«C'est navrant d'avoir à rappeler à la ministre des relations entre Québec et Ottawa» que le Québec n'est pas une province bilingue et que sa seule langue officielle est le français, a regretté le chef par intérim du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, en mêlée de presse.

Vérification faite

Vérification faite: de mal en pis pour la classe moyenne?

L'affirmation: «J’aimerais dire que la vie est plus facile pour la classe moyenne canadienne, mais je ne le peux pas. Les gens travaillent plus fort que jamais, mais peinent à joindre les deux bouts», a déclaré le chef conservateur Andrew Scheer, plus tôt cette semaine, alors qu’il annonçait des baisses d’impôts pour venir en aide à la classe moyenne.

Les faits

Qu’il faille baisser les impôts ou non ne concerne pas de la vérification factuelle — cela relève en bonne partie des valeurs individuelles. Mais la question de savoir si la situation des classes moyennes se dégrade, si les gens triment de plus en plus pour, en bout de ligne, voir leurs finances stagner ou se détériorer, elle, se vérifie.

Le déclin de la classe moyenne est un phénomène assez bien documenté aux États-Unis, où les salaires n’ont pas suivi le coût de la vie. Mais c’est beaucoup moins clair en ce qui concerne le Canada et le Québec. En fait, selon des chiffres de Statistique Canada, même en tenant compte de l’inflation, le revenu médian est passé de 57 000 $ en 2000 à 67 000 $ en 2017 (en dollars constants de 2017). De la même manière, le taux de pauvreté qui oscillait entre 12 et 15 % dans les années 90, est passé à 10-12 % dans les années 2000, puis autour de 10 %.

Dans une étude parue en 2014, le Centre de recherche en fiscalité et finances publiques de l’Université de Sherbrooke n’a pas trouvé de raison de croire que la classe moyenne s’érodait au Québec ou au Canada. Cependant, les auteurs ont constaté que les transferts gouvernementaux et la fiscalité jouaient un rôle plus important qu’avant pour «protéger» la classe moyenne. Ainsi, si l’on ne regarde que les «revenus de marché avant impôts» (salaires et autres sources de revenus «privés», grosso modo), la proportion des ménages québécois qui faisaient partie de la classe moyenne est passée de 37 à 29 % entre 1976 et 2010. Mais si l’on tient compte des transferts (allocations familiales et autres) et de l’impôt, alors cette proportion s’est maintenue autour de 46 % depuis une quarantaine d’années, ont conclu les chercheurs.

On pourrait sans doute interpréter ce dernier point comme montrant que la classe moyenne québécoise ou canadienne est quand même «sous pression», jusqu’à un certain point. Ce ne serait pas farfelu, mais ce n’est pas un signal très fort non plus.

Or il y a tout de même quelques indicateurs qui suggèrent une «pression» plus forte qu’avant sur M. et Mme Tout-le-Monde. Les Canadiens ont beau avoir de meilleurs revenus (même en tenant compte de l’inflation), ils sont aussi plus endettés qu’avant — en bonne partie parce que le prix des logements a énormément augmenté depuis 20 ans.

En 1990, la dette des ménages canadiens représentait en moyenne 87 % de leurs revenus annuels. En 2005, c’était presque 130 %. Et en 2018, on en était à 175 %. Comme l’hypothèque représente une grande partie de ces dettes, la valeur de ce que les gens possèdent a elle aussi augmenté, si bien que le ratio actif-passif s’est maintenu autour de 17 % depuis 1990. Mais le fait que les dettes totales aient augmenté beaucoup plus vite que les revenus demeure significatif.

Le nombre de gens «insolvables» (qui font faillite ou qui proposent un règlement à leurs créanciers en vertu de la protection de la loi sur les faillites) raconte un peu la même histoire. Au plus fort de la crise économique de la fin des années 2000, on comptait près de 6 cas d’insolvabilité par 1000 consommateurs (en 2009). Ce taux est redescendu autour de 4,3 pour 1000 et s’y est maintenu pendant les années 2010, mais cela reste nettement plus que les 2 à 3 pour 1000 des années 1990.

On ne peut donc pas dire que l’affirmation de M. Scheer ne tient sur rien. Il y a bel et bien des indicateurs (pas tous, mais quand même) qui suggèrent une détérioration des finances des ménages canadiens.

Il y a cependant un point sur lequel les faits donnent clairement tort au chef conservateur : les gens ne travaillent pas plus qu’avant. Si l’on regarde le groupe des 25 à 54 ans (afin d’éviter que des phénomènes comme la retraite ou l’entrée plus ou moins tardive sur le marché du travail ne viennent fausser les moyennes), la semaine de travail moyenne de ceux qui ont un emploi à temps plein était de 41,1 heures en 2000, contre 40,2 heures en 2018.

Verdict

Pas tout à fait vrai. Les statistiques d’endettement suggèrent bien que les ménages canadiens ont plus de mal qu’avant à joindre les deux bouts. Mais d’autres indicateurs, et non les moindres (salaires et taux de bas revenu), semblent au contraire montrer que le sort de M. et Mme Tout-le-Monde s’est amélioré depuis une vingtaine d’années. Difficile d’en conclure que cela va de mal en pis quand on considère tout cela (même si tout n’est pas rose). Une chose est claire, cependant : on ne travaille pas plus qu’avant.

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DES INFOS À VÉRIFIER?

La déclaration d’un ministre vous paraît douteuse? Une information qui circule vous semble exagérée, non fondée? Écrivez à notre journaliste (jfcliche@lesoleil.com). La rubrique «Vérification faite» prendra le temps de fouiller les faits, en profondeur, afin de vous donner l’heure juste. Car nous non plus, on n’aime pas les fausses nouvelles.

Justice et faits divers

La SQ demande encore l’aide du public pour retrouver David Mailloux

MATANE — Vu pour la dernière fois il y a cinq mois, David Mailloux reste introuvable. La Sureté du Québec (SQ) sollicite de nouveau l’aide du public afin de localiser l’homme de 27 ans de Rivière-du-Loup.

Sa disparition remonte au 21 avril après qu’il eut quitté à pied une résidence du rang Saint-Adolphe à Saint-Alexandre-de-Kamouraska. Bien qu’il ne possède pas de voiture, il pourrait se trouver n’importe où au Québec. L’individu mesure

1 mètre 75 (5 pieds 10 pouces) et pèse 77 kg (170 livres). Il a les yeux bruns, les cheveux noirs bouclés et portait une barbe noire fournie. Lors de sa disparition, il portait un manteau noir à capuchon, un jeans bleu et des espadrilles beiges. Toute personne qui croit avoir vu David Mailloux est priée de composer le 9-1-1 ou de communiquer confidentiellement avec la centrale de l’information criminelle au 1 800 659-4264.

