Victor Robitaille-Drouin est accusé de voies de fait graves sur la personne de Frédéric Bélanger alors qu’il était portier au Folichon.

Procès du portier du Folichon: sonné par une droite, le client menotté

Le client du Folichon expulsé après avoir reçu «une droite» du portier Victor Robitaille-Drouin a passé de très longues minutes menotté sur le capot d’une voiture de patrouille avant d’être conduit à l’hôpital, où il allait être plongé dans le coma durant un mois.

Jonathan Levasseur est gérant du cabaret Le Folichon depuis une dizaine d’années. Il a travaillé avec Robitaille-Drouin durant quelques années. 

Le soir du 12 février 2014, le gérant dit avoir constaté l’état d’ébriété et le comportement de plus en plus dérangeant du client Frédéric Bélanger et de la collègue qui l’accompagnait.

À une occasion, le gérant a dû aller récupérer le téléphone cellulaire oublié sur une table par le client. Il n’a pas eu droit au moindre merci lorsqu’il lui a redonné.

Un peu passé minuit, le gérant revoit l’avocat et son amie devant le vestiaire. Selon lui, les deux clients, très éméchés, ont perdu leur billet de vestiaire et refusent de s’identifier avec une pièce d’identité pour récupérer leurs manteaux.

Le ton monte au point que le portier Victor Robitaille-Drouin intervient.

Le gérant décrit un peu confusément une échauffourée qui rassemble son portier, le client Frédéric Bélanger, sa collègue ainsi qu’un autre client, Mohamed Ali Darwish.

Selon la serveuse Jessica Harrisson, qui témoignait pour la défense, le client Darwish a donné un coup de poing à la dame. D’autres témoins l’ont aussi vu frapper Frédéric Bélanger. Darwish a déjà plaidé coupable pour ces voies de fait.

Le gérant Levasseur se contentera de dire qu’il a vu le client Bélanger «manger une droite». De qui venait cette droite? Pas de réponse claire du gérant.

Le procureur de la Couronne Me Thomas Jacques sait, lui, qui a donné le coup. «Les gestes de M. Victor Robitaille-Drouin sont filmés», rappelle le représentant du ministère public.

Les images seront présentées au juge Jean-Paul Decoste de la Cour du Québec dans le cadre de la preuve de la poursuite. 

Le juge devra déterminer si le coup a été porté dans un contexte de légitime défense.

Chose certaine, le client Frédéric Bélanger a été poussé à l’extérieur du bar par le portier Robitaille-Drouin qui a verrouillé la porte du Folichon derrière lui. Le client colérique avait essayé à plusieurs reprises de rentrer à nouveau dans l’établissement.

Les policiers et les ambulanciers ont été appelés pour venir prendre charge du client expulsé et de sa collègue.

Longue intervention

Le gérant Jonathan Levasseur se souvient d’avoir vu le client expulsé menotté sur le capot de la voiture de patrouille durant ce qui lui a paru plus d’une demi-heure. Il se rappelle avoir entendu le client pousser des grognements.

Cette séquence risque de rester un peu nébuleuse; l’avocat du portier, Me Dominic Bouchard, a fait admettre aux enquêteurs de la police de Québec qu’ils n’avaient pas saisi les images de la caméra qui a capté le menottage du client expulsé. Les bandes sont effacés chaque semaine.

Le client expulsé a été transporté en ambulance d’abord au CHUL puis à L’Enfant-Jésus. Il a témoigné lundi avoir été plongé dans le coma durant un mois et avoir ensuite fait environ cinq mois de réadaptation.