Le pasteur Claude Guillot est accusé de voies de fait armées, voies de fait avec lésions et séquestration sur six anciens élèves.

Procès du pasteur Claude Guillot: du chantage pour garantir le silence

Le pasteur Claude Guillot aurait utilisé les confessions de ses jeunes élèves pour s’assurer de leur silence.

Émile*, 25 ans, le cinquième des six plaignants, a continué à être contre-interrogé mardi par l’avocate du pasteur accusé de sévices, Me Susan Corriveau.

Le jeune homme a témoigné être au courant qu’un de ses frères, aussi élève à l’école baptiste, avait commis des attouchements sexuels sur un autre jeune. Un deuxième élève avait aussi admis avoir commis ce type d’abus.

Selon Émile, Claude Guillot a forcé les deux jeunes à raconter dans le détail les abus qu’ils avaient commis. «Il voulait qu’ils écrivent toutes les choses dégueulasses», ajoute le témoin.

Lorsque son frère a finalement eu la permission de quitter l’école baptiste, quelques années plus tard, Guillot lui aurait servi une menace, ajoute Émile. «Il a dit à mon frère : “Je garde ça contre toi ces copies-là. Si tu veux revenir contre moi un jour, j’aurai ces documents-là”», affirme le jeune homme, qui a vécu chez le pasteur pendant 13 ans.

Même 10 ans plus tard, Émile peut décrire avec précision les corrections physiques, les privations de repas, les interminables compositions écrites.

Le plaignant a aussi eu des mots très durs pour Isabelle Guillot, la fille du pasteur, qui n’est pas visée par les accusations. «Isabelle Guillot est une personne très méchante, c’est le prolongement de son père, estime le jeune homme. Lorsqu’il n’était pas là, elle administrait les conséquences. Elle m’a fait mal et m’a fait souffrir. C’est une personne que je détestais et que je méprisais.»

Un sixième plaignant doit témoigner au cours des prochains jours. 

* Nom fictif