Le Dr Guy Pomerleau estime que le moment est venu de créer «l’équivalent d’une commission d’enquête» pour évaluer la situation de la psychiatrie à Québec.

Psychiatrie à Québec: un psychiatre réclame «l’équivalent d’une commission d’enquête»

Un psychiatre retraité à la longue feuille de route, le Dr Guy Pomerleau, estime que le moment est venu de créer «l’équivalent d’une commission d’enquête» pour évaluer la situation de la psychiatrie à Québec.

Le Dr Pomerleau a été président de l’Association des médecins psychiatres du Québec, conseiller au ministère de la Santé et chef du département de psychiatrie du CHUL, tout en poursuivant une carrière académique à la Faculté de médecine de l’Université Laval. 

Dans une lettre ouverte publiée dans Le Soleil, il fait siennes les observations du Dr Hubert Wallot: après les fermetures des lits en psychiatrie de l’Hôpital Saint-François-d’Assise et de l’Hôtel-Dieu de Québec, puis le déplacement récent des lits de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus et la fermeture à venir de l’urgence et des lits en psychiatrie de l’Hôpital du Saint-Sacrement, on assiste aujourd’hui à «un véritable retour vers l’hôpital psychiatrique». 

Selon lui, deux éléments ont contribué à ce que nous vivons aujourd’hui à Québec. Le premier a été la nomination de l’hôpital psychiatrique au titre d’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ), «qui est devenu alors le gestionnaire de toute la psychiatrie à Québec, dont celle des hôpitaux généraux». Le deuxième élément qui a mené au «démembrement» de la psychiatrie dans les hôpitaux généraux a été la réforme Barrette et le transfert du département de psychiatrie du CHU de Québec au CIUSSS de la Capitale-Nationale, écrit le Dr Pomerleau.

Le psychiatre ne croit pas que la mise en place par le CIUSSS de ressources en première ligne et dans la communauté compensera la fermeture des lits. «C’est un leurre. Bien sûr, ces nouvelles entités, qui ne sont d’ailleurs pas encore en place, sont bienvenues et joueront un rôle essentiel. Mais il ne faut pas avoir vu évoluer la complexité de la clientèle psychiatrique dans les urgences et les lits des hôpitaux généraux pour penser» que ces ressources compenseront les fermetures de lits, juge le psychiatre. 

«Contrairement à ce que nous vivons à Québec, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un déploiement des ressources de l’hôpital psychiatrique vers les hôpitaux généraux et les services de première ligne. Je pense que le moment est venu de créer l’équivalent d’une commission d’enquête pour la région de Québec […] ayant pour mandat d’évaluer la situation et de proposer une réforme de l’organisation des soins qui réponde à l’ensemble des besoins des personnes souffrant de problèmes de santé mentale», conclut le Dr Pomerleau.