Victor Robitaille-Drouin

Procès du portier du Folichon: un coup de poing déterminant [vidéo]

Le client du Folichon Frédéric Bélanger a pu tomber ou recevoir d’autres coups lors de son expulsion, mais c’est la puissante droite du portier Victor Robitaille-Drouin qui lui a causé une atteinte neurologique sévère, conclut le neurochirugien Dr Michel Prud’homme.

Le médecin spécialiste de l’Enfant-Jésus a analysé le dossier médical du plaignant et visionné les images de l’expulsion du client éméché le 12 février 2014.

Sur les images des caméras de surveillance, on voit le portier et un autre client, Mohamed Darwish, se batailler avec Frédéric Bélanger à la porte du Folichon. 

Le client Bélanger, tenace, réussit à rentrer de nouveau dans le cabaret érotique. Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvre et le portier Victor Robitaille-Drouin repousse le client avant de lui asséner un coup avec son poing droit. Frédéric Bélanger est atteint sous l’œil gauche. Il s’effondre aussitôt au sol, les jambes étendues dans un angle inhabituel. «Il est visiblement inconscient et la perte de conscience est relativement longue», note le Dr Prud’homme.

Après environ cinq minutes, le client revient à lui. Même aidé par le portier, il a du mal à redresser sa tête et son thorax. Il réussira à se mettre debout, mais perd constamment l’équilibre.

Les policiers qui arrivent voit Bélanger tomber en pleine face au sol, sans se protéger avec les mains. Les patrouilleurs décident d’immobiliser le client à plat ventre sur le capot de l’auto-patrouille. Ils vont aussi le menotter. Frédéric Bélanger est incapable de parler et pousse des grognements.

À son arrivée au CHUL, le patient est agité et toujours incapable de s’exprimer. Il doit être placé sur une civière de contention et on lui administre des calmants.

L’examen du crâne montrera une fracture de l’os de la joue gauche, une fracture temporal et des hématomes à l’intérieur du cerveau. 

Vu son état et le potentiel de détérioration rapide, Frédéric Bélanger est rapidement transféré à l’Enfant-Jésus, où travaillent les neurochirurgiens. Le patient subit une chirurgie au crâne dès son arrivée et est ensuite admis aux soins intensifs. Il sera plongé dans le coma durant environ un mois.

Le double de la limite

Avant le coup de poing du portier, le client ne titube pas, se tient assez droit et garde de bons réflexes malgré son taux d’alcoolémie qui dépasse le double de la limite légale pour conduire, note le Dr Michel Prud’homme.

Après, il devient inerte et, par la suite, agité en réaction à une menace. Un cas classique de traumatisme crânien sévère, dit le spécialiste.

Son incapacité à parler peut être causée par une atteinte à la partie gauche du cerveau, siège du langage pour les droitiers, soumet le médecin spécialiste. 

Le neurochirugien n’exclut pas que les autres coups reçus du client Mohamed Darwish (qui a plaidé coupable) ou lors de chutes ont empiré la situation de Frédéric Bélanger. «Je ne peux pas tout lier au coup de poing, mais ça a été l’élément majeur, le plus contributif, affirme le témoin expert. S’il n’avait pas reçu ce coup, je ne pense pas qu’on l’aurait retrouvé dans l’état dans lequel on l’a retrouvé.»

Le procès de Victor Robitaille-Drouin, 35 ans, accusé de voies de fait graves, se poursuit jeudi avec la fin de la preuve de la poursuite.