Régis Labeaume estime maintenant avoir les coudées franches pour aller de l’avant avec l’implantation d’un projet de transport collectif structurant pour la capitale.

Priorité au transport collectif pour l'administration Labeaume

Le maire de Québec a rencontré la presse une première fois mercredi pour dresser les priorités qui attendent son administration au cours du prochain mandat. Le dossier tout en haut de la liste commence par un «T», comme dans «transport collectif».

C’était le principal sujet lors de la dernière campagne. Et on n’a pas fini d’en parler. Régis Labeaume estime maintenant avoir les coudées franches pour aller de l’avant avec l’implantation d’un projet de transport collectif structurant pour la capitale. «Dans les sondages, c’est 70%-30% [en faveur du transport collectif]. C’est pile-poil avec les sondages», a-t-il lancé, à propos du résultat de l’élection. 

En effet, M. Labeaume évalue que les 50% d’électeurs qui ont voté pour lui, auxquels il additionne les 14,64 % d’Anne Guérette, reflètent la volonté de la population. «Le vote pour Guérette, ce sont des gens qui veulent un réseau de transport structurant. Ce n’est pas le même que nous [Mme Guérette promeut un tramway], mais la volonté d’en avoir un est le même. Le test est passé, je pense», ajoute-t-il.

Il souhaite informer la population après les fêtes sur la faisabilité des projets étudiés par le comité consultatif sur la mobilité durable, précisant que le mandat obtenu ne lui donne pas pour autant carte blanche. «On va leur dire où on est rendu, les hypothèses émises. Il y a 15-20 façons de faire. Les gens qui veulent un métro, on va leur dire si c’est possible ou non. Les gens qui veulent un monorail, est-ce que c’est possible ou non? Pendant ce temps-là, les gens travaillent sur le tracé», a-t-il expliqué, se gardant bien tout au long de la rencontre de prononcer les lettres maudites: SRB.

Un dossier à défendre

Il ne croit pas possible de présenter un projet concret avant l’été 2018. Cependant, ça ne doit pas empêcher la Ville de demander les fonds disponibles auprès des deux paliers de gouvernements supérieurs. Ottawa a déjà promis des milliards pour des projets de transport collectif. Le problème est que d’autres villes espèrent aussi obtenir de l’argent de ces mêmes fonds, dont celle à l’autre bout de la 20, Montréal.

Le maire a d’ailleurs souligné qu’il faudra défendre le dossier de transport collectif à Québec. Il souligne que la nouvelle mairesse de la métropole, Valérie Plante, a un véritable «poids politique» en vertu du mandat sans équivoque que lui ont donné les électeurs. «Bon, là, y’a la ligne bleue, la ligne rose [à Montréal]. Nous, on a notre dossier. Elle fait bien de défendre ses dossiers. Mais moi, je suis très heureux de mon mandat fort pour pouvoir défendre le nôtre», soutient M. Labeaume.

«Il faut qu’on défende nos intérêts et elle va défendre les siens. Évidemment, il faudra qu’il reste de l’argent sur la table pour nous. C’est une saine compétition entre deux villes», renchérit-il. 

Le maire a déjà eu, depuis lundi, une discussion avec le ministre responsable de la région de Québec, Sébastien Proulx, au sujet du dossier du transport collectif. Il compte en avoir une autre, plus officielle, dès la semaine prochaine. «Ça va être le premier item sur l’agenda. Je veux leur dire comment je vois les choses.»

L’important, dit-il encore, est d’agir rapidement pour puiser dans les fonds. Il avance même pouvoir obtenir des garanties de financement, sans devoir présenter un projet totalement ficelé.

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VILLE RECHERCHE MAIN-D'OEUVRE

Le maire est aussi revenu sur l’importance d’attirer à Québec les travailleurs étrangers pour pourvoir aux nombreux postes vacants dans tous les domaines. Il en fait d’ailleurs l’un des dossiers prioritaires au cours des prochains mois. 

Régis Labeaume fonde beaucoup d’espoir sur le projet pilote Québec-France pour l’emploi qui permet depuis novembre aux petites et moyennes entreprises (PME) de la Capitale-Nationale d’afficher leurs offres d’emplois sur le site Internet de Pôle Emploi, l’équivalent d’Emploi Québec sur le territoire français. 

Même s’il estime que ce n’est pas son mandat premier, M. Labeaume souhaite personnellement s’impliquer dans cette offensive. «Il faut leur vendre Québec. Une ville, ça se vend. Une qualité de vie, ça se vend», insiste-t-il.

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PARLE PARLE, JASE JASE

Régis Labeaume a passé beaucoup de temps au téléphone lundi. L’une de ses premières tâches a été d’appeler l’ex-maire de Montréal, Denis Coderre, pour le remercier du travail accompli dans les dossiers communs aux deux villes au cours du dernier mandat. 

Il a aussi communiqué avec la nouvelle mairesse de la métropole, Valérie Plante, pour la féliciter. Il n’a d’ailleurs eu que de bons mots. «Elle va être une excellente politicienne», avance-t-il. 

Enfin, il a pris contact avec son homonyme de la rive sud, Gilles Lehouillier, pour discuter une première fois après la virulente sortie du maire de Lévis contre lui en cours de campagne sur le dossier du SRB. Ils ont convenu de travailler conjointement sur plusieurs dossiers, mais feront avancer leur projet respectif en transport: le troisième lien pour M. Lehouillier et le transport en commun pour M. Labeaume. «On n’a pas la même vision. On n’a pas le même mandat. Mais il faut qu’on livre.» 

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LE TON EST DONNÉ

«Je veux souhaiter la bienvenue aux nouveaux élus. Leur dire que c’est un privilège d’être choisi par la population et que le défi est de ne pas décevoir.» C’était le mot d’accueil du maire réservé aux deux représentants élus de Québec 21, Jean-François Gosselin, chef de la nouvelle formation politique, et Stevens Melançon, candidat élu dans Chute-Montmorency-Seigneurial, qui feront leur entrée le lundi 20 novembre au conseil municipal. 

À une question posée à savoir si la joute politique sera différente de celle qu’il avait avec l’ex-conseillère Anne Guérette, il a eu cette réponse: «Il va falloir qu’ils avancent des choses sérieuses parce qu’ils vont pouvoir avoir une réponse dans les minutes qui suivent. Ils ont eu ça facile depuis six mois. J’aime autant avoir l’opposition devant moi, plutôt que dans le dos ou à la radio».