Le pasteur Paul Mukendi, à la tête de l’Église évangélique Parole de Vie dans Vanier, a été déclaré coupable par un jury à la fin juin de neuf accusations d’agression sexuelle, voies de fait avec lésions et menaces de mort sur une plaignante aujourd’hui âgée de 31 ans.

Procès du pasteur Mukendi: «Doc Mailloux» à la rescousse

Le «Doc Mailloux» viendra en aide au révérend Paul Mukendi, coupable d’agression sexuelle, qui veut faire écarter le rapport préparé en vue de l’imposition de sa peine.

Le pasteur Mukendi, à la tête de l’Église évangélique Parole de Vie dans Vanier, a été déclaré coupable par un jury à la fin juin de neuf accusations d’agression sexuelle, voies de fait avec lésions et menaces de mort sur une plaignante aujourd’hui âgée de 31 ans. Selon la preuve, retenue par les jurés, les gestes se sont succédé entre 2002 et 2016.

Paul Mukendi porte sa condamnation en appel.

Le processus de détermination de la peine suit son cours devant la Cour supérieure. Très lentement.

Tout de suite après le verdict, l’avocate du pasteur, Me Dominique Bertrand, avait demandé la confection d’un rapport présentenciel sur son client. Elle en réclame aujourd’hui le rejet, estimant que le travailleur social qui a rencontré Mukendi a outrepassé son mandat et a posé des diagnostics psychiatriques en plus de faire des erreurs factuelles et d’interroger sans droit le pasteur au sujet des délits.

C’est la raison pour laquelle elle a demandé que le psychiatre DPierre Mailloux, mieux connu comme le «Doc Mailloux», puisse témoigner afin de contrer le rapport présentenciel.

La procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe ne voyait pas l’utilité d’un tel rapport, puisque le révérend nie toujours l’ensemble des faits. «C’est certain que les conclusions [du rapport] ne sont pas positives pour M. Mukendi», constate la procureure, qui juge le témoignage du Doc Mailloux totalement superflu. 

Dans un contexte où les enjeux sont grands — la Couronne entend réclamer une peine exemplaire —, le juge Jean-François Émond a dit préférer jouer de prudence et a autorisé le témoignage de l’expert. Le Doc Mailloux devra se prononcer uniquement sur les affirmations du travailleur social traitant de la condition médicale du délinquant.

Et, démarche inusitée, la défense a demandé aussi le rejet de la déclaration de la victime sur les conséquences du crime. Me Bertrand estime impossible que la jeune femme ait pu l’écrire et soupçonne l’intervenante du centre d’aide aux victimes d’actes criminels de lui avoir mis les mots dans la bouche.

Le débat se poursuivra à la fin janvier.