Le presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse
Le presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse

Presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse: la ministre Roy interpellée

Brigitte Breton
Brigitte Breton
Le Soleil
La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, est interpellée pour préserver le presbytère et le coeur institutionnel de Saint-Michel-de-Bellechasse.

Le GIRAM et la Société du Vieux Bourg de Saint-Michel demandent de décerner le statut «d’immeuble patrimonial» au presbytère, et de déclarer «site patrimonial» le coeur institutionnel du village. 

Le cri du coeur de la conseillère municipale Sylvie Lauzon pour sauver le bijou patrimonial de son village, parmi les plus beaux au Québec, a été entendu. Reste à savoir si Mme Roy et son ministère l’entendront aussi.

Récemment, Mme Lauzon faisait part au Soleil de ses craintes pour la sauvegarde du vieux presbytère, de la grange à dîme, et l’utilisation des terrains avoisinants acquis de la Fabrique il y a trois ans. La municipalité veut rouvrir l’entente conclue en 2017. Mme Lauzon et deux autres conseillers, Stéphane Garneau et Nathalie Lessard, s’y opposent. 

Mme Lauzon veut éviter de voir ériger des condos de luxe sur un site si riche d’histoire sur le bord du Saint-Laurent. Elle a soumis aux Michelois et aux Québécois  une vision de ce que pourrait devenir le coeur de Saint-Michel, et sollicité leurs avis.

Depuis, la conseillère municipale reçoit de nombreux appuis de Michelois et de Québécois soucieux de la préservation du patrimoine bâti.

«Des gens tenaient pour acquis le presbytère et son environnement. D’autres étaient jusqu’à maintenant indifférents. Ils prennent maintenant conscience des dangers et des enjeux. C’est un éveil.» 

La Société du Vieux Bourg de Saint-Michel, dont la conseillère fait partie, et le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM), se tournent maintenant vers la ministre de la Culture et des Communications pour obtenir un avis d’intention de classement.

Ils ont le soutien de la Société historique de Bellechasse, de la Fédération histoire Québec, et des Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec. 

Le président de cette association souligne que la reconnaissance et les efforts de sauvegarde d’un bâtiment ont des effets incitatifs sur les propriétaires de maisons anciennes. Saint-Michel comptant plusieurs belles vieilles demeures, la municipalité pourrait y trouver son compte.

Dans un communiqué, le GIRAM et la Société du Vieux Bourg Saint-Michel s’étonnent que le presbytère construit en 1739, un bâtiment d’une valeur historique incontestée pour la Côte-du-Sud et le Québec, n’ait pas jusqu’à ce jour été reconnu ou désigné par le gouvernement comme d’intérêt national.

La ministre Roy va-t-elle combler cette lacune?

Celle-ci a déposé récemment un projet de loi modifiant la Loi sur le patrimoine culturel. La ministre dit vouloir protéger le patrimoine bâti et raviver la fierté des Québécois.

Parmi tous les messages d’appui reçus depuis la fin d’octobre, un appel téléphonique a particulièrement ravi la conseillère Lauzon. Celui d’un agent du ministère de la Culture et des Communications lui disant être au courant du dossier de Saint-Michel et lui demandant des informations supplémentaires.

En attendant une réponse de Nathalie Roy et de son ministère, Mme Lauzon rédige son rapport sur la consultation en ligne qu’elle a menée plus tôt cet automne sur la préservation et la valorisation du presbytère et du coeur historique de Saint-Michel. Elle a reçu 200 suggestions.

Sylvie Lauzon se dit «très motivée» pour la suite des choses.