La Capitale

La rectrice de l'Université Laval lance un appel à sauver Le Soleil [VIDÉO]

«Très préoccupée», la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, demande au monde des affaires de venir en aide à la presse locale en difficulté.

«On est dans un horizon de temps très serré», a observé Mme D’Amours jeudi. La veille, le délai qu’il reste pour sauver le Groupe Capitales Médias auquel appartient Le Soleil avait été divulgué : le syndic se présentera devant un juge dans 47 jours afin de déposer les offres reçues pour la relance, s’il y en a.

«On n’est pas dans la recherche d’une solution scientifique», poursuit Mme D’Amours. «On est dans un moment serré.» 

Les penseurs de l’Université pourront certes être mis à contribution pour évaluer les modèles d’avenir pour les médias, dit-elle. Mais il faudra avant éviter leur naufrage. «J’appelle tous ceux qui ont la capacité de donner de l’air, de donner le temps, de le faire. […] Tous ceux qui sont dans l’univers économique et qui peuvent appuyer nos médias, nos médias régionaux.»

«On a besoin de cette présence médiatique régionale», insiste la rectrice. «Chez nous, à Québec, on en a besoin, c’est nécessaire.»

«Oui je suis très préoccupée et je souhaite qu’on maintienne au Québec des communications de proximité régionales diversifiées. C’est nécessaire pour la démocratie.»

«Du point de vue de la connaissance — parce que ça, c’est mon domaine —, il faut qu’on puisse partager les faits, la connaissance. Le travail journalistique est fondamental et il s’actualise, il se définit dans chaque région du monde.»

Justice et faits divers

Des remords pour une mauvaise blague de bombe à l'aéroport

Pourquoi, en 2019, un touriste parle-t-il encore de bombe dans un aéroport?

C’est la question que tout le monde se posait jeudi, lors de la comparution de Catherine-Louisianne Ambroise-Rendu, 64 ans, une fonctionnaire retraitée, originaire de Lyon en France.

La dame aux cheveux blonds courts et au look sportif a atterri en début d’après-midi mercredi à l’aéroport Jean-Lesage. Elle venait visiter des amis et aider sa nièce, qui emménageait à Québec pour ses études.

Mme Ambroise-Rendu passe les douanes canadiennes puis se dirige vers le carroussel à bagages. La touriste s’interroge alors sur le poivre qu’elle apporte dans ses valises pour offrir en cadeau.

Elle interpelle un agent des services frontaliers. Ce dernier lui demande s’il s’agit de poivre pour manger. L’agent a en tête une autre sorte de poivre, en aérosol, qui peut être une arme prohibée.

La touriste semble trouver la question absurde. «Bien sûr que c’est pour manger!», lance la Française. 

Lorsque l’agent lui demande si elle a d’autre chose dans sa valise, Mme Ambroise-Rendu répond qu’elle a «trois bombes». Elle répète cette phrase.

Devant la mine maintenant sévère de l’agent, la touriste précise qu’il s’agit d’une blague. «Je croyais que les Canadiens avaient le sens de l’humour», ajoute celle qui en est à sa troisième visite au Canada.

Elle présente ses excuses sincères à l’agent des services frontaliers.

Catherine-Louisianne Ambroise-Rendu est conduite dans la zone secondaire de l’aéroport. Sa valise est passée aux rayons-x puis fouillée. Rien de suspect n’a été trouvé et les opérations de l’aéroport n’ont pas été perturbées.

Après une journée complète de détention, la femme, sans antécédent judiciaire, a plaidé coupable à une accusation d’entrave au travail des agents des services frontaliers.

Le juge Jean Asselin de la Cour du Québec a accepté la demande de l’avocat de défense Me Nicolas Déry d’accorder une absolution à sa cliente. Cette absolution est devenue inconditionnelle après que la dame ait fait un don de 1000$ à l’organisme Le Pignon Bleu. «C’était une blague de très, très mauvais goût», insiste le juge Asselin, rappelant à la dame que des explosions ont fait des ravages réels dans des aéroports, notamment à Bruxelles en 2016.

La procureure de la Couronne Me Geneviève Blouin avait réclamé une forte amende pour que le message passe. «Il faut que les gens comprennent que ce n’est pas un comportement acceptable», plaide-t-elle.

Pas une première

En 2006, il y a eu une véritable épidémie de mauvaise blague de bombe l’aéroport de Québec. Pas moins de sept touristes, dont six Français, avaient été arrêtés pour avoir tenu de tels propos inquiétants.

En 2012, un étudiant français de 25 ans, Paul-Prosper L’Homme a plaidé coupable à deux accusations de méfait public et a pu obtenir une absolution conditionnelle même si les activités de l’aéroport avaient été paralysées pendant plusieurs minutes après sa déclaration d’avoir une bombe dans ses bagages.

Et, en janvier dernier, un homme qui allait monter à bord d’un vol de la compagnie Sunwing a dit avoir un engin explosif dans ses bagages. L’avion a été complètement évacué et le vol a décollé avec une heure de retard. Aucune plainte de méfait n’a été déposée.

Élections 2019

«Maxime Bernier va faire des siennes», déclare le président de l'UPA

«Je pense qu’il y a comme une vendetta de M. Bernier. C’est sûr qu’il en veut énormément à l’UPA et aux producteurs agricoles du Québec, qui lui ont fait perdre sa course au leadership. C’est sûr que Maxime va faire des siennes, mais on va voir.»

Marcel Groleau est président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Québec depuis 2011. Il a travaillé avec et contre le député fédéral de la circonscription de Beauce. En 2017, l’UPA et ses membres ont fait pencher la balance dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada en achetant des cartes de membres pour voter contre lui.

Son opposition catégorique au système de gestion de l’offre de production du lait, de la volaille et des œufs lui avait mis les agriculteurs québécois à dos.

«Pas très crédible»

«M. Bernier essaie d’avoir une couleur différente, mais là-dessus [la gestion de l’offre], il n’est pas très crédible, estime M. Groleau. Quand il était avec les conservateurs, on négociait le Partenariat transpacifique. Avant 2015, il était même adjoint du ministre Ed Fast, responsable du commerce international.

«On était ensemble à Atlanta et M. Bernier défendait bec et ongles la gestion de l’offre devant les producteurs agricoles. On était ensemble sur les mêmes tribunes en Beauce, à Sainte-Marie entre autres, où il défendait son gouvernement et la gestion de l’offre. Là, tout à coup, il a voulu se distinguer dans sa campagne au leadership pour aller chercher des votes dans l’Ouest et être un conservateur plus pur que pur. Essentiellement, il a perdu la course au leadership du Parti conservateur à cause de cette question-là qui a fait réagir les producteurs agricoles du Québec», constate M. Groleau.

