Martin Ouellet croit que la pression populaire a finalement permis le lancement des appels d’offres pour la mise à jour des études sur le pont sur le Saguenay.
Martin Ouellet croit que la pression populaire a finalement permis le lancement des appels d’offres pour la mise à jour des études sur le pont sur le Saguenay.

Projet de pont sur le Saguenay: lancement imminent d’appels d’offres publics

BAIE-COMEAU — Le gouvernement québécois a fait de nombreux heureux sur la Côte-Nord et dans Charlevoix lundi en annonçant le lancement imminent d’appels d’offres publics pour déterminer l’opportunité, ou non, d’ériger un pont sur la rivière Saguenay, entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine.

Un premier appel d’offres concernera la mise à jour de l’étude d’opportunité du projet de pont. Le second appel d’offre visera à faire l’analyse socioéconomique liée aux emplois générés par la présence de la traverse Tadoussac/Baie-Sainte-Catherine, qui emploie quelques dizaines de personnes.

Le député de René-Lévesque, Martin Ouellet, a réagi en faisant valoir qu’il tenait particulièrement à ces études d’opportunité. Il a dit ne pas accepter «que le premier ministre, au final, décide de son propre chef de la pertinence, ou non, d’un pont, simplement par le seul fait qu’il n’y a pas beaucoup de monde (sur la Côte-Nord) et pas beaucoup de trafic».

On se souviendra qu’après s’être montré en faveur d’une étude sur le projet de pont durant la dernière campagne électorale, François Legault avait affiché beaucoup moins d’enthousiasme dans ce dossier quelques mois plus tard.

L’appel d’offres devrait être lancé sous peu, le gouvernement de la CAQ n’ayant toutefois pas précisé d’échéancier. Selon ce dernier, l’étude d’opportunité «permettra de déterminer et d’évaluer les options possibles», comme l’analyse coûts-avantages, l’analyse des risques, l’estimation des coûts et les échéanciers préliminaires.

Le comité de suivi régional, formé notamment par des élus et des membres de la société civile de la Côte-Nord et de Charlevoix, sera consulté à différentes étapes des travaux, assure-t-on au gouvernement.

Deux ans d’études

M. Ouellet, qui estime que la pression populaire a incité Québec à bouger dans le sens souhaité par la région, a ajouté que le ministre responsable de la Côte-Nord, Jonatan Julien, et la députée caquiste de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Émilie Foster, seront de ce comité. À son avis, il s’agit là d’une démonstration que le gouvernement entend aller au fond des choses dans ce dossier.

Le député de René-Lévesque se dit toutefois préoccupé par la durée de ces études. Selon ses premières discussions à ce sujet avec le gouvernement, elles devraient durer deux ans. Or, à l’automne 2022, le Québec sera en élections. M. Ouellet exige que ces études soient sur la table durant la campagne électorale afin que les candidats puissent en débattre et faire connaître leurs intentions.

«Je veux que cette étude se termine avant la période électorale. Je n’accepterai pas que le gouvernement pellette cette étude par en avant et y revienne dans un autre mandat», a-t-il lâché.

Le Bureau de projet pour la construction d’un pont entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine au-dessus de la rivière Saguenay, de son nom complet, a été créé en mars 2018 par le précédent gouvernement libéral.

Les libéraux de Philippe Couillard avaient prévu une somme allant de 10 à 15 M$ pour mettre à jour l’étude d’opportunité et ainsi avoir l’heure juste dans ce dossier. Selon ce qu’on peut en déduire, le même montant est aussi envisagé pour le lancement des appels d’offres, qui devrait se faire dans les prochaines semaines.