À ce jour, on compte une seule candidature officielle au leadership libéral, celle de la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, Dominique Anglade.

Prochain chef du PLQ: Marie Montpetit renonce et appuie Dominique Anglade

Même si près d'une année complète s'est écoulée depuis la défaite cinglante du Parti libéral du Québec (PLQ) lors du dernier scrutin, on ne se bouscule toujours pas au portillon pour succéder à Philippe Couillard.

À ce jour, on compte une seule candidature officielle au leadership libéral, celle de la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, Dominique Anglade.

Pendant ce temps, la liste des personnes ayant montré de l'intérêt pour le poste, mais qui se sont finalement désisté après une période de réflexion, ne cesse de s'allonger.

Mardi, c'était au tour de la députée de Maurice-Richard, Marie Montpetit, d'inscrire son nom au bas de la liste.

En juin, en entrevue à La Presse canadienne, Mme Montpetit se disait pourtant très intéressée à devenir chef du PLQ et affirmait être très sollicitée par la base militante du parti dans différentes régions.

Elle disait alors vouloir donner un virage nationaliste au parti, en vue de reconquérir les électeurs francophones, qui a échappé au PLQ en octobre 2018, en subissant la pire défaite de son histoire ne récoltant plus l'appui que de 10 % du vote francophone.

L'ex-ministre de la Culture disait alors être convaincue que son parti devait redevenir celui qui se porte à la défense des intérêts du Québec sur la scène fédérale, qui affirme avec vigueur le statut de la langue française, tout en incarnant le nationalisme économique et culturel.

Après réflexion durant tout l'été, en conférence de presse, elle a mesuré ses appuis et a dit mardi en être venue à la conclusion «que la chefferie n'était pas un défi que je désirais relever durant les prochains mois».

Elle est désormais d'avis que sa collègue Dominique Anglade saura mieux qu'elle insuffler «un vent de renouveau au sein de notre parti».

Avec l'ajout de Mme Montpetit dans son équipe, Mme Anglade peut donc désormais compter sur l'appui de 8 députés du caucus libéral, les autres étant Carlos Leitao, Hélène David, Kathleen Weil, Monique Sauvé, David Birnbaum, Saul Polo et Frantz Benjamin.

On s'attend à ce que la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, annonce elle aussi sa candidature à l'automne. Sa candidature évitera au moins au parti de composer avec le pire des scénarios, soit un couronnement.

Le député de La Pinière, Gaétan Barrette, se dit toujours en réflexion, mais admet que les appuis se font attendre.

À l'extérieur des rangs du caucus libéral, personne n'a levé la main pour exprimer son intérêt, jusqu'à maintenant.

Le lancement officiel de la course au leadership sera fait à Sherbrooke en novembre.

Le prochain chef du PLQ sera élu en mai 2020.

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UNE COMPLÉMENTAIRE DANS UN MOMENT CHARNIÈRE

L'élection complémentaire à venir dans la circonscription de Jean-Talon arrive dans un «moment charnière» pour le Parti libéral (PLQ), a reconnu mardi la candidate à la direction du PLQ, Dominique Anglade.

Jean-Talon est un bastion libéral à Québec dont le siège est vacant depuis une dizaine de jours, à la suite de la démission du député et leader parlementaire du PLQ Sébastien Proulx. C'était le seul député libéral à l'est de Montréal, qui plus est dans la région de Québec dominée par les caquistes.

En entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, Mme Anglade a laissé entendre que c'était un défi de conserver la circonscription, sans accréditer qu'il y a un vent de panique dans les troupes libérales. Elle a répété le message du chef intérimaire Pierre Arcand, selon lequel les libéraux allaient «tout faire» pour remporter la victoire.

«Est-ce que c'est un test? On est dans une complémentaire, en pleine course à la direction, qui n'est pas encore déclenchée officiellement. C'est sûr qu'on va tout faire pour conserver Jean-Talon. On est simplement conscient qu'on se retrouve dans un moment charnière pour notre parti.»

Il reviendra au premier ministre François Legault de décider de la date de la complémentaire. Une défaite ferait mal aux libéraux qui entament leur reconstruction depuis le revers électoral historique subi l'an dernier.

Course à la direction

Seule en lice officiellement pour prendre la tête du PLQ, Dominique Anglade a fait état de ses préparatifs dans la course. Ses propos laissent croire qu'elle a une longueur d'avance sur ses adversaires potentiels qui ne sont pas encore déclarés.

La députée de Saint-Henri-Sainte-Anne dit avoir mis sur pied une équipe de 300 bénévoles et avoir parcouru tout le Québec l'été dernier, pour aller à la rencontre des militants et des citoyens.

«Je vous dirais que chaque jour, on a plus de monde que la veille. Il y a du monde qui s'ajoute tous les jours.»

Le message qui ressort de ses consultations : les régions sont préoccupées, elles veulent être écoutées et obtenir «davantage de pouvoirs et de possibilités», a-t-elle expliqué.

Mme Anglade dit aussi avoir appris de ses consultations que les gens se désolaient de ne pas avoir eu de véritable projet de société sur lequel se prononcer aux élections générales de 2018.

«C'est un constat que je fais moi-même», a-t-elle conclu.  Avec Patrice Bergeron, La Presse canadienne