Ce revers a poussé M. Bernier à quitter le Parti conservateur, en 2018, puis former son propre Parti populaire du Canada. Qui s’affiche haut et fort contre le «cartel» de la gestion de l’offre.

«Tous les autres partis sans exception ne remettent pas en question la gestion de l’offre, poursuit le producteur laitier de Thetford Mines. La démonstration est faite que sans gestion de l’offre, ça coûterait beaucoup plus cher au gouvernement canadien pour soutenir l’agriculture. Il n’y a pas de miracle!

«Pour avoir un revenu qui permet de maintenir la production, dans les autres pays, on subventionne la production laitière. Ici, au lieu de subventionner, on réglemente pour assurer un revenu décent. La démonstration est faite que c’est moins coûteux pour le gouvernement et pas beaucoup plus pour les consommateurs», indique le président général de l’UPA, ajoutant que la gestion de l’offre évite de plus les conséquences environnementales qu’aurait autrement le long transport des produits d’une province à l’autre.

L'Est du Québec

Saaremaa I: une erreur humaine a causé l'incident, dit Bonnardel

Une erreur humaine est à l'origine de l'incident survenu mercredi à la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout, a commenté jeudi le ministre des Transports, François Bonnardel.

Cet incident, qualifié de «mineur» par ce dernier, s'ajoute cependant à toute une série de déconvenues qui viennent perturber depuis des mois la circulation entre les deux rives du fleuve, en vue de permettre à ceux qui le désirent de relier le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord.

«La saga malheureuse» de la traverse de Matane se poursuit, a commenté le ministre en mêlée de presse, jeudi, disant malgré tout chercher «à redorer le blason» de la Société des traversiers du Québec (STQ), malmenée ces derniers mois par les déboires successifs du traversier F.-A.-Gauthier et du navire Apollo.

Mercredi, c'était au tour du traversier Saaremaa I, qui a été endommagé après avoir accosté à Godbout, sur la Côte-Nord, un scénario semblable à ce qui s'est produit dans le passé, à plusieurs reprises, avec les traversiers précédents.

L'incident de mercredi n'a fait aucun blessé, mais a forcé les autorités à détourner le trafic vers Baie-Comeau pour un temps indéterminé.

Toutes les traversées à l'aller comme au retour ont dû être annulées.

C'est un «manque de communication entre le capitaine et l'officier» qui a causé l'incident, a expliqué le ministre Bonnardel, disant ignorer pour l'instant l'étendue des dégâts et le cout des réparations à venir.

SItuation «exaspérante»

Le ministre a qualifié la situation d'«impardonnable».

Avant le Saaremaa I, il y avait eu l'Apollo.

Dans un passé récent, le navire Apollo, un vieux navire payé 2 millions $ qui devait prendre la relève du F.-A.-Gauthier, avait lui aussi à deux reprises frappé le quai de Godbout, avant d'être retiré de l'eau après seulement un mois de service.

Et avant l'Apollo, il y avait eu le F.A.-Gauthier.

Acquis au cout de 175 millions $, le navire, qui devait au départ couter beaucoup moins cher, a été mis hors service en décembre dernier, en raison de vices de construction majeurs, après moins de quatre ans de service.

La semaine dernière, le gouvernement demandait à la vérificatrice générale de faire enquête sur les vices de construction associés au traversier F.-A.-Gauthier.

Le chef péquiste par intérim, Pascal Bérubé, qui est aussi député de Matane, a dit juger la situation «exaspérante».

Il demande au gouvernement de préparer un plan visant à dédommager les gens qui ne peuvent plus utiliser le traversier.

Justice et faits divers

La Cour suprême refuse d’entendre un policier qui voulait poursuivre la GRC

TORONTO - Un policier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui accusait ses supérieurs d’avoir mené une campagne acharnée pour ruiner sa carrière a perdu sa bataille judiciaire de 12 ans visant à poursuivre la GRC pour harcèlement. La Cour suprême du Canada a refusé jeudi d’entendre l’affaire.

Le sergent Peter Merrifield souhaitait que le plus haut tribunal du pays invalide la décision de la Cour d’appel de l’Ontario, qui avait annulé un jugement de première instance en sa faveur.

M. Merrifield s’était joint à la GRC en 1998. Dans sa poursuite, intentée en 2007, il affirmait que ses supérieurs avaient mené une campagne pour miner sa réputation, après sa participation à une assemblée d’investiture du Parti conservateur fédéral à Barrie, en Ontario, en 2005. Ses supérieurs lui auraient selon lui fait subir des transferts punitifs et l’auraient accusé sans fondement de gestes criminels pendant une période de sept ans.

La poursuite visait la GRC, l’enquêteur James Jagoe et le surintendant Marc Proulx. M. Merrifield soutenait notamment que ses supérieurs avaient secrètement enquêté sur son compte, avaient scruté ses dépenses professionnelles, l’avaient empêché de prendre part à des enquêtes majeures, l’avaient insulté devant des informateurs et intimidé. Tout cela parce qu’ils soutenaient, selon lui, que le policier avait utilisé la GRC pour faire avancer sa carrière politique.

Dans un jugement rendu en février 2017, à l’issue d’un procès de 40 jours, la Cour supérieure de l’Ontario avait conclu que des officiers supérieurs de la GRC avaient effectivement harcelé sans pitié M. Merrifield et porté atteinte à sa carrière, parce qu’ils avaient décidé que le policier leur avait menti au sujet de sa tentative infructueuse de se porter candidat conservateur.

La Cour supérieure a octroyé 141 000 $ pour harcèlement et mauvais traitements, ainsi que 825 000 $ supplémentaires pour couvrir les frais de sa longue saga judiciaire. Ce jugement a toutefois été infirmé par la Cour d’appel en mars dernier. La Cour a notamment conclu que le père de trois enfants avait joué un rôle dans ses malheurs parce qu’il n’avait pas été tout à fait sincère avec ses supérieurs et qu’il leur avait donné des motifs de se méfier de lui.

L’avocate de M. Merrifield a exprimé sa déception face au refus de la Cour suprême d’entendre l’affaire, jeudi. «Nous savons tous que le harcèlement et l’abus de pouvoir sont des problèmes réels au sein de la GRC, a déclaré Me Laura Young. La loi est incohérente sur ces questions (...) Elle aurait donc bénéficié de l’examen minutieux de la Cour suprême.»

Politique

Le ministre de l’Éducation imite Séraphin en pleine Assemblée nationale [VIDÉO]

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge s’est amusé à imiter le personnage de Séraphin Poudrier à la période des questions à l’Assemblée nationale jeudi.

M. Roberge répondait à une question de la députée libérale Marwah Rizqy, qui accusait le gouvernement de signer un chèque en blanc afin de bâtir des classes de maternelle 4 ans. 

