«Il n'y a aucun problème pour que ces femmes-là se baignent avec cet accoutrement-là. C'est juste regrettable que ces femmes-là soient obligées d'être attriquées de cette façon-là pour se baigner. C'est incroyable. Incroyable. On va espérer qu'elles se révoltent un jour», a déclaré Régis Labeaume.

Près d'un million $ en salaire pour le groupe de travail sur la mobilité durable

D'ici la fin de l'année 2014, la Ville de Québec aura versé plus d'un million de dollars aux trois membres réguliers de son groupe de travail sur la mobilité durable. Une aubaine, selon Régis Labeaume.
Le comité exécutif a reconduit dernièrement les contrats du directeur de projet du plan de mobilité durable, Liguori Hinse, du secrétaire du groupe de suivi, Gilles Paré, et d'une adjointe au secrétariat.
Au cours de l'année 2014, M. Hinse touchera un maximum de 132 516 $. Son horaire de travail passe de trois à quatre jours de travail par semaine, notamment pour faire le suivi de l'étude de faisabilité sur le tramway, dont la livraison est prévue pour l'automne.
L'échelle salariale de ce haut fonctionnaire à la retraite est la même que les cadres de la direction générale et les directeurs de service et d'arrondissement de la Ville de Québec.
Le secrétaire Gilles Paré pourra recevoir 45 724 $ pour ses services. Il travaille jusqu'à trois jours par semaine pour «assurer un suivi administratif, technique et professionnel pour chacun des comités et groupes de travail associés au plan» de mobilité durable. L'adjointe au secrétariat sera payée 28 004 $ au maximum.
Dans tous les cas, une gratification équivalant à 15 % du salaire est ajoutée pour compenser les avantages sociaux.
De 2009 à 2013, 854 781,41 $ ont été versés aux mêmes membres du groupe de travail. Le plan de mobilité durable a été déposé à l'automne 2011.
Les contractuels de la Ville «assurent la gouvernance et le suivi des travaux du comité directeur, du comité d'orientation et du comité de projet. Ils veillent à l'exécution et au suivi des orientations et recommandations du plan dans les activités courantes de la Ville, du RTC [Réseau de transport de la Capitale] et des autres partenaires régionaux», a expliqué dans un courriel David O'Brien, porte-parole de la Ville de Québec.
«Parmi les projets suivis actuellement par le groupe, on retrouve entre autres l'étude de faisabilité pour un tramway, le plan directeur d'aménagement et de développement, le projet Entrée de la capitale [tête des ponts], la mise en oeuvre du plan directeur du réseau cyclable et tout autre projet en lien avec le plan de mobilité durable», a-t-il ajouté, qualifiant le groupe de suivi de «structure de gouvernance légère».
Interrogé sur le sujet, le maire Régis Labeaume est passé à l'offensive, tentant une comparaison avec le salaire des journalistes. Puis il a poursuivi avec sa réponse préparée : «Écoute, 800 000 $ pendant cinq ans... Si on veut le faire, à un moment donné, ça ne peut pas être plus raisonnable que ça. Ça coûte pas cher. C'est pas des pâtissiers, c'est des gens qui sont compétents.»
Invité à détailler les réalisations du groupe de suivi, le maire a répondu : «Ils travaillent là-dessus. Je ne commencerai pas à vous dire ce qu'ils font à la journée longue.»
Le directeur général d'Accès transports viables, qui fait la promotion des transports collectifs et actifs dans la région de Québec, s'interroge sur le suivi qui est fait du plan de mobilité durable. Outre l'étude de faisabilité sur le tramway, Étienne Grandmont considère que «peu de choses ont été mises de l'avant en lien avec les objectifs et les recommandations» contenus dans le document.
Messages contradictoires
Au contraire, le maire a fait la promotion des autoroutes et du stationnement dans le centre-ville, dénonce M. Grandmont. «Pour nous, ce sont des messages qui sont contradictoires avec l'esprit et les orientations du plan de mobilité de la Ville.»
Si d'autres chantiers ont avancé, le jeune dg dit ne pas être au courant. «On a peu d'infos. C'est assez opaque comme façon de faire pour l'instant. Il n'y a pas d'échéancier public, pas de budget public, il n'y a pas de plan d'action.»
Selon lui, «la mobilité, si on veut que ça pogne dans la population, que les gens y adhèrent et que politiquement après les décideurs puissent prendre les décisions et que ce soit bien accepté, il faut que les gens soient mis dans le coup, qu'ils soient mis au courant».
Avec la collaboration de Valérie Gaudreau