Un abreuvoir et neuf robinets ont échoué l’examen à l’école Saint-Malo.

Présence de plomb confirmée à l’école Saint-Malo

Les premiers tests effectués dans les écoles de la région de Québec confirment la présence de plomb dans l’eau de certains robinets et abreuvoirs.

Nous avons reçu le résumé des résultats obtenus à l’école Saint-Malo, dans le quartier Saint-Sauveur. Cet établissement primaire figurait dans le dossier publié par Le Soleil début octobre. Des données que nous avions obtenues révélaient que la Ville de Québec y avait décelé un taux de plomb presque neuf fois supérieur à la nouvelle norme de cinq microgrammes par litre d’eau (5 µg/l).

La Commission scolaire de la capitale et la direction de la santé publique, sur la foi d’autres tests, avaient jugé qu’il n’y avait pas de contamination excessive. Donc pas de risque. On avait néanmoins changé un vieux robinet. 

Mardi, un courriel transmis aux «parents et tuteurs» se lisait ainsi : «Nous vous informons que les 53 points d’eau de l’école Saint-Malo ont été testés. Les résultats obtenus démontrent que certains de ceux-ci ont une concentration de plomb supérieure à la nouvelle norme de Santé Canada, norme maintenant adoptée par le gouvernement du Québec.» 

Un abreuvoir et neuf robinets ont échoué l’examen. Cela, même si les prélèvements sont effectués en saison froide, quand le taux de contamination est réduit puisque le plomb est présent en plus grande quantité quand l’eau se réchauffe au printemps.

Dès maintenant, des mesures sont prises, lit-on dans le courriel. Concernant l’abreuvoir : «Point d’eau condamné et identifié avec une affiche.»  Pour les sept robinets «moins» contaminés : «Affiche avec un avis de laisser couler l’eau une minute avant consommation». Pour les deux robinets plus souillés : «Affiche avec un avis d’utilisation pour lavage de mains seulement».

La direction de l’école ajoute : «Dans le but d’assurer la sécurité des élèves et du personnel de l’école, nous avons pris les mesures nécessaires pour résoudre la situation rapidement.» 

Selon les directives ministérielles, l’école devra notamment remplacer les abreuvoirs et robinets pollués. Elle devra en outre embaucher des experts pour trouver la source du poison et apporter les changements nécessaires à la plomberie.

D’autres résultats à venir

Pour l’heure, nous n’avons pas reçu de résultats pour les autres écoles de la région de Québec. En soirée, mardi, nous avons tenté de joindre le ministère, le cabinet du ministre et la commission scolaire de la Capitale pour en apprendre plus. Sans succès.

Rappelons cependant que dans notre premier reportage diffusé au sujet du plomb dans l’eau des écoles de la capitale, début octobre, nous avions identifié d’autres bâtiments pointés par les experts de la mairie de Québec : 21 µg/l à l’école Sans-Frontière (Vanier); 19,8 µg/l à l’école Saint-Fidèle (Limoilou); même 360 µg/l à l’école internationale Saint-Sacrement. La Ville y avait donc mesuré des concentrations de 4 à 72 fois la norme de 5 µg/l. 

Dans un autre article, nous évoquions la présence de plomb aussi dans l’ex-commission scolaire des Découvreurs, du moins à l’école secondaire De Rochebelle.

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Du plomb dans l’eau à l’école De Rochebelle

Le lendemain de la publication du dossier du Soleil, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge avait annoncé que toutes les écoles du Québec devront traquer le plomb.

Le jour de cette annonce, La Presse avait aussi fait état de la contamination de l’eau de certaines écoles montréalaises.

Peu après, Le Soleil indiquait que les garderies seraient soumises aux mêmes exigences.

La procédure transmise aux écoles stipule : «Pour les écoles primaires, les tests devront être complétés et les correctifs à apporter devront être identifiés et amorcés pour le 23 juin 2020. Pour les autres établissements, les tests devront être complétés et les correctifs à apporter devront être identifiés pour le 1er novembre 2020.» 

Voici ce qu’écrit le ministère de l’Éducation au sujet du danger que représente le plomb : «En général, l’exposition au plomb provenant de l’eau potable est faible et comporte peu de risque pour la santé. Les enfants de moins de 6 ans et les femmes enceintes [pour l’enfant à naître] sont toutefois plus sensibles aux effets du plomb que les adultes. Les effets d’une exposition au plomb pendant plusieurs années sont surtout de nature neurocomportementale, comme une diminution de la capacité d’apprentissage.» 

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