Le ministre s’est fait avertir par le président de l’Assemblée nationale François Paradis, ce qui ne l’a pas empêché d’en remettre. 

Son imitation a fait réagir le leader parlementaire libéral Marc Tanguay, qui croit qu’elle attaque la dignité de l’Assemblée nationale. 

Politique

Les libéraux réclament un moratoire sur les «esports» dans les écoles du Québec

QUÉBEC - Les libéraux réclament un moratoire dans le dossier des sports électroniques («esports») à l’école.

Les députés André Fortin et Enrico Ciccone demandent au gouvernement caquiste de stopper le déploiement de ce type de programmes, le temps qu’on évalue leurs impacts sur la santé des jeunes.

Contrairement aux programmes de sports-études et d’arts-études, les «esports» peuvent créer une dépendance chez les jeunes, ont-ils soutenu en point de presse à l’Assemblée nationale, jeudi.

«Je pense qu’on devrait mettre une halte à ça immédiatement, a déclaré M. Ciccone, porte-parole libéral en matière de sport et de saines habitudes de vie, et ex-hockeyeur. On devrait arrêter, tout simplement, dire: «Regardez, on est peut-être allé trop vite».»

«Une dépendance en baseball, ça n’existe pas, a renchéri son collègue, le député de Pontiac, André Fortin. Une dépendance en musique, ce n’est pas un problème.»

Ils se sont par ailleurs indignés du refus du gouvernement d’autoriser un mandat d’initiative qui aurait permis à la Commission de la santé et des services sociaux d’étudier l’impact des technologies chez les jeunes.

Les libéraux craignent l’accroissement de la cyberdépendance et de la sédentarité chez les jeunes. Ils disent constater que pour bien des parents, la gestion du temps d’écran autorisé à leurs enfants est devenue un combat de tous les instants.

En outre, ils abhorrent le terme «esports», car les sports électroniques ne sont pas un sport à proprement dit.

Plusieurs écoles québécoises ont commencé à se doter de programmes en «esport». C’est le cas entre autres de l’école secondaire Édouard-Montpetit, du Collège du Mont-Saint-Anne et de la polyvalente Arvida.

Un programme à Québec

À Québec, l’Académie Sainte-Marie dit être fière d’accueillir la première cohorte d’élèves dans la ville de Québec au niveau secondaire en «esport» dès 2020-2021.

Le programme permettrait aux jeunes de développer des compétences en stratégies de jeu, en communication et travail d’équipe, de suivre un programme d’entraînement physique et de saines habitudes de vie ainsi qu’être sensibilisés à la cyberdépendance.

Dans le cadre de référence de la compétence numérique qu’il a présenté en avril, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est montré ouvert aux jeux vidéo à l’école.

Interrogé lundi, en marge d’un point de presse sur la prévention des dépendances, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a toutefois reconnu que le gouvernement manquait de données.

Il a dit vouloir tenir un forum sur cet enjeu en 2020, et rappelé que le ministère de l’Éducation a déjà créé une chaire de recherche pour évaluer l’impact de ces nouveaux programmes sur les jeunes. Pour les libéraux, un forum n’empêche pas la tenue d’une commission parlementaire.

«Ça confirme ce que le premier ministre disait il y a quelques mois, que, pour lui, les commissions parlementaires, ce n’est pas à elles de décider, ce n’est pas à elles de recommander, le gouvernement est capable et devrait faire cet exercice-là lui-même», a déclaré M. Fortin, en déplorant avoir très peu de détails au sujet du forum qui sera organisé par le gouvernement.

«On ne connaît pas le mandat, on ne sait pas qui sera présent, on ne sait pas si les parlementaires vont avoir la chance, un, d’y participer, deux, de poser des questions et, trois, de décider un peu du format de ce forum-là.»

Éducation

Université Laval: sommet sur le climat à l'été 2020

L’Université Laval sera l’hôtesse du premier Sommet international jeunesse universitaire pour l’action climatique qui aura lieu au cours de l’été 2020. L’institution espère réunir dans la capitale quelque 300 étudiants et conférenciers durant une semaine.

«C’est une première au Québec, je pense que c’est une première au Canada. Il y a eu quelques grands sommets dans le monde étudiant anglophone, mais très certainement ici chez nous c’est une grande première», avance la rectrice Sophie D’Amours.

Le Sommet va permettre à des jeunes de plusieurs pays, qui font face à une grande diversité d’effets des changements climatiques, d’échanger dans la capitale. Et d’y chercher des solutions, fait-elle valoir. «C’est une occasion unique de mettre en valeur la science québécoise, la connaissance québécoise.»

L’événement, publicisé jeudi en conférence de presse, sera piloté par l’Institut en environnement, développement et société (EDS) de l’Université Laval. On annonce des débats et conférences traitant notamment : de la transition vers une «économie sobre en carbone» ; des migrations humaines et des conflits liés aux changements climatiques ; de biodiversité ; de sécurité alimentaire ; des perturbations environnementales extrêmes…

«Une urgence climatique pèse sur nos têtes», observe le directeur de l’EDS, Étienne Berthold. Et les générations montantes s’attaqueront à l’adaptation de l’humanité aux changements à venir. «Ce sont les jeunes qui mettront à leur main ce qu’on appelle aujourd’hui développement durable.»

«La lutte contre les changements climatiques est un combat qui surpasse tous les autres», ajoute le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charrette, annonçant une contribution de 300 000 $ du gouvernement québécois.

L’organisation du Sommet évalue son budget à 700 000 $.

L’établissement d’enseignement compte renouveler l’expérience aux deux ans.

Politique

Bienvenu ou pas, le ministre Benoit Charette ira marcher pour le climat [VIDÉO]

Le ministre de l’Environnement Benoit Charette maintient sa participation à la marche pour le climat à Montréal le 27 septembre, même si l’un des groupes à l’origine de cette initiative lui a fait savoir qu’il n’est pas le bienvenu.

«Je relativise. Il y a un groupe parmi une coalition de quelques dizaines de groupes qui a manifesté sa prise de position. Ce n’est pas une prise de position qui est partagée», a-t-il réagi jeudi en mêlée de presse.

M. Charette a modifié son agenda en début de semaine pour être en mesure de représenter le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) à la Journée mondiale de mobilisation pour le climat, à laquelle participe aussi la jeune militante suédoise Greta Thunberg. 

Mercredi soir, le collectif La planète s’invite au parlement a fait savoir dans une publication Facebook que le ministre Charette n’est pas le bienvenu et qu’il doit plutôt retourner faire ses devoirs. «Vous êtes responsable, autant que les gouvernements qui vous précèdent, de la crise dans laquelle nous sommes actuellement. Votre gouvernement ne s’enligne aucunement pour mettre en place les mesures qui sont nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 oC», écrit le collectif. 

