Pascan est la seule compagnie, avec Air Canada, à planifier des vols à heures fixes pour plusieurs destinations dans le nord et l'est de la province.

Pressions pour de l'aide financière à Pascan

Des voix s'élèvent pour que le gouvernement du Québec aide financièrement Pascan Aviation à offrir des liaisons régulières vers les régions éloignées.
Le Soleil rapportait mardi que le plus gros transporteur régional du Québec connaît des difficultés et demande une subvention ou un prêt d'un montant indéterminé à l'État québécois pour maintenir son offre de service.
Pascan est la seule compagnie, avec Air Canada, à planifier des vols à heures fixes pour plusieurs destinations dans le nord et l'est de la province. Les avions décollent, qu'ils soient pleins ou pas. Les autres entreprises aériennes locales répondent plutôt à des besoins ponctuels par du nolisement. 
John McKenna, président et chef de la direction de l'Association du transport aérien du Canada (ATAC), croit que cette particularité justifie une aide gouvernementale pour Pascan. Cela ne doit pas nécessairement passer par une subvention, dit-il, évoquant un prêt remboursable ou une entente de service. 
M. McKenna cite en exemple l'entente conclue avec Air Canada en 2002. Le transporteur s'était alors engagé à maintenir pendant trois ans 15 liaisons aériennes et à appliquer une tarification réduite sur 40 à 70 % des sièges. En échange, le gouvernement promettait d'utiliser davantage les services d'Air Canada pour le transport de fonctionnaires.
«Il faut voir le transport aérien comme un outil de développement régional», insiste M. McKenna. Il rappelle qu'au Québec, Pascan est souvent la seule alternative à Air Canada, dont les prix demeurent généralement plus élevés. «Si Pascan n'est pas là, il y a des liaisons qui vont être abandonnées, c'est sûr», prédit-il.
Sébastien Cummings, président de l'Association touristique des Îles-de-la-Madeleine, croit aussi que le gouvernement devrait appuyer les transporteurs aériens qui desservent les régions éloignées avec l'objectif de faire baisser le prix des billets d'avion et d'encourager le tourisme local.
Lui-même fait affaire avec Pascan pour transporter les artistes qui se produisent au bar-spectacle Les pas perdus, à Cap-aux-Meules, dont il est copropriétaire. La perte de ce transporteur serait «catastrophique» pour l'industrie touristique, n'hésite-t-il pas à dire, car les prix pratiqués par Air Canada tiennent du monopole. 
«Venir aux Îles de Montréal ou Québec, ça coûte au moins 800 à 900 $ alors qu'on peut aller dans le Sud pour 500 $. Si on baisse les prix, il va venir plus de monde et ça va aider toute l'économie d'une région», fait-il valoir.
Selon les statistiques de l'association, environ 25 % des 60 000 visiteurs de l'extérieur de l'archipel optent pour l'avion contre 75 % pour le bateau. Il s'agit de travailleurs et de fonctionnaires pour la plupart. Les touristes arrivent encore principalement par la voie des eaux.
Avec la relance du Plan Nord, le maire suppléant de Sept-Îles Jean Masse croit que sa ville ne peut tout simplement pas se permettre de perdre un «joueur important» du transport aérien. «Pascan a sa place, surtout avec tout ce qui s'en vient», assure-t-il. «Le transport par avion ici, c'est très dispendieux, nous n'avons pas beaucoup de choix ni de services. Pascan est venu combler un vide, c'est un gros complément.»
Développement du Nord-du-Québec
M. Masse voit d'ailleurs d'un bon oeil un éventuel support financier du gouvernement à l'entreprise, surtout avec son projet de développer le Nord-du-Québec. «Ils [le gouvernement] doivent avoir de l'argent pour ça, pour s'assurer de l'accès au territoire et que les services soient là [...] C'est la base de tout», martèle-t-il. 
Le président de l'Association québécoise du transport aérien (AQTA), Jean-Marc Dufour, rappelle pour sa part que toutes les entreprises aériennes québécoises ont souffert du ralentissement de l'activité économique. Celui qui dirige aussi l'aéroport de Saguenay plaide pour une refonte complète du système canadien afin de réduire les nombreux frais associés au transport aérien. «C'est le seul moyen de transport qui fonctionne sur le principe de l'utilisateur-payeur», déplore-t-il. 
Avec la collaboration de Fanny Lévesque