Prise d'otages en Australie: opération terminée, au moins trois morts

Au moins trois personnes ont été tuées lors de l'opération policière qui a mis fin, tôt mardi, à une prise d'otages dans un café de Sydney, en Australie.
Man Haron Monis.
Le preneur d'otages compte parmi les victimes, a indiqué la police australienne. Les autres morts sont un homme de 34 ans et une femme de 38 ans.
Au moins une personne a été blessée, puisqu'un hôpital de Sydney rapporte qu'une otage a été atteinte d'une balle à la jambe.
De multiples explosions avaient retenti avant l'assaut policier contre le café Lindt, et cinq ou six autres otages s'étaient enfuis. Une femme en pleurs a eu besoin de l'aide des policiers pour sortir et deux autres personnes ont été évacuées sur des civières.
Une civière transportait ce qui semblait être un homme sous un drap ensanglanté. Une femme aux pieds couverts de sang se trouvait sur l'autre civière.
Cinq otages avaient pu se sauver plus tôt pendant la journée.
Le preneur d'otages serait un soi-disant leader religieux musulman qui fait l'objet de plusieurs accusations d'agression sexuelle et de complicité de meurtre.
Des médias locaux affirment qu'il s'agit de Man Haron Monis, un homme de 50 ans d'origine iranienne. Son identité n'a pas été confirmée officiellement par la police, mais un responsable a admis qu'il ne «serait pas erroné» de dire que Monis est le suspect.
Monis était connu
Monis est dans la mire des dirigeants depuis longtemps. Il a écopé l'an dernier de 300 heures de travaux communautaires pour avoir envoyé des lettres insultantes aux familles de soldats morts en Afghanistan. Il a ensuite été accusé de complicité en lien avec la mort de son ancienne épouse. Plus tôt cette année, il a été accusé d'une agression sexuelle commise en 2002.
Monis était actuellement en liberté sous caution.
«C'est un individu détraqué. Ce n'est pas un acte de terrorisme planifié. C'est un individu endommagé qui a posé un geste scandaleux, a dit l'ancien avocat de Monis, Manny Conditsis, à l'Australian Broadcasting Corporation. Son idéologie est tellement puissante qu'elle bloque son objectivité et son bon sens.»
L'otage blessée, une femme d'une quarantaine d'années, se trouvait dans un état sérieux mais stable à l'hôpital Royal North Shore, a dit la porte-parole Jenny Dennis. Elle a été admise peu de temps après l'assaut policier.
La crise a éclaté vers 9 h 45 lundi matin à Martin Place, une place publique au coeur du district financier et commercial de la ville qui est bondée de gens à cette période de l'année.
«C'est un incident très troublant, a dit le premier ministre australien Tony Abbott. Il est profondément choquant que des innocents soient retenus en otage par un homme armé qui prétend avoir des motivations politiques.»
Plusieurs groupes australiens musulmans ont publié un communiqué conjoint dans lequel ils condamnent cette attaque. Ils ont ajouté que l'inscription sur le drapeau témoigne «d'une foi qui a été détournée par des individus malavisés».
En guise de solidarité, plusieurs Australiens ont offert sur Twitter d'être vus en public avec les musulmans qui craindraient des représailles. Le mot-clé #IllRideWithYou avait été utilisé plus de 90 000 fois en fin de soirée lundi.