À LIRE AUSSI : Le ministre Benoit Charette pas le bienvenu à la marche pour le climat

«C’est un groupe parmi tant d’autres», a réagi M. Charette, qui ne craint pas de devenir une cible. Il n’a pas l’intention de renforcer la sécurité qui l’entourera lors de cette marche. «C’est des marches qui se déroulent dans le calme, des gens qui manifestent pour une cause qui est tout à fait valable, qui est juste. Donc non, je n’ai pas d’inquiétude à ce niveau-là.»

Le ministre caquiste indique que son gouvernement est au travail et pourra être jugé plus tard quant à sa réaction face à la crise environnementale. «On avance et dès le début de l’année 2020, on sera en mesure de présenter un plan tout à fait constructif et réaliste en matière d’environnement.»

Le premier ministre du Québec François Legault a quant à lui confirmé mercredi qu’il ne participera pas au rassemblement, au grand dam des partis d’opposition à l’Assemblée nationale. Avec La Presse canadienne

La Capitale

Le maire de Lévis présente sa liste d’épicerie

Appui au troisième lien, pérennité du pont de Québec, facilitation de l’immigration. Le maire de Lévis a fait connaître les engagements qu’il souhaite obtenir des partis politiques à l’élection fédérale du 21 octobre.

Gilles Lehouillier a détaillé jeudi les six principaux items de sa liste d’épicerie. Des demandes qui s’adressent autant aux candidats des circonscriptions de Lévis–Lotbinière et de Bellechasse–Les Etchemins–Lévis qu’aux chefs des partis. Pour le maire, les dossiers d’infrastructures et d’emploi sont au cœur des requêtes.

M. Lehouillier souhaite que tous les partis s’engagent à acquérir le pont de Québec et obligent le CN à payer une partie du coût de la peinture. «Pour nous, c’est le scénario idéal. On espère plus que seulement se cacher derrière un médiateur», a-t-il lancé, concernant la nomination par les libéraux avant l’élection d’un médiateur pour négocier avec le CN.

Le maire réclame aussi des fédéraux de se compromettre dans le dossier du troisième lien, qu’il appelle maintenant le projet de tunnel Québec-Lévis. «Jusqu’à présent, nous savons que le Parti conservateur a acheminé à François Legault une lettre disant qu’après l’élection de leur gouvernement, il y aurait une participation financière.» Il attend la même confirmation des autres partis, dont les libéraux qui, selon lui, sont encore à «raffiner leur position».

Justice et faits divers

Un homme poignardé dans le quartier Vanier

Un homme dans la cinquantaine a été poignardé, jeudi matin, dans le quartier Vanier, à Québec.

Vers 10h, un témoin a informé les policiers d’une querelle entre deux locataires d’un immeuble à appartements de l’avenue Santerre, à l’intersection de la rue Beaucage. 

À l’arrivée des policiers, la victime «avait des blessures apparentes au torse d’une arme blanche», indique David Poitras, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

Le quinquagénaire saignait, mais il était conscient et respirait. «On ne craint pour sa vie», précise M. Poitras. 

Un suspect de 32 ans a été arrêté à proximité pour agression armée. Il est détenu et doit être rencontré par les enquêteurs. 

On ignore pour le moment ce qui a entraîné le conflit entre les deux hommes. 

Justice et faits divers

La SQ interroge 17 personnes concernant la fuite de données chez Desjardins

MONTRÉAL — Près de trois mois après le dévoilement d’un vol massif de renseignements personnels ayant touché 2,9 millions membres du Mouvement Desjardins, la Sûreté du Québec (SQ) a interrogé jeudi 17 personnes d’intérêt dans cette affaire.

Dans le cadre de l’enquête baptisée «Portier», le corps policier a rencontré 91 témoins dans les secteurs de Québec, Montréal et Laval plus tôt cette semaine.

Ces démarches ont incité la SQ à interroger 17 personnes d’intérêt, qui auraient, par exemple, voulu acheter certains des renseignements dérobés ou être au courant de certains autres éléments dans cette affaire.

«Quatre résidences et deux commerces ont permis aux policiers de saisir du matériel informatique à des fins d’analyse, a indiqué l’agente Marie-Pier Lorrain, de la SQ, au cours d’un entretien téléphonique. L’enquête se poursuit, c’est loin d’être terminé.»

Plus de 200 policiers et une dizaine de membres civils ont participé à cette vaste opération, selon les informations publiées par le corps policier par voie de communiqué.

De son côté, une porte-parole du Mouvement Desjardins, Chantal Corbeil, a réitéré que le groupe financier coopératif collaborait «étroitement» avec les autorités policières, mais elle n’a pas voulu commenter les opérations effectuées cette semaine.

Dans la foulée du vol de données, la SQ avait annoncé la mise en place d’une équipe intégrée d’enquête incluant le Service de police de Laval, le Service de police de la ville de Montréal, le Service de police de la ville de Québec et le Service de police de Lévis.

Jusqu’à présent, l’enquête a démontré qu’un employé malveillant de Desjardins, qui a été congédié, a agi de manière illégale.

L’affaire a plongé la coopérative établie à Lévis dans la tourmente puisque les informations personnelles, dont des numéros d’assurance sociale, de 2,7 millions de membres particuliers et 137 000 entreprises avaient été dérobées par un employé.

Desjardins avait offert un abonnement, bonifié à cinq ans, au service de surveillance assuré par la firme Equifax, mais les inscriptions ne progressaient pas au goût de la haute direction. En juillet, le groupe coopératif avait décidé d’élargir les mesures de protection à l’ensemble de sa clientèle.

Élections 2019

«Blackface»: «J'aurais dû mieux savoir», déclare Justin Trudeau

OTTAWA — Justin Trudeau dit que c’est sa vie passée de «privilégié» qui l’a empêché de voir à quel point arborer un «blackface» était offensant. Le chef libéral affirme aussi que ses contacts avec la communauté multiethnique de son comté de Papineau ont influencé son éducation depuis sa jeunesse dorée.

«Je n’en ai jamais parlé publiquement parce que je suis profondément gêné de ce comportement. Ça ne représente pas la personne que je suis, la personne et le politicien que je suis devenu. J’aurais dû mieux savoir», a déclaré un Justin Trudeau contrit, debout dans un square à Winnipeg, jeudi après-midi.

Trois épisodes passés d’images embarrassantes ont surgi depuis mercredi. Le magazine américain Time a d’abord publié une photo d’un album d’une école de Vancouver où Justin Trudeau a travaillé comme enseignant.

On y voit M. Trudeau le visage couvert de maquillage qualifié de brownface par Time.

Très vite, mercredi soir, le chef libéral s’est excusé pour cet épisode où, en 2001, il s’était déguisé pour une soirée costumée au thème des «Mille et une nuits».

