Selon le conseiller indépendant Gaétan Pageau, tous les élus municipaux de L’Ancienne-Lorette sont d’accord sur le fait que le prolongement de la 40, un projet envisagé depuis 1968, est «dépassé».

Prolongement de la 40: Québec s’entête, déplore L’Ancienne-Lorette

L’entêtement des libéraux à vouloir étudier «la pertinence» du prolongement de l’autoroute 40 vers l’ouest se fait au détriment de la recherche de «véritables alternatives», déplore la municipalité de L’Ancienne-Lorette.

Selon le conseiller indépendant Gaétan Pageau, tous les élus municipaux de L’Ancienne-Lorette sont d’accord sur le fait que le prolongement de la 40, un projet envisagé depuis 1968, est «dépassé». Une résolution s’y opposant devrait être adoptée à la prochaine séance du conseil municipal, le 31 juillet. 

«Ce n’est plus le même contexte. Il y a plusieurs études qui nous disent que ce n’est plus une bonne idée», a exprimé M. Pageau au lendemain du lancement de l’appel d’offres de l’étude visant à évaluer la «pertinence» du prolongement de l’autoroute Félix-Leclerc, entre la route de Fossambault et l’autoroute Henri-IV. «Ce n’était pas pertinent en 1973 […], ce n’était pas pertinent en 2003; pourquoi encore refaire la roue? Pourquoi? On les a les réponses.» 

Pas besoin de dépenser un sou pour comprendre que le projet n’est pas viable, a-t-il poursuivi. M. Pageau invite le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx, et la ministre déléguée aux Transports, Véronyque Tremblay, à «venir prendre connaissance du terrain». «On les invite à venir marcher avec nous. Je pense qu’ils vont avoir rapidement réponses à leurs questions.» 

Les ministres verront la rivière Lorette et ses boisés, des sentiers, un parc ou encore une école primaire «à 50 mètres» de la zone ciblée pour le prolongement. Le corridor a été acquis par le Ministère des Transports du Québec il y a plus de 30 ans, en prévision de la construction de l’autoroute. L’Ancienne-Lorette s’est développée de part et d’autre depuis.

Pour M. Pageau, le mandat de l’étude devrait être revu. «On devrait se pencher sur les alternatives.»

Électoraliste

Le conseiller municipal ne peut s’empêcher de voir une manœuvre électorale dans cet appel d’offres. «C’est quand la dernière fois qu’on en a entendu parler?» a-t-il demandé, avant de répondre lui-même que c’était lors de l’élection partielle dans Louis-Hébert, l’an dernier. Les libéraux ont perdu la circonscription au profit de la Coalition avenir Québec malgré cette promesse. 

Quoi qu’il en soit, la résurgence du projet avait tôt fait de mobiliser les citoyens de L’Ancienne-Lorette. Un comité est toujours actif s’est réuni à plusieurs reprises dans les derniers mois, selon M. Pageau.

Juneau optimiste

La réaction a été bien différente à Saint-Augustin-de-Desmaures, où le maire Sylvain Juneau a accueilli avec optimisme la nouvelle étude annoncée par le gouvernement. «Je vois ça d’un bon œil», a-t-il commenté d’entrée de jeu. 

M. Juneau a toutefois tenu à préciser : «Je ne suis pas un tenant des élargissements et de l’étalement d’autoroute à tout vent.» Mais il a soutenu que, chez lui, «l’étalement [urbain] est arrivé avant l’arrivée des autoroutes».

Il manquerait donc une infrastructure — l’autoroute prolongée — pour absorber la circulation associée au développement de Saint-Augustin-de-Desmaures, mais aussi des municipalités de la région de Portneuf. 

Il déplore que ses citoyens soient constamment pris dans les bouchons de circulation aux heures de pointe. Le prolongement de la 40 règlerait selon lui une partie du problème en déviant la circulation de transit. M. Juneau n’y voit pas «LA solution». Il estime que le réseau de transport structurant (tramway) est une autre pièce du casse-tête et que c’est un ensemble de moyens qui permettra d’éviter la congestion.

Sur les délais, M. Juneau n’a pas l’intention de souffler dans le dos du gouvernement. «Ça prendra le temps que ça prendra. Tant que ça avance dans le bon sens, pour moi, c’est une bonne nouvelle.»