René Ouellet affirme que s’il est devenu producteur de marijuana, c’est pour «sauver la vie» de son ami dont le cancer venait de récidiver.

Producteur de pot «thérapeutique» dans l’eau chaude

René Ouellet a fait pousser 238 plants de marijuana pour, dit-il, soigner un ami atteint du cancer et traiter sa propre anxiété. Jamais pour faire le trafic, assure-t-il en réclamant la clémence de la cour.

L’entrepreneur en rénovation de 44 ans a plaidé coupable la semaine dernière à des accusations de production de cannabis. À coups de requêtes diverses, l’accusé aura tenté durant quatre ans de faire tomber les accusations en invoquant l’aspect thérapeutique de ses cultures.

Vêtu d’un complet sombre, sans avocat à ses côtés, René Ouellet répète que s’il est devenu producteur de marijuana, c’est pour «sauver la vie» de son ami dont le cancer venait de récidiver. «À force de lire les bienfaits du cannabis sur Internet, je me disais que ça n’avait pas de bon sens qu’on ne puisse pas se soigner autrement qu’avec de la radiothérapie et de la chimiothérapie», plaide-t-il.

Constatant que l’ami n’avait pas l’espace nécessaire chez lui pour faire pousser des plants, Ouellet accepte de l’aider en ouvrant une petite serre dans sa résidence secondaire à Sainte-Françoise, aux limites de Lotbinière et du Centre-du-Québec. Il jure avoir mis le minimum de plants pour produire du cannabis médical.

L’huile de cannabis aurait fait régresser la tumeur de son ami, assure Ouellet. L’homme est toutefois décédé durant les procédures judiciaires, ajoute l’accusé.

René Ouellet utilisait le cannabis pour lui-même afin de mieux gérer son stress et acceptait d’en donner à quelques amis proches. 

Il a été dénoncé par des voisins en 2013.

Prison ferme réclamée

La procureure de la Couronne Me Caroline Munger demande une peine de 9 à 12 mois de prison. Reconnaissant que Ouellet n’était pas poussé par l’appât du gain, la poursuite a choisi de ne pas réclamer la peine minimale prévue pour cette accusation, soit 12 mois de prison. La prison dans la collectivité n’est plus prévue au Code criminel pour ce type d’infraction depuis 2012.

René Ouellet a multiplié les arguments pour tenter de convaincre le juge Guy De Blois de lui imposer une peine autre que l’emprisonnement ferme. L’accusé se demande ce qu’il va advenir des deux équipes de hockey mineur dont il est l’entraîneur et de ses activités de bénévolat à l’église. Il craint aussi de perdre de nombreux clients.

À la fin des années 90, René Ouellet a été condamné à deux reprises pour de la possession de cannabis.

Le juge rendra sa décision sur la peine mardi.