Soit le gouvernement devra prolonger la session parlementaire au-delà du 14 juin, soit il devra avoir recours à la procédure d’exception ou bâillon, selon le coporte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

QS dénonce l’«embouteillage législatif» causé par la CAQ

Il est mathématiquement impossible pour le gouvernement Legault d’adopter deux de ses plus importants projets de loi selon la procédure régulière d’ici la fin de la session, estime Québec solidaire (QS).

Soit le gouvernement devra prolonger la session parlementaire au-delà du 14 juin, soit il devra avoir recours à la procédure d’exception ou bâillon, selon le coporte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Dans tous les cas, ce ne sera pas la faute des partis d’opposition, qui font le travail pour lequel ils sont payés, a-t-il plaidé en mêlée de presse, lundi.

«L’embouteillage législatif» à l’Assemblée nationale est plutôt la faute du gouvernement caquiste, qui a mal planifié les travaux et qui a commis une «erreur» en confiant à un seul ministre, en l’occurrence Simon Jolin-Barrette, le mandat de piloter simultanément deux projets de loi majeurs sur l’immigration et la laïcité, a-t-il dit.

Ces deux projets de loi sont rendus à l’étape de l’étude détaillée et de l’adoption du principe respectivement.

Lundi, pendant que M. Jolin-Barrette était à l’étude du projet de loi 9, il n’était pas en Chambre pour débattre du principe du projet de loi 21.

Il a maintes fois accusé QS et le Parti libéral du Québec (PLQ) ces derniers jours de bloquer les travaux parlementaires.

Or, ce n’est tout simplement pas la «vérité», selon M. Nadeau-Dubois. QS n’a présenté à ce jour que quatre amendements dans le cadre de l’étude du projet de loi 9 sur l’immigration.

«La vérité, c’est que M. Jolin-Barrette n’aime pas être contredit par les oppositions dans les commissions parlementaires, et lui il appelle ça du blocage, moi j’appelle ça faire son travail d’opposition.»

Il est impossible d’adopter ces deux projets de loi d’ici deux semaines, dans la mesure où il ne reste que 33 heures de disponibles en commission parlementaire, selon lui. Le projet de loi 21 sur la laïcité contient 32 articles.

«C’est à peine une heure par article pour quatre partis politiques! a-t-il pesté. C’est mathématiquement impossible qu’on y arrive et ça, ça n’a rien à voir avec les oppositions, ça a rapport avec la planification du gouvernement.

«M. Jolin-Barrette a beaucoup de qualités, mais aux dernières nouvelles il n’a pas le don d’ubiquité», a renchéri M. Nadeau-Dubois.

Faisant preuve de prudence, le chef intérimaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, n’a pas voulu condamner le gouvernement. «(Cela traduit) une organisation perfectible des travaux parlementaires de la part du gouvernement», s’est-il contenté de dire.

Le projet de loi 9... à l’abri des caméras

Par ailleurs lundi, le leader parlementaire du PLQ, Sébastien Proulx, a critiqué le fait que le gouvernement ait choisi de poursuivre l’étude du projet de loi 9 dans une vieille salle (1.38) à l’abri des caméras, alors que de nouvelles salles, fraîchement inaugurées par l’Assemblée nationale, étaient disponibles.

«Vous savez, le gouvernement libéral nous a fait abondamment siéger à la salle 1.38, ça fait partie des salles qui sont disponibles. Et le gouvernement a décidé qu’on allait siéger à cet endroit», lui a répondu M. Jolin-Barrette.

Grâce au projet de loi 9, le gouvernement Legault veut modifier les règles de sélection des immigrants, pour assurer une meilleure adéquation entre les compétences professionnelles des requérants et les besoins du marché du travail.

«C’est un des projets de loi qui suscitent le plus de débats au Québec, je pense que c’est une question de respect à la fois pour la presse parlementaire et pour le grand public que de permettre que ces discussions-là se passent devant les caméras», a réagi M. Nadeau-Dubois.