En mars 2016, Le Droit révélait que David-Francis Bursey était accusé d’agression sexuelle sur au moins deux garçons.

Quand le rêve de jeunesse devient cauchemar

Le procès d’un ex-moniteur accusé d’agression sexuelle sur deux enfants au camp Tim Hortons de Quyon, à Pontiac, a pris son envol lundi, à Gatineau. Une première victime alléguée, encore sous le choc douze ans plus tard, a raconté son réveil troublant aux mains de celui qui était responsable de son groupe, en 2005.

L’accusé, David-Francis Bursey, fait partie de l’infanterie des Forces armées canadiennes depuis 2013. Selon le ministère public, l’homme, qui réside aujourd’hui à Edmonton, était en position d’autorité sur de jeunes garçons, à l’époque.

Les enfants avaient été choisis pour participer au programme de la Fondation Tim Hortons, d’une durée de deux semaines, en Outaouais.

« J’étais si excité à l’idée de participer à cette activité, a raconté Jared (nom fictif). J’allais prendre l’avion pour la première fois, et participer à ce camp d’été. »

À l’aéroport, Jared a fait la rencontre de celui qui allait être son moniteur, David « Rodéo » Bursey.

Les affaires allaient rondement : tir à l’arc, promenade en forêt, bref, tout ce que des enfants ont l’habitude de faire dans un camp d’été.

Un soir, le groupe a participé à une nuit de camping, avec feu de joie et histoires d’horreur. « On avait du bon temps. Il y avait des jeunes de partout au pays. C’était super. »

De retour dans leurs petites habitations servant de dortoir, les enfants sont allés au lit. Jared s’est endormi.

« Dans la nuit, quelqu’un m’a réveillé doucement, raconte-t-il. Il (David Bursey) me frottait le dos par-dessus mon chandail. Puis, il a flatté en avant, de la poitrine en descendant, par dessus le pyjama. Il a mis ma main sur sa poitrine. On en était à se flatter mutuellement. Puis il a poussé ma main sur son pénis. C’était par-dessus son sous-vêtement. »

Le témoin, aujourd’hui adulte, a raconté d’une voix très basse, dans le fin détail, son séjour au camp, puis la nuit fatidique. « J’ai encore ce même sentiment en tête. Je voulais partir et courir, mais j’en étais incapable. Il me disait : “C’est correct, tu peux le faire (en parlant des attouchements).” »

En mars 2016, Le Droit révélait que David-Francis Bursey était accusé d’agression sexuelle sur au moins deux garçons. La police de la MRC des Collines croit toujours possible qu’il y ait d’autres victimes.

M. Bursey, qui a plaidé non coupable à tous les chefs, a gardé le silence en salle d’audience, prenant beaucoup de notes. Son avocat, Me Jean-François Benoit a demandé lors du contre-interrogatoire si la victime était absolument certaine qu’il s’agissait de son moniteur. Les faits se sont produits dans la pénombre.

Une des victimes aurait signalé son agression en 2005, mais à l’époque, la police de a MRC des Collines n’a pas pu compléter son enquête.

La procureure de la Couronne, Me Christine Lambert, entend prouver les allégations par preuve similaire, en démontrant que les deux victimes ont sensiblement un récit semblable des événements, même si elles ne se connaissent pas.

David-Francis Bursey a été à l’emploi du camp Tim Hortons de 2004 à 2006.

La compagnie Tim Hortons a collaboré à l’enquête.

Le Camp des voyageurs Tim Hortons a ouvert ses portes en 1994 à Quyon. Il est situé près de la baie de Pontiac de la rivière des Outaouais.