Il a alors admis qu’il y avait eu un autre moment où il s’était peint le visage en noir. C’était au Collège Brébeuf, lors d’un spectacle, le temps de chanter un succès de Harry Belafonte.

Puis, jeudi matin, une courte vidéo a été diffusée par le réseau de télévision Global qui l’avait obtenue du Parti conservateur. Sur la vidéo qui n’offre que des images, pas de son, on voit un jeune Trudeau qui lève les bras et ouvre la bouche.

À Winnipeg, M. Trudeau a révélé que cette autre occasion où il a cru bon se peindre le visage et les bras en noir remonte au début des années 1990 alors qu’il était guide de rivière.

Pendant plus de 30 minutes, M. Trudeau a répondu aux questions des journalistes sur cette affaire embarrassante qui s’est retrouvée à la une de plusieurs médias dans le monde.

Il a repris un journaliste qui lui parlait de «maquillage», affirmant qu’il fallait nommer les choses telles qu’elles sont et que ce qu’il a fait était arborer un blackface, geste inexcusable pour lequel il a demandé pardon.

«Je dois reconnaître que j’étais aveugle moi-même à la douleur que j’ai pu causer à ce moment-là et que je cause maintenant à des gens qui comptent sur moi pour les défendre», a également admis M. Trudeau, qui assure qu’il ne se souvient pas de tous les épisodes où il a pu se peindre le visage en noir et ne peut donc pas assurer que tous ses squelettes sont sortis du placard.

À l’origine, le blackface était une façon de dénigrer les Noirs américains sur scène. Ces dernières années, tout déguisement semblable est devenu associé à du racisme.

Environnement

Le ministre Benoit Charette pas le bienvenu à la marche pour le climat

MONTRÉAL - Le collectif «La planète s’invite au Parlement», qui est à l’origine de l’invitation de Greta Thunberg à Montréal, a indiqué mercredi soir que le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, n’était pas le bienvenu à la grande marche du 27 septembre.

Le collectif «La planète s’invite au Parlement» est à l’origine de la plupart des manifestations pour le climat qui se sont déroulées à Montréal dans les derniers mois, il fait aussi partie des organisations derrière la grande manifestation pour l’environnement du 27 septembre.

Mercredi soir, le collectif a signifié, sur Facebook, que la présence du ministre caquiste Benoit Charette, n’était pas la bienvenue, car le programme de la Coalition avenir Québec va à l’encontre des objectifs de la marche.

«Vous êtes responsable, autant que les gouvernements qui vous précèdent, de la crise dans laquelle nous sommes actuellement. Votre gouvernement ne s’enligne aucunement pour mettre en place les mesures qui sont nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 1,5C», peut-on lire dans le message du collectif.

La planète s’invite au Parlement a ajouté que le développement du troisième lien à Québec, le projet gazier GNL Québec ou «le terminal maritime de kérosène pour alimenter des aéroports ontariens» sont des projets qui vont à l’encontre des exigences du «consensus scientifique pour éviter la catastrophe climatique.»

«À moins que vous teniez à manifester contre vous-mêmes?» a ajouté le collectif.

Le ministre Benoit Charette avait indiqué mardi qu’il se joindrait éventuellement aux marcheurs, «si l’agenda devait le permettre».

Le député de Bourget, le caquiste Richard Campeau, devrait lui aussi représenter le gouvernement à la marche.

Quant au premier ministre Legault, il a confirmé mercredi qu’il ne participera pas au rassemblement, au grand dam des partis d’opposition.

Le gouvernement a rejeté deux motions de l’opposition reliées à la marche contre la crise climatique.

L’opposition libérale, par la voix de la députée Marie Montpetit, invitait notamment le premier ministre à participer à la marche et à la «Climate Week» à New York, de même qu’à «reconnaître que le réchauffement climatique représente l’une des principales menaces pour l’économie du Québec».

L’autre motion, déposée par Québec solidaire, allait dans le même sens et a subi le même sort.

Santé

Alcool et drogues: 65 jeunes hospitalisés chaque jour au Canada

MONTRÉAL - Une hospitalisation sur 20, chez les jeunes de 10 à 24 ans, était attribuable aux problèmes liés à l’usage d’alcool ou de diverses drogues en 2017-2018, indique l’Institut canadien d’information sur la santé.

Dans sa plus récente étude, l’Institut révèle qu’il y a alors eu 23 580 séjours à l’hôpital chez les jeunes de 10 à 24 ans, soit un taux de 5 pour cent de tous les séjours à l’hôpital chez ces jeunes Canadiens.

C’est l’équivalent de 65 jeunes hospitalisés chaque jour au Canada, a précisé en entrevue Christina Lawand, chercheure principale à l’Institut.

Les «substances» prises en compte sont l’alcool, le cannabis, les opioïdes, les benzodiazépines, la cocaïne, la méthamphétamine et les autres, comme les solvants, hallucinogènes et produits inconnus.

Par province

Les résultats varient considérablement par province. La situation est particulièrement problématique dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, qui ont «des taux qui sont près de cinq fois plus importants que la moyenne canadienne», a souligné Mme Lawand.

On parle ici d’un taux de 1755 par tranche de 100 000 habitants pour les Territoires du Nord-Ouest et de 1095 par 100 000 habitants pour le Nunavut. À titre de comparaison, on parle d’un taux de 364 par 100 000 habitants pour l’ensemble du Canada.

Le Québec se situe sous la moyenne canadienne, avec un taux de 354 par 100 000 habitants, le Nouveau-Brunswick à 392 et la Nouvelle-Écosse à 260.

«Les provinces de l’Ouest sont généralement plus affectées que les provinces de l’Est», a noté la chercheuse Lawand.

Elle l’explique par des tendances historiques et certains facteurs socio-économiques comme la pauvreté. Par exemple, dit-elle, il est connu que les jeunes en région rurale sont plus susceptibles d’avoir des problèmes liés à l’utilisation de ces substances que les jeunes en milieu urbain, puisqu’il y a plus de services d’aide et de programmes de prévention en milieu urbain.

Santé mentale

La chercheuse s’inquiète du lien entre l’hospitalisation chez ces jeunes qui ont eu des problèmes après avoir consommé drogues et-ou alcool et les problèmes de santé mentale. Il peut s’agir de schizophrénie, de troubles psychotiques, de troubles anxieux, de troubles de l’humeur ou affectifs, par exemple.

«On voit que 70 pour cent des jeunes qui sont hospitalisés suite à l’utilisation d’une drogue ou de l’alcool sont aussi traités pour un problème de santé mentale. Et c’est une proportion environ deux fois plus élevée que pour les adultes qui sont hospitalisés suite à l’utilisation d’une substance», a-t-elle relevé.

