Le Club de golf de Cap-Rouge

Projet de tour à condos contesté sur le golf de Cap-Rouge [VIDÉO]

À vendre: condominiums sur le golf avec vue imprenable sur le fleuve et des voisins que vous regarderez de très haut, beaucoup trop haut à leurs yeux.

Les voisins du Club de golf de Cap-Rouge s’opposent à un projet de tour à condos de 15 étages qui pourrait lever de terre sur l’actuel emplacement du club house. «C’est un peu un choc. Tout le secteur de Cap-Rouge est zoné unifamilial», lance Pierre Tourangeau, résident du secteur depuis 2002. 

Au printemps, Le Soleil expliquait que le club voulait demander à la Ville une modification de zonage pour permettre la construction d’immeubles résidentiels. À l’époque, il était question de bâtiments de six à huit étages.

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Depuis, la résistance s’organise. «On semble comprendre que le club de golf privilégie un projet de 15 étages. C’est énorme. C’est comme un coup de masse dans le front dans un quartier unifamilial. Ça va changer le paysage urbain et augmenter le trafic automobile», ajoute le porte-parole d’un comité qui compte aujourd’hui environ 200 citoyens.

Pour l’heure, le comité s’oppose à tout changement de zonage. «On ne veut pas que le golf disparaisse et on veut bien les accompagner dans une démarche pour pérenniser ses activités. Mais si pour régler les problèmes financiers actuels, on construit des tours sur le golf, qu’est-ce qui arrivera dans trois ou quatre ans s’il y a d’autres difficultés? Ils vont se débarrasser du golf trou par trou? On ne veut pas que ça se développe de façon anarchique.»

Seule option possible

Même s’il comprend les inquiétudes exprimées, le président du Club de golf, Jean-F. Keable, dit ne pas avoir le choix. «On est préoccupé par les finances du club. On fait des bénéfices d’exploitation, mais on a une dette à long terme de 2,2 millions $. Ça a coûté 312 000 $ l’an passé en capital et en intérêts. On a fait un déficit de 63 000 $ en 2018 et de 150 000 $ en 2019. La réalisation de ce projet est une question de vie ou de mort», insiste-t-il.

La seule solution possible est de procéder à la vente de terrains excédentaires. Un premier projet déposé prévoyait un développement à l’horizontale avec la construction de maisons unifamiliales, de jumelés et d’immeubles de cinq à six étages. Cela impliquait aussi l’aménagement de rues en cul-de-sac. L’ensemble résidentiel, beaucoup plus étendu, aurait donné un potentiel de construction de 450 portes. La Ville a émis un avis défavorable au morcellement du terrain de golf. Il a donc fallu revenir à la planche à dessin.

«Pour atteindre cet objectif, il faut construire à la verticale. La rentabilité est plus grande et ça prend moins d’espace. Cependant, on doit ériger les structures en hauteur», lance M. Keable, pour qui c’est la seule option possible. 

Il demeure discret sur la nature du projet qui sera présenté lors d’une assemblée publique prévue le 18 février. Il avance tout de même l’idée d’un ou même de deux immeubles d’une quinzaine d’étages, totalisant entre 250 et 300 portes. 

Le président revient sur les difficultés du golf qui compte actuellement 425 membres, dont 253 sont âgés de plus de 61 ans. Seulement 44 ont entre 21 et 40 ans. Il y a 20 ans, le club comptait 572 membres actifs.

«Si on ne fait rien et que le golf ferme, ça deviendra un terrain en friche ou ouvert à un développement domiciliaire d’envergure. Présentement, il profite à tous. Je suis convaincu qu’une fois connu, le projet sera accepté», conclut-il.

Le conseil d’administration choisira le 13 février le promoteur parmi les quatre intéressés. Les actionnaires seront consultés le 17 février. Une assemblée publique est à l’agenda le lendemain. Il faudra ensuite passer à travers le processus de changement de zonage auprès de la Ville.