Trump augmente ses dépenses publicitaires pour contrer Biden

Brian Slodysko
Associated Press
WASHINGTON — La campagne de réélection du président Donald Trump annonce qu’elle augmente ses dépenses publicitaires dans les États cruciaux, une décision qui intervient face à l’inquiétude croissante de certains de ses alliés de voir le démocrate Joe Biden la dépasser ces dernières semaines.

La campagne Trump a annoncé mardi l’achat à «huit chiffres» d’annonces, mais a refusé de dire spécifiquement combien sera dépensé dans des États qui incluent la Caroline du Nord, la Floride, la Géorgie, le Michigan, le Minnesota, le Wisconsin, l’Arizona et la Pennsylvanie. La campagne a également déclaré qu’elle avait l’intention de diffuser des annonces ciblant des districts du Congrès du Maine et du Nebraska — deux États où le gagnant ne remporte pas tous les électeurs en jeu.

M. Trump a une capacité démesurée à attirer l’attention des médias nationaux et s’est souvent montré apte à façonner les termes du débat politique à son avantage. Mais après avoir peiné à éroder considérablement la position de M. Biden dans les sondages d’opinion publique, la publicité reste l’un des meilleurs outils disponibles pour aider à modifier la trajectoire d’une élection qui approche rapidement.

Cela présente un dilemme aux enjeux élevés aux responsables des dépenses de la campagne Trump, à un moment où les démocrates ont fracassé les records de collecte de fonds et plus que comblé le formidable avantage financier dont jouissaient précédemment les républicains.

«La campagne publicitaire de cette semaine poursuit notre plan stratégique pour suivre les dates du calendrier, les États qui votent tôt, les données qui guident toujours notre prise de décision et notre chemin», a déclaré dans un communiqué le directeur de campagne de M. Trump, Bill Stepien.

100 M$ pour Bloomberg

Pourtant, alors même que la campagne annonçait cet engagement renouvelé, elle continuait d’être dépassée par M. Biden. Selon les données de la société Kantar / CMAG, le candidat démocrate a également réservé une quantité importante de temps d’antenne dans des États que M. Trump a remportés facilement en 2016, dont 15 millions $ US pour l’Ohio.

La campagne Trump a également brusquement annulé une partie de son temps d’antenne à la dernière minute, y compris une série de publicités qui devaient être diffusées la semaine dernière en Arizona, au New Hampshire et en Pennsylvanie. La campagne a expliqué que ces décisions faisaient partie d’un changement plus large des dépenses publicitaires.

Pendant ce temps, dans l’État adoptif de M. Trump, en Floride, l’ancien maire milliardaire de New York Michael Bloomberg a annoncé le week-end dernier qu’il dépenserait au moins 100 millions $US de son propre argent pour vaincre M. Trump à cet endroit. Cela risque de désavantager M. Trump, à moins qu’il n’augmente les 32,6 millions $US de temps publicitaire qu’il a réservés dans l’État.

Les publicités que M. Trump lance contre M. Biden utilisent la voix de gens ordinaires pour attaquer l’ancien vice-président et essayer de transformer sa longévité en tant que politicien à Washington en désavantage.

«Joe Biden ne pourrait jamais gérer l’économie après la COVID. Il n’y a aucun moyen. Ce serait un désastre, dit une femme identifiée comme la propriétaire d’une petite entreprise. Joe Biden n’a absolument rien fait pour l’Amérique en 47 ans.»

Une autre annonce dépeint M. Biden comme doux envers la Chine et favorable aux «mauvais accords commerciaux» qui ont aidé à délocaliser des emplois bien rémunérés.

Les publicités «se concentrent sur l’économie, qui sera la question déterminante de la course, et opposent le solide bilan économique du président Trump aux 47 années d’échec de Joe Biden», a déclaré la campagne Trump dans un communiqué.

«Les publicités diffusées à la télévision locale à partir de mardi mettent en vedette de vraies personnes dont la vie a été positivement affectée par les politiques du président Trump.»


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COVID: TRUMP COMPARE SA STRATÉGIE À CELLE DE CHURCHILL

Une statue de Churchill vandalisée à Londres

WASHINGTON — Quand on lui demande d’expliquer les assurances trompeuses qu’il a présentées aux Américains au sujet de la pandémie de coronavirus, le président Donald Trump répond qu’il s’est inspiré de la stratégie de Winston Churchill qui a cherché à rassurer la population en période de grand péril.

Mais ce n’est pas exactement comme ça que ça s’est passé.

M. Churchill n’a jamais dit aux Britanniques que la menace nazie était «sous contrôle», ou encore qu’elle «disparaîtrait comme par miracle», pour reprendre les paroles de M. Trump au sujet du coronavirus.

Le premier ministre britannique a propagé la peur aussi bien que la détermination quand il a demandé aux Britanniques de s’unir contre cet «appareil hideux d’agression» qui a réduit en esclavage de vastes portions de l’Europe et «se retournera bientôt contre nous».

Les propos de M. Trump concernant la pandémie sont bourrés de désinformation depuis le début. Mais dans Rage, le nouveau livre du journaliste Bob Woodward, M. Trump reconnaît avoir volontairement déformé les faits pour minimiser la menace que présentait la COVID-19, aux Américains en général et aux jeunes en particulier, même s’il savait que c’était faux. Le président se justifie en disant qu’il cherchait à éviter la panique.

Lors d’une visite au Michigan il y a quelques jours, M. Trump a lancé à ses partisans que M. Churchill, pendant que les Allemands bombardaient Londres, «a toujours parlé calmement. Il disait, “il faut montrer du calme”».

Puis, un peu plus tard : «Comme le gouvernement britannique l’a dit pendant la Deuxième Guerre mondiale, ‘Restez calmes et continuez à faire vos affaires’ (Keep calm and carry on). C’est ce que j’ai fait.»

Sauf que les historiens ne sont pas d’accord.

«Churchill comprenait que la candeur est essentielle pendant une crise, a dit sur Twitter Erik Larson, qui a écrit une histoire de Churchill et des Britanniques pendant le Blitz. Il n’a pas enrobé la menace allemande de sucre.»