Préservation de l’eau du lac Saint-Charles: les maires exigent 200 M$ [VIDÉO]

Les maires de Québec, de Stoneham-et-Tewkesbury et de Lac-Delage s’unissent pour exiger des investissements de 200 millions $ sur dix ans du fédéral pour la préservation de l’eau du lac Saint-charles et la pérennité des infrastructures municipales. Ils demandent aux candidats aux élections fédérales de s’engager fermement pour sauvegarder l’eau potable de la région.

Pour le maire de Québec, Régis Labeaume, Il faut agir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. «Tout le monde marche pour la planète. Ils vont avoir l’occasion pour les deux, trois prochaines semaines de nous dire si oui on non ce sont des vœux pieux ou s’ils sont prêts à agir. À la Ville de Québec, notre urgence pour la planète, c’est ça : la protection du lac Saint-Charles», a-t-il martelé lundi en point de presse en compagnie de Claude Lebel, maire de Stoneham-et-Tewkesbury et Guy Rochette, maire de Lac-Delage.

Ces dernières années, l’urbanisation et les activités humaines dans le bassin versant ont entraîné une dégradation de la qualité de l’eau de son réservoir principal, le lac Saint-Charles.

«Depuis l’apparition de cyanobactéries en 2006, les études sur la qualité de l’eau ont mis en lumière plusieurs problèmes comme l’eau usée, les plantes envahissantes, le vieillissement prématuré du lac», a-t-il rappelé

Les programmes fédéraux «tatillons»

Selon les élus, le maximum est réalisé pour préserver l’eau, mais il est obligatoire d’aller encore plus loin pour assurer la viabilité du lac Saint-Charles à long terme et si Québec veut encore pouvoir puiser l’eau potable dans le lac Saint-Charles dans dix ans. 

«Nous investissons d’importantes sommes pour la modernisation et l’amélioration de notre station de traitement des eaux usées, mais nous avons des moyens limités», a insisté M. Lebel. 

«Depuis plusieurs années, nous agissons concrètement pour préserver notre lac, soit par le contrôle des sédiments, des routes blanches, l’ajout de conduites pluviales ou encore la correction des problèmes d’infiltration dans le réseau d’égout. Des investissements gouvernementaux apparaissent toutefois essentiels pour continuer notre travail», a renchéri le maire de Lac-Delage, Guy Rochette. 

Les trois élus reprochent à l’administration fédérale d’avoir des critères «trop restreints» pour l’obtention de subventions. Les programmes existants sont «tatillons», «compliqués» et n’aident pas les municipalités, a déploré M. Lebel. 

«Il faut bonifier les montants, parce que si on est comme ça à Québec, imaginez ailleurs. Je pense qu’on n’a pas pris en compte l’ampleur du phénomène, mais il faut surtout changer les critères, élargir les capacités des villes», a plaidé M. Labeaume. «On veut une réponse claire, pas de belles paroles : “Oui nous vous promettons que si nous sommes au gouvernement, vous aurez les 200 millions que vous demandez pour assurer la survie du lac Saint-Charles à long terme”», a-t-il poursuivi. 

Cinq chantiers pour préserver l’eau potable

M. Labeaume, Rochette et Lebel demandent donc aux candidats fédéraux d’inclure dans leur plateforme électorale des investissements de 20 millions $ par années sur dix ans pour réaliser quatre chantiers.

Ces chantiers permettront de remplacer et de raccorder des fosses septiques au réseau d’égout, de connecter les stations de traitement des eaux usées de Stoneham-et-Tewkesbury et de Lac-Delage à la Ville de Québec et d’implanter des infrastructures vertes.

En plus de ces quatre chantiers, les trois villes ainsi que l’Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord (APEL) souhaitent également acquérir à court terme des terrains totalisant 1200 ha (1400 terrains de football) afin de préserver de vastes milieux naturels forestiers et humides en amont du lac Saint-Charles.

L’APEL a fait une demande de subvention de 7 millions $ au gouvernement fédéral en mars en plus de solliciter le gouvernement provincial, mais n’a toujours pas reçu de réponse. La Ville de Québec s’est déjà engagée à investir 7,2 millions $ dans ce projet.   

«S’il y a croissance en amont du lac, il va continuer à avoir de la détérioration. Ultimement, dans quelques dizaines d’années, il va falloir aller chercher l’eau ailleurs. Et là les investissements vont être de beaucoup supérieurs», a soutenu le président de l’APEL, Daniel Gilbert.

Le lac Saint-Charles fournit l’eau à plus de 300 000 personnes sur le territoire de l’agglomération, ce qui représente 60 % de l’eau potable de la région.

S’il se dit en accord avec la demande de 200 millions $ des trois maires pour la préservation de l’eau, le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, veut savoir «combien ça va couter s’il y a des raccordements à faire». Il exige aussi une «entente» entre les trois villes pour éviter que les citoyens de Québec payent tous les frais.