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Piqué au vif par les conclusions du rapport préliminaire de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) et les multiples oppositions au projet de terminal de conteneurs dans le port de Québec, le président-directeur général de l’administration portuaire, Mario Girard, monte aux barricades.
Piqué au vif par les conclusions du rapport préliminaire de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) et les multiples oppositions au projet de terminal de conteneurs dans le port de Québec, le président-directeur général de l’administration portuaire, Mario Girard, monte aux barricades.

Projet Laurentia: Mario Girard monte aux barricades

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
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«Si le projet Laurentia génère un risque pour la santé humaine, ça veut dire que tous les projets dans le secteur de Limoilou génèrent un risque. On ferait un amphithéâtre demain matin et ce serait pire que ça pour le construire et l’exploiter.»

Piqué au vif par les conclusions du rapport préliminaire de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) et les multiples oppositions au projet de terminal de conteneurs dans le port de Québec, le président-directeur général de l’administration portuaire, Mario Girard, monte aux barricades. Il défend bec et ongles cet investissement de 775 millions $ qui permettrait à la capitale «de se mettre sur la mappe des terminaux les plus verts au monde».

À la veille du dépôt du mémoire du port de Québec devant l’AEIC, Mario Girard a accueilli mardi matin le représentant du Soleil dans son bureau de la rue Dalhousie, en compagnie du directeur principal du projet, Hugues Paris. Une rencontre au parfum de relations publiques, demandée par M. Girard, afin de «clarifier ce qui a déjà été dit» et apporter «plus de nuances» aux impacts environnementaux d’un projet mal compris, à son avis, dans l’opinion publique.

Quartier stigmatisé

S’appuyant sur des modélisations visuelles préparées par la firme SNC-Lavalin, MM. Girard et Paris ont apporté des bémols sur les conséquences sur la qualité de vie des habitants du secteur Limoilou, «un quartier déjà un peu stigmatisé, où la discussion sur la qualité de l’air roule» depuis des années.

«Il y avait une loupe sur les enjeux de la qualité de l’air, soutient M. Girard. C’est un enjeu qu’il ne faut pas banaliser, mais qu’il ne faut pas dramatiser.»

Pendant la phase de construction du terminal, a-t-on expliqué, les particules fines les plus susceptibles d’avoir un impact sur la santé, se concentreront en périphérie du chantier, et non dans les quartiers environnants. «Il n’y en a pas de dépassement (des normes d’émission) quand on additionne le projet dans les pires conditions avec la situation de référence», explique M. Paris.

Un dépassement des normes, s’il y en a, surviendrait «une à deux fois» par année, renchérit M. Girard. «Ce n’est pas vrai que c’est un problème pour les quartiers résidentiels.»

Les études commandées par le port s’attardent à un scénario «du pire des pires», lors de la deuxième année de construction du terminal, alors que «tous les équipements marcheront en même temps, ce qui est théoriquement impossible», mentionne M. Girard.

Piqué au vif par les conclusions du rapport préliminaire de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) et les multiples oppositions au projet de terminal de conteneurs dans le port de Québec, le président-directeur général de l’administration portuaire, Mario Girard, monte aux barricades.

Alarmiste

Selon le p.d-g, les «experts qui parlent à des experts» ont contribué à fausser le message à la population dans la «gestion des risques» environnementaux associés au projet, particulièrement en ce qui concerne l’émission de polluants. «On ne dit pas que ce n’est pas vrai, on dit que ça manque de nuances (…) Si l’Agence avait été nuancée dans ses conclusions, on n’aurait pas vécu la tempête qu’on vit là. (…) Je trouve que les experts prennent les pires situations et, à un moment donné, ça fait peur pour rien, c’est inutilement alarmiste.»

La construction du terminal de conteneurs aura non seulement des impacts moins grands que ceux de l’amphithéâtre Vidéotron, croit M. Girard, mais les feux d’artifice Loto-Québec, en saison estivale, produisent selon lui des quantités plus importantes de particules fines dans l’air.

Transports électriques

Au sujet du va-et-vient attendu de camions, autre aspect délicat pour les détracteurs du projet Laurentia, M. Girard explique que seulement 10 % des conteneurs seront transportés de cette façon, le transport ferroviaire étant privilégié, avec 2,4 trains par jour, au plus fort des opérations. «On parle de 90 camions par jour, en 2035, pas demain matin. Ce sera à peine perceptible.»

Le p.d-g compte d’ailleurs sur le plan d’électrification des transports mis de l’avant par le gouvernement Legault pour faire diminuer les émissions de particules polluantes dans le secteur. D’ici là, le port envisage de faire des représentations auprès des divers paliers de gouvernement afin d’ériger des «voies de contournement» pour empêcher les camions d’emprunter le boulevard Henri-Bourassa, mais plutôt les autoroutes Dufferin-Montmorency et Félix-Leclerc.

À plusieurs reprises pendant l’entretien, M. Girard insiste pour que le public voie le projet Laurentia sur un horizon plus lointain. «Comme (Wayne) Gretzky disait, il faut regarder où la puck va aller, et non pas où est la puck aujourd’hui.»

Sondage favorable

Pour faire tourner le vent en sa faveur, le port de Québec compte sur un récent sondage Léger Marketing mené auprès de 500 citoyens de la région, sondage encore non dévoilé, qui indique que «le taux d’appui» au projet Laurentia atteint 62 % - en excluant les 34 % qui ne le connaissent pas assez pour se prononcer. Soixante-dix pour cent de ceux qui «le connaissent assez bien» pour avoir une opinion l’identifient comme un projet important pour la relance économique de la région».

«Si ce sont les faits, la science et la vérité qui prédominent dans notre décision collective, on devrait être fier de ce projet-là. Si on devait le manquer pour de fausses raisons, ce serait dommage parce que c’est un projet extrêmement écologique, le plus écologique en Amérique du Nord, voire au monde», conclut M. Girard.

Le rapport final de l’AEIC devrait être connu en février.