Michel Goulet a plaidé coupable pour des attouchements sur des campeurs de 10 et 12 ans.

Procès de Michel Goulet: des antécédents qui ressurgissent du passé

L’ancien moniteur de camp de vacances Michel Goulet affirmait que ses contacts sexuels sur de jeunes campeurs au début des années 1980 étaient les seuls écarts dans une vie irréprochable. C’était faux. Maintenant, le tribunal le sait.

Goulet, 55 ans, a plaidé coupable en mars dernier pour des attouchements sexuels commis sur de jeunes campeurs de 10 et 12 ans.

Lorsqu’il a rencontré une agente de probation pour préparer le processus de détermination de la peine, Michel Goulet s’est dit sans antécédent judiciaire. Il a indiqué qu’au tournant des années 2000, il avait entrepris une thérapie volontaire pour éviter de faire d’autres victimes.

C’est ce que son avocat a rapporté devant le tribunal lors des représentations sur la peine, en mai.

Au lendemain de la médiatisation de l’histoire, les journalistes, dont celle du Soleil, ont reçu des appels pour indiquer que, contrairement à ce qu’il disait, Goulet avait bel et bien des antécédents judiciaires, pour des crimes sexuels de surcroît.

Informée, la procureure de la Couronne Me Laura Plamondon-Dufour a entamé des recherches. En juillet, la procureure a obtenu la confirmation des autorités fédérales que Michel Goulet avait obtenu un pardon pour sa condamnation, en janvier 2000, pour des crimes d’agression et de contacts sexuels sur quatre jeunes plaignants, entre 1992 et 1998.

Il a été condamné à une peine de 15 mois de prison et à une probation de deux ans. Ces antécédents venaient de réapparaître au dossier judiciaire de Michel Goulet en raison de sa condamnation pour les crimes sur les campeurs.

Un portrait complet

La procureure de la Couronne a obtenu la permission de la Cour du Québec de déposer les antécédents judiciaires en preuve. C’est la seule façon, plaidait Me Plamondon-Dufour, d’avoir un portrait complet de l’accusé et de bien évaluer son risque de récidive.

L’avocat de Goulet, Me Jean Beaupré, s’opposait à cette preuve nouvelle, soutenant que les événements remontaient à 20 ans. Son client avait obtenu le pardon après enquête, en raison de son excellent profil, disait-il.

Cet antécédent, pour des gestes commis après ceux au camp de vacances, ne changera peut-être rien à la peine de Michel Goulet. La Couronne suggère une peine de 12 mois dans la collectivité tandis que la défense milite en faveur de travaux communautaires.

Le passé judiciaire est une preuve pertinente que le juge doit considérer, estime le juge Steve Magnan. Reste à déterminer le poids qu’elle aura dans la peine, ajoute le juge.

Le rapport présentenciel de l’accusé sera révisé à la lumière des nouvelles informations et les représentations sur la peine se termineront à la fin novembre.