Elle rappelle que cette étude de 2017-2018 date d’avant la légalisation du cannabis au pays.

Fait à noter, c’est le cannabis, suivi de l’alcool, qui entraîne la majorité des hospitalisations en raison des problèmes causés par l’utilisation de ces «substances» étudiées.

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La Capitale

Des proprios Airbnb de Québec contestent leurs amendes

EXCLUSIF / Des propriétaires poursuivis par la Ville de Québec pour avoir loué des appartements sur Airbnb se sont regroupés pour riposter en cour municipale, mercredi. Ils soutiennent notamment qu’une annonce ne suffit pas à prouver que des touristes ont été hébergés illégalement.

D’habitude, les propriétaires épinglés par la Ville se défendent individuellement. Mais cette fois, trois personnes et deux entreprises contestent ensemble 18 constats d’infraction qui totalisent 22 000 $ (une contravention coûte 1000 $ pour un individu et 2000 $ pour une entreprise). 

Mercredi matin, dans une salle de cour de Charlesbourg, l’avocate qui représente les défendeurs, Me Myriam Asselin, s’est notamment attaquée à la légalité du règlement municipal qui interdit aux propriétaires d’offrir une résidence touristique dans les endroits où le zonage ne le permet pas.

«Si on a gain de cause, la Ville pourrait devoir modifier son règlement de zonage et revoir toute sa façon de faire en matière d’inspection pour les usages de résidence de tourisme», a souligné Me Asselin, du cabinet Tremblay Bois avocats, en marge du procès. 

La Ville et la défense ont accepté que le sort d’une des infractions reprochées à un des propriétaires soit applicable aux 18 constats.

«dossier type» 

Le «dossier type» retenu est celui de François-Xavier Ratté, qui possède entre autres un immeuble sur la rue Hermine, dans le quartier Saint-Sauveur. M. Ratté a reçu une contravention pour avoir, le 29 janvier 2018, loué illégalement un appartement à des touristes. 

Le zonage prévu dans le secteur de son immeuble interdit effectivement les «résidences de tourisme», qui comprennent les établissements qui «offrent de manière publique, pour une période n’excédant pas 31 jours, une ou des unités d’hébergement en location à des touristes».

La défense ne conteste pas que M. Ratté ait fait une offre de location de moins de 31 jours. Mais Me Asselin a fait valoir que la Ville outrepasse ses pouvoirs en régissant l’offre (les annonces), alors qu’elle est censée régir l’usage (la location). 

Recherche et visite

La défense demande donc que la Ville ne puisse pas s’appuyer sur son règlement pour poursuivre François-Xavier Ratté et ses codéfendeurs, Mathieu Champagne, Vincent Clément-Gratton, le Groupe Serein immobilier et une compagnie à numéro. 

À défaut de l’être, la Cour devrait «minimalement conclure» que la preuve présentée par la poursuite ne démontre pas hors de tout doute raisonnable que les propriétaires qui ont mis une annonce Airbnb ont effectivement loué un logement à des touristes, soutient la défense. 

La Ville admet que ses inspecteurs bâtissent leur preuve contre les propriétaires en vérifiant les annonces sur Internet dans un premier temps. Puis, lors d’une visite postérieure, ils prennent des photos dans l’immeuble pour s’assurer que l’annonce correspond à l’unité d’hébergement. Les inspecteurs ne constatent pas la présence de touristes sur place à la date de l’infraction reprochée. Et la Ville ne fait pas témoigner les voisins en cour. 

«On tourne en rond»

Mais pour la procureure de la Ville de Québec, Évelyne Julien, la municipalité n’a pas à faire la démonstration qu’il y a eu une location effective. 

L’annonce de François-Xavier Ratté prouvait amplement sa culpabilité, a-t-elle fait valoir. Son calendrier de location était complètement ouvert pendant trois mois, a-t-elle noté. 

«Il n’y a pas d’autre usage qui est fait dans cet établissement que Airbnb», a dit Me Julien. «La défense n’a présenté aucune preuve qu’il y avait un autre usage», a-t-elle ajouté. «On tourne en rond.»

La juge Sabrina Grand se penchera sur les arguments de deux parties et rendra son jugement le 4 novembre

Vérification faite

Vérification faite: 19 G$ pour l’industrie pétrolière?

L’AFFIRMATION: «Je demande aux conservateurs et aux libéraux de tenir leur promesse et de mettre fin une fois pour toutes aux subventions aux énergies fossiles», a indiqué cette semaine le chef bloquiste Yves-François Blanchet, qui dénonce les «19 milliards $» en argent neuf qu’Ottawa aurait consentis à l’industrie pétrolière depuis l’arrivée des libéraux de Justin Trudeau au pouvoir, en 2015.

LES FAITS

Pour le contexte, rappelons qu’en 2009, le premier ministre conservateur Stephen Harper s’était engagé avec les autres membres du G20 à «éliminer progressivement et [à] rationaliser les subventions inefficaces aux combustibles fossiles». Pendant la campagne de 2015, le chef libéral Justin Trudeau avait repris cet engagement en y ajoutant l’échéance de 2025. Il semble cependant que le fédéral n’a pas fait beaucoup de progrès en ce sens jusqu’à présent, ont constaté le Vérificateur général en 2017 et la commissaire au développement durable le printemps dernier.

Maintenant, est-ce que le fédéral a vraiment allongé 19 milliards $ en aides diverses au secteur pétrolier (qui ne va pas très bien depuis quelques années) depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir? Plusieurs rapports sur cette question chiffrent plutôt les «subventions» canadiennes (incluant les congés fiscaux et toute autre forme d’aide) à environ 3 milliards $ par année en comptant tous les paliers de gouvernement, dont seulement 1,2 milliard du fédéral. Le Bloc affirme que ces 19 milliards $ se sont ajoutés à cette somme.

Pour arriver à ce chiffre, le Bloc québécois a compté 1,7 milliard $ en «nouvelles lignes de crédit» pour les producteurs de pétrole, ce qui fut effectivement annoncé en décembre dernier. Les bloquistes comptent également 2,7 milliards $ d’incitatifs fiscaux consentis en novembre 2018 à toutes les entreprises canadiennes pour encourager les investissements. Ces allègements s’élèvent à 14,4 milliards $ au total, et la part projetée des pétrolières s’élèverait à 2,7 milliards $. Notons que cette somme est plus problématique puisque le communiqué du Bloc parle de sommes investies «dans le dernier mandat» alors qu’il s’agit de projections jusqu’en 2023. En outre, comme toutes les projections, il n’est pas sûr que celles-ci vont se réaliser.

