Slavko Sebez accuse les autorités de ne pas avoir pris de mesures pour corriger les problèmes de santé liés à la qualité de l’air.

Qualité de l’air: la Ville de Québec et la Santé publique assurent être «en action»

La Ville de Québec et la Direction régionale de santé publique assurent qu’elles ne restent pas les bras croisés devant les problèmes de qualité de l’air dans le secteur Basse-Ville–Limoilou–Vanier.

Le Soleil rapportait mercredi les propos d’un expert en santé communautaire et environnementale, Slavko Sebez, qui accusait les autorités concernées de ne pas avoir pris encore de mesures pour corriger les problèmes de santé liés à la qualité de l’air dans ce secteur du centre-ville. Il évoquait notamment les données sanitaires inquiétantes publiées en mars 2018 par la Santé publique. 

«On ne peut pas juste se contenter de constater l’existence d’un problème. Outre l’obligation d’informer la population de l’état de santé général des individus, le Directeur de santé publique est responsable dans sa région d’identifier les situations susceptibles de mettre en danger la santé de la population et de voir à la mise en place des mesures nécessaires à sa protection», disait M. Sebez, qui pointait plus particulièrement les émissions de polluants provenant de l’incinérateur de la Ville de Québec.

Réponse de la Ville et du CIUSSS de la Capitale-Nationale, de qui relève la santé publique : une étude sur la qualité de l’air a été commandée «afin d’identifier précisément où il faut agir pour améliorer la santé de la population», précise Karine Primard, porte-parole du CIUSSS. Le rapport final ne sera prêt que dans un an et demi, mais les premiers résultats obtenus dans le cadre de cette étude seront présentés aux médias et à la population dans quelques semaines, en janvier. 

La conseillère Suzanne Verreault, responsable de l’environnement à la Ville de Québec, a vu ces résultats préliminaires. «Tout ce que je peux vous dire, c’est que ce n’est pas [aussi pire] que le pense Slavko Sebez», a-t-elle glissé, sans en dire davantage. «Je ne suis pas une scientifique, je ne m’improviserai pas comme ça aujourd’hui», a ajouté Mme Verreault, laissant aux personnes compétentes le soin d’expliquer et de vulgariser ces résultats. 

À propos de l’incinérateur, Mme Verreault a convenu qu’il y avait effectivement des dépassements des normes pour le monoxyde de carbone. Mais «le plan d’action de la Ville prévoit l’installation de brûleurs au gaz sur tous les fours pour régler le problème de CO», a rappelé la conseillère. «Ce n’est pas vrai qu’on ne fait rien, on travaille très fort» sur le dossier, a-t-elle dit. 

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on assure se préoccuper depuis plusieurs années des inégalités sociales de santé dans le secteur Basse-Ville-Limoilou-Vanier. 

Aussi la Direction de santé publique a-t-elle posé «de nombreuses actions», dont l’émission d’un avis sur le nickel et la mobilisation des entreprises, des décideurs et des experts pour améliorer la qualité de l’air dans Limoilou dans la foulée de l’épisode des poussières rouges, rappelle Karine Primard.  Avec Jean-François Néron