Le Projet malsain s’est amorcé en décembre 2018 à la suite d’un meurtre «dans un contexte de collecte de dette de drogue», a indiqué le chef du Service de police de la Ville de Québec, Robert Pigeon. Le meurtre en question est celui de Jordan Tremblay, 26 ans, qui a été tué en novembre 2018 par deux hommes qui l’auraient frappé à coups de barre de fer sous un abri d’auto de Beauport.
Le Projet malsain s’est amorcé en décembre 2018 à la suite d’un meurtre «dans un contexte de collecte de dette de drogue», a indiqué le chef du Service de police de la Ville de Québec, Robert Pigeon. Le meurtre en question est celui de Jordan Tremblay, 26 ans, qui a été tué en novembre 2018 par deux hommes qui l’auraient frappé à coups de barre de fer sous un abri d’auto de Beauport.

«Projet malsain»: la police de Québec fourbit ses armes contre le crime organisé

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
La police de Québec l’a surnommé le «Projet malsain». Devant une hausse de la violence liée au trafic de drogue du crime organisé, elle a déployé une vingtaine de policiers pour combattre ce fléau. Et maintenant, le gouvernement du Québec lui donne 3,9 millions $ pour continuer.

Lors d’une conférence de presse avec la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, mardi matin, le chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Robert Pigeon, a révélé la teneur de ce projet méconnu qui a mené jusqu’à maintenant à 52 arrestations.  

Le Projet malsain s’est amorcé en décembre 2018 à la suite d’un meurtre «dans un contexte de collecte de dette de drogue», a indiqué M. Pigeon. Le meurtre en question est celui de Jordan Tremblay, 26 ans, qui a été tué en novembre 2018 par deux hommes qui l’auraient frappé à coups de barre de fer sous un abri d’auto de Beauport.

Les deux suspects dans cette affaire, Antonin Ladet et Cédrick Fafard, ont été accusés de meurtre au premier degré de Jordan Tremblay. La date de leur procès devrait être fixée en décembre.

Dans l’année qui a suivi le meurtre, en 2019, les vols et les invasions de domicile liés à la drogue se sont intensifiés et, du coup, les actes de violence se sont multipliés à Québec, a indiqué le chef Pigeon.  

Les saisies d’armes à feu ont elles aussi augmenté. Le SPVQ en a saisi 38 en 2018, puis 92 en 2019, soit près du triple. 

Le chef du SPVQ attribue cette hausse de la violence et des saisies d’armes à un changement du modèle d’affaires des Hells Angels qui, selon lui, dominent le trafic de drogue au Québec. 

«Il y a de plus en plus de pression sur les redistributeurs, les revendeurs dans la rue, dans les points de vente, dit M. Pigeon. Donc, la collecte des dettes se fait de façon beaucoup plus «proactive», disons ça comme ça, ce qui dégénère parfois en crimes violents».

La police bénéficiera d’un important coup de pouce financier du gouvernement du Québec pour poursuivre le Projet Malsain.

Mardi matin, à Québec, M. Pigeon, était assis à la même table que la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, la directrice générale par intérim de la Sûreté du Québec (SQ), Johanne Beausoleil, et le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, pour une conférence de presse. 

Les quatre dirigeants participaient à l’annonce d’un ajout de près de 65 millions $ du gouvernement du Québec pour la lutte à la violence liée aux armes à feu et aux groupes criminels. 

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé mardi en conférence de presse que quatre équipes spéciales affectées à la lutte contre les armes à feu et les groupes criminels profiteront au total d’un ajout de 27 millions $ provenant d’un fond pancanadien.

La SPVQ, la SQ et le SPVM, qui ont la responsabilité d’enquêter sur les meurtres et les tentatives de meurtre commis par des organisations criminelles ainsi que sur leur approvisionnement illégal en armes à feu, recevront sur trois ans 27 millions $ provenant d’un fond pancanadien, le Fonds d’action contre la violence liée aux armes à feu et aux gangs. 

Le SPVQ peut donc compter sur un financement de près 3,9 millions $ pour le Projet malsain. 

La SQ et le SPVM, qui constatent eux aussi une augmentation de la violence et des saisies d’armes à feu liées au crime organisé, recevront respectivement 19,5 millions $ et 4,2 millions $. 

Un investissement de 32,5 millions $ sur cinq ans avait déjà été annoncé dans le budget du Québec 2020-2021. Une enveloppe de 4,5 millions $ provenant du produit des biens confisqués aux criminels en 2019-2020 sera aussi partagée entre des services de police et des organismes. 

Selon la ministre Guilbault, le crime organisé n’a pas pris de pause avec la pandémie. Elle cite par exemple les douze personnes qui ont été arrêtées vendredi à Montréal à la suite du démantèlement d’un réseau de trafic d’armes à feu et de stupéfiants. 

«Il y a cette responsabilité, ce devoir qu’on a, comme gouvernement, comme gestionnaire des grands corps de police au Québec, de tous unir nos moyens et nos voix pour lutter contre ce phénomène de violence, pour démanteler ces organisations criminelles qui conduisent aux incidents violents qui mettent à risque la sécurité de notre population», a dit Mme Guilbault.