Mais de toute manière, le gros du 19 milliards $ vient de l’achat du pipeline KinderMorgan par Ottawa, annoncé en 2017 pour 4,7 milliards $, et du projet d’expansion que le fédéral a repris après le désistement de l’entreprise pipelinière KinderMorgan. L’agrandissement coûtera entre 9 et 10 milliards $ et vise à «libérer» le pétrole albertain du goulot d’étranglement que représentent les pipelines actuels, qui ne suffisent pas à la tâche (ce qui déprime les prix obtenus par les producteurs des Prairies). Ces sommes-là non plus n’ont pas à proprement parler été «dépensées dans le dernier mandat», mais comme l’agrandissement de Trans Mountain devrait débuter sous peu, elles sont quand même «déjà engagées».

La question est donc : est-ce qu’on peut raisonnablement considérer ce rachat et la prise en charge de l’agrandissement comme une «subvention» ? Il est évident que cela ne correspond pas à la définition classique, mais cela n’en reste pas moins une «forme d’aide» de l’État qui s’y apparente, dit l’économiste de l’Université d’Ottawa et spécialiste du secteur de l’énergie Jean-Thomas Bernard.

«Imaginons que le fédéral ne soit pas intervenu, explique-t-il. Il est possible que KinderMorgan aurait alors décidé de tout simplement retirer son projet d’expansion. […] Alors le fédéral est arrivé et a dit : “Moi, je vais le mener à bien, ce projet-là.” Et ça, à un moment où le privé trouvait que c’était devenu trop risqué. Alors ça veut dire que c’est le fédéral qui a absorbé ce risque-là, et on peut donc considérer ça comme une forme de subvention.»

Son collègue Pierre-Olivier Pineau, de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie (HEC), est grosso modo du même avis. Il ajoute cependant qu’«utiliser le montant total de l’achat comme une subvention est sans doute un abus parce que l’argent n’est pas entièrement donné à l’industrie [ndlr : Ottawa pourrait par exemple en tirer des revenus et/ou revendre le pipeline, mais c’est difficile d’établir la part exacte».

De son côté, l’économiste de l’Université Laval Stephen Gordon n’est «pas si sûr» qu’il s’agit bien d’une forme de subvention ou d’aide étatique. «Le fédéral avait le droit et l’obligation d’assumer ses responsabilités en ce qui concerne le commerce interprovincial. Acheter Trans Mountain était la façon le plus rapide et moins chère.

«Le fédéral était capable d’acheter Trans Mountain à un bon prix, ajoute-t-il, parce que aucun investisseur n’était prêt à faire face aux harcèlements de la Colombie-Britannique [ndlr : dont le gouvernement est farouchement opposé au projet]. Une fois l’oléoduc construit, la valeur de Trans Mountain — sans le risque politique — sera plus élevée. Bien sûr, il y a un risque, mais il est loin d’être certain que le fédéral sera perdant.»

LE VERDICT

Vrai, mais seulement en partie. Le gros du 19 milliards $ est rattaché à Trans Mountain, et a donc été dépensé ou engagé dans le dernier mandat. Il ne semble pas déraisonnable de compter ce projet dans le total, bien que les experts n’en soient pas tous convaincus. Mais comme il est possible que Ottawa tire des revenus du futur pipeline, et il est très difficile pour l’instant de déterminer quelle part des investissements fédéraux pourra être assimilée à une «subvention» ou une forme d’«aide étatique».

Politique

Isabelle Melançon appuie la presse régionale [VIDÉO]

La députée libérale Isabelle Melançon avait déposé une motion sur l’exemplarité de l’État en chambre parlementaire le 2 mai dernier stipulant que le gouvernement devait privilégier la presse régionale plutôt que les géants du Web pour les investissements en publicité. La motion avait été acceptée à l’unanimité. Mercredi, la députée apprenait qu’aucun effort n’avait été déployé pour faire respecter cette motion.

La députée de Verdun était en visite au Soleil mercredi afin de démontrer son appui envers la presse régionale, dont le Groupe Capitales Médias (six journaux du Québec), qui s’est placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers le 19 août dernier. Dans les dernières semaines, elle a aussi visité les bureaux de La Voix de l’Est et du Nouvelliste.

«Je voulais faire le tour pour rencontrer les gens, je vois à quel point c’est dynamique. Il y a de l’expérience, il y a de la nouveauté. Je vois aussi des bureaux qui sont vides. J’ai compris que les gens du Soleil ne sont pas assis sur leurs mains. Il y a déjà du travail qui avait été fait, indique Mme Melançon. L’importance des journaux, elle ne date pas d’hier. L’information de qualité, partout sur le territoire du Québec, c’est nécessaire. Et une information diversifiée aussi, il faut se le rappeler», a partagé la députée. 

La motion du 2 mai dernier voulait que le gouvernement arrête d’injecter des sommes dans les géants du Web, comme Facebook ou Google, et qu’il investisse plutôt dans la publicité dans les médias locaux et régionaux.

«J’ai fait une demande d’accès à l’information. J’ai appris qu’aucune correspondance n’avait été acheminée de la part de Nathalie Roy. Rien n’a été fait. Quand la ministre me dit : “Je suis en action”, je trouve ça tellement dommage, c’était facile à faire», indique Mme Melançon.

Conformément aux dispositions de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, la députée souhaitait avoir copie de toute lettre ou directive de la part de Culture et des Communications à tout ministère ou organisme au sujet des placements publicitaires gouvernementaux depuis le 18 octobre 2018.

«Au terme des recherches effectuées, nous constatons que nous ne détenons aucun document», peut-on lire dans la réponse du ministère, dont Le Soleil a pu prendre connaissance.

La députée de Verdun juge que «la ministre de la Culture est totalement absente depuis le début de ce débat». Elle reconnaît qu’un chèque de 5 millions $ a été fait pour permettre au Groupe Capitales Médias de poursuivre ses activités jusqu’à la mi-novembre, mais rappelle que «la ministre de la Culture disait que c’était de garrocher de l’argent par les fenêtres».

Motion refusée

Mercredi, en rencontre parlementaire, Mme Melançon a déposé une autre motion en lien avec la crise des médias. La motion parlait notamment d’imposer une taxe de 3 % sur les revenus des géants du Web, comme le fait la Norvège et la France.

«Je demandais au gouvernement du Québec de bouger. On en parle beaucoup, mais on n’a pas beaucoup agi. Tout le monde des oppositions, et même les indépendants, m’appuyait à l’intérieur de cette motion-là. Je demandais de passer à l’action, malheureusement ils ont décidé de dire non.»

La motion voulait aussi que le gouvernement se montre exemplaire face aux investissements publicitaires qu’il choisit. 

«On ne sait pas où on s’en va. Il n’y a pas de pilote dans l’avion, en pleine crise, c’est tellement triste de voir que personne n’est aux commandes. Moi, je vais continuer à en parler, je vais continuer à demander au gouvernement de bouger.»