Psychiatrie à Saint-Sacrement: les services en santé mentale bonifiés, assure le CIUSSS

À quelques heures de la fermeture des huit lits de l’urgence psychiatrique de l’Hôpital du Saint-Sacrement, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale a tenu à rassurer la population : l’offre de services en santé mentale ne diminuera pas. Au contraire, elle sera bonifiée, mais déployée différemment, davantage dans la communauté, a-t-on réitéré en conférence de presse.

«Tout est mis en œuvre pour s’assurer que la qualité des services offerts et la transition pour les personnes qui utilisent ces services-là se fasse de façon sécuritaire», a assuré le président-directeur adjoint du CIUSSS, Guy Thibodeau.

Plusieurs mesures, dont Le Soleil a fait état au cours des dernières semaines, ont été mises en place afin de non seulement maintenir l’accessibilité et la continuité des services, mais aussi de les bonifier significativement, a insisté M. Thibodeau.

Parmi elles, le maintien d’une équipe d’intervention et de liaison à l’urgence de l’Hôpital du Saint-Sacrement pour réorienter les patients, l’ajout de personnel à l’urgence psychiatrique de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, la consolidation de l’urgence psychiatrique du CHUL (avec l’ajout de personnel et de cinq civières additionnelles), l’ajout d’un psychiatre à la deuxième équipe de traitement intensif bref à domicile, l’ajout d’un psychiatre à l’hôpital de jour Chanoine-Morel (le CIUSSS compte trois hôpitaux de jour au total) et le démarrage d’une unité de traitement bref à domicile.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale vient également de signer une entente avec l’organisme PECH (Programme d’encadrement clinique et d’hébergement) afin d’offrir des services de crise 24/7. L’entente prévoit l’ajout de cinq lits d’hébergement temporaire «pour les personnes qui ont besoin d’être en sécurité pour un court laps de temps», a précisé Guy Thibodeau.

«Consolider» les urgences

Outre la volonté de se conformer aux «bonnes pratiques» en santé mentale et aux mesures incluses dans le Plan d’action en santé mentale 2015-2020 du gouvernement, le CIUSSS vise, par la fermeture le 16 novembre de l’urgence psychiatrique de l’Hôpital du Saint-Sacrement, à «consolider» les urgences psychiatriques dans deux sites (le CHUL et l’Hôpital de l’Enfant-Jésus). Pour la région, on passera de 26 civières à 23.

L’établissement prévoit aussi la fermeture graduelle, à partir d’avril prochain, des 44 lits d’hospitalisation de l’Hôpital du Saint-Sacrement. Des 327 lits d’hospitalisation en psychiatrie qu’il y avait à Québec au 1er avril 2017, il n’en restera plus que 257 au 1er avril 2021. Ultimement, le CIUSSS souhaite concentrer ses services psychiatriques au CHUL, à l’Hôpital Saint-François d’Assise et à l’Institut universitaire de santé mentale de Québec (IUSMQ), a-t-on confirmé jeudi.

Le plan du CIUSSS, qui représente un investissement de 5 millions $ sur trois ans, «permettra de répondre aux besoins de plus de personnes qu’actuellement», a affirmé M. Thibodeau. «C’est un montant prévu sur trois ans, mais on va s’ajuster en cours de route s’il y a des ajouts à faire», a-t-il assuré. Selon l’établissement, 1300 personnes sont actuellement en attente de services de première ligne en santé mentale, et le délai d’attente est de trois mois. «On a environ 3000 demandes par année», calcule le pdg adjoint du CIUSSS.

Les données présentées jeudi montrent qu’au 1er avril 2017, le CIUSSS n’avait que 41 % des effectifs requis en première ligne pour répondre aux besoins de quelque 3950 personnes. L’établissement prévoit qu’il pourra répondre aux besoins de plus de 6600 personnes d’ici le 1er avril 2021, avec près de 70 % des effectifs requis (ajout de 75 professionnels d’ici 2021, dont 24 d’ici la fin du mois).

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a par ailleurs tenu à rappeler à la population qu’elle peut appeler au 8-1-1 pour parler rapidement à un professionnel en intervention psychosociale et être référée à une ressource dans le réseau de la santé ou dans le communautaire. Les personnes en détresse peuvent également se présenter dans n’importe laquelle des 13 urgences de la Capitale-Nationale pour y recevoir des services.

Appui de McCann

En marge d’une conférence de presse, jeudi après-midi, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a réitéré son appui à la direction du CIUSSS, se disant d’avis que son plan en santé mentale était «viable». Selon elle, «les personnes qui ont des problèmes de santé mentale peuvent et doivent vivre dans la communauté avec les services nécessaires».

La santé mentale sera «une priorité» du gouvernement caquiste, a assuré Mme McCann, qui n’exclut pas d’augmenter le financement des services «après évaluation des besoins».

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PETIT LEXIQUE DES SERVICES DANS LA COMMUNAUTÉ

  • Traitement de première ligne (CLSC): activités d’évaluation, de traitement et de services à court terme offertes par un travailleur social ou un psychologue aux personnes qui présentent une détresse psychologique ou des symptômes associés à un trouble mental transitoire

  • Hôpitaux de jour: destinés aux personnes avec un trouble de personnalité ou un trouble affectif (trouble anxieux et trouble de l’humeur). Programme intensif d’activités thérapeutiques offrant une alternative ou un complément à l’hospitalisation sur une brève période (entre quatre et 12 semaines)

  • Soutien de base non intensif (SBNI): destiné aux personnes présentant un trouble mental grave stabilisé. Soutien et suivis légers par un travailleur social et un éducateur dans le milieu de vie à une fréquence de une à deux visites par mois

  • Suivi d’intensité variable (SIV): destiné aux personnes qui présentent un trouble mental grave et persistant. Services d’une durée approximative de deux ans dans le milieu de vie à une fréquence de deux à sept rencontres par mois. Suivi par un travailleur social, un technicien en éducation spécialisée, une infirmière et un psychoéducateur

  • Suivi intensif dans le milieu (SIM): destiné aux personnes présentant un trouble mental grave et persistant, qui cumulent plusieurs visites dans les urgences ou des réadmissions pour des séjours prolongés à l’hôpital. Suivi par une infirmière, un travailleur social, un ergothérapeute, un psychoéducateur, un éducateur spécialisé, un psychiatre et un pair aidant pour un minimum de huit rencontres par mois

  • Traitement intensif bref à domicile (TIBD): destiné aux personnes atteintes de schizophrénie ou de psychose apparentée, en état de décompensation aigüe, nécessitant une intensité de service élevée tout en permettant le maintien dans son milieu de vie. Suivi par une infirmière, un psychiatre et un travailleur social à une fréquence de une à trois visites par jour, sur une période de six à huit semaines

    Source: CIUSSS de la Capitale-Nationale