Canadian Prime Minister Paul Martin shakes hands with Israeli Prime Minister Ariel Sharon before their bilateral meeting in New York Thursday Sept. 15, 2005. Sharon died Saturday, Jan. 11, 2014 at age 85. THE CANADIAN PRESS/Tom Hanson

Premiers ministres canadiens et présidents américains saluent Ariel Sharon

Des premiers ministres canadiens ont réagi, samedi, au décès de l'ancien premier ministre d'Israël, Ariel Sharon, un homme renommé pour ses exploits au front et son ambition de transformer le Moyen-Orient.
M. Sharon est décédé samedi à l'âge de 85 ans, huit ans après qu'une attaque cérébrale l'eut plongé dans un coma dont il n'est jamais sorti.
Dans un communiqué envoyé samedi, le premier ministre Stephen Harper a qualifié M. Sharon de «dirigeant militaire réputé» qui «a cherché à assurer la sécurité d'Israël avec une détermination inébranlable qui a été reconnue par ses amis comme par ses adversaires».
M. Harper a aussi affirmé qu'il a joué un rôle central au sein du gouvernement israélien durant plusieurs années «au cours desquelles il a transformé le paysage politique grâce à son leadership et à sa vision».
L'ancien premier ministre israélien a été «un des architectes de l'Israël de l'ère moderne et l'un de ses plus ardents défenseurs», a-t-il ajouté.
Au cours des années qui ont précédé son attaque cérébrale, M. Sharon a graduellement abandonné ses positions radicales à l'endroit de la Palestine. Il a également retiré les colonies et les soldats de la bande de Gaza durant l'été 2005.
À cette époque, c'était Paul Martin qui dirigeait le Canada.
En entrevue avec La Presse Canadienne samedi, M. Martin s'est souvenu d'une discussion surprenante qu'il avait eue avec M. Sharon dans les bureaux de l'ONU à New York. M. Martin a affirmé qu'il n'était pas du tout comme il l'avait imaginé, «étant donné son passé militaire».
«Nous connaissons tous son passé de soldat, et c'était un solide soldat», a-t-il affirmé.
«En tant que premier ministre, je crois qu'il a adopté une vision beaucoup plus ouverte et c'était clair que sa priorité était d'instaurer la paix, non pas de façon temporaire, mais durable.»
Un autre ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, a affirmé qu'il n'avait rencontré qu'une fois le dirigeant défunt, mais qu'il se souvient de lui comme d'un homme avec de «fortes convictions».
Tout comme M. Martin, M. Chrétien a remarqué qu'il semblait vouloir réussir à apporter une solution au conflit israélo-palestinien.
«Parfois lorsque l'on fait face à la réalité, il faut changer nos points de vue, et c'est ce qu'il a fait», a-t-il fait valoir.
Le porte-parole en matière d'affaires étrangères du Nouveau Parti démocratique, Paul Dewar, a lui aussi offert ses condoléances au peuple israélien qui dit au revoir à «un personnage historique important et un influent leader, qui a passé sa vie au service de son pays».
Chris Alexander, ministre conservateur de la Citoyenneté et de l'Immigration, représentera le Canada à la cérémonie commémorative en l'honneur de M. Sharon.
Stephen Harper n'y sera pas, mais il doit effectuer sa première visite en Israël plus tard en janvier.
Obama, Clinton et Bush rendent hommage à Ariel SharonLe président américain Barack Obama et ses deux prédécesseurs George W. Bush et Bill Clinton ont salué la mémoire de l'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon, décédé samedi, et aux obsèques duquel le vice-président américain Joe Biden participera.
«Au nom des Américains, Michelle et moi présentons nos plus sincères condoléances à la famille de l'ancien Premier ministre Ariel Sharon et au peuple d'Israël pour la perte d'un leader qui a consacré sa vie à l'État d'Israël», a déclaré Barack Obama dans un bref communiqué.
«Nous réaffirmons notre engagement inébranlable en faveur de la sécurité d'Israël et notre attachement à l'amitié durable entre nos deux pays et nos deux peuples», a souligné le président.
«Nous restons attachés à une paix durable et à la sécurité pour le peuple d'Israël, y compris par notre engagement en faveur de l'objectif de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité», poursuit Barack Obama. «Alors qu'Israël fait ses adieux au premier ministre Sharon, nous nous joignons aux Israéliens pour rendre hommage à son engagement pour son pays».
Les États-Unis seront représentés par le vice-président Joe Biden aux obsèques, a annoncé celui-ci dans un communiqué. Selon les médias israéliens, les funérailles devraient avoir lieu lundi dans le ranch familial des Sycomores, dans le sud d'Israël, non loin de la frontière avec Gaza. Une cérémonie d'hommage officielle est également prévue lundi.
En revanche, le secrétaire d'État John Kerry, artisan de la reprise du dialogue direct israélo-palestinien, n'assistera pas aux obsèques, a indiqué sa porte-parole Jennifer Psaki, quelques heures avant leur départ pour Paris pour une réunion internationale sur la Syrie. M. Kerry «a fait part de ses condoléances» auprès du premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, selon Mme Psaki.
L'ancien président George W. Bush, qui prit ses fonctions quelques semaines avant l'élection d'Ariel Sharon au poste de premier ministre en février 2001, a également salué sa mémoire dans un communiqué.
«J'ai eu l'honneur de connaître cet homme de courage et de l'appeler mon ami», a-t-il déclaré. «Il entre à la postérité comme un guerrier et fut un partenaire pour tâcher d'obtenir la sécurité dans la Terre sainte et la paix au Moyen-Orient».
L'ancien président Bill Clinton et son épouse Hillary, secrétaire d'État de 2009 à 2013, ont également salué la mémoire de l'ancien Premier ministre qui «a donné sa vie à Israël».
«Ce fut un honneur de travailler avec lui, de débattre avec lui, et de le voir toujours en train de chercher la bonne voie pour son pays adoré», poursuit l'ancien président.
La brièveté et sobriété du communiqué de Barack Obama tranchaient avec celui de son secrétaire d'État, John Kerry.
«Le voyage d'Ariel Sharon a été celui d'Israël», a déclaré John Kerry dans une longue déclaration où il évoque «ce gros ours d'homme». «Le rêve d'Israël a été sa raison de vivre et il a joué le tout pour le tout pour faire vivre ce rêve».
«Durant toute sa carrière politique, ce n'est un secret pour personne que les États-Unis ont parfois eu des divergences avec lui», a ajouté le chef de la diplomatie américaine. «Mais que vous soyez d'accord ou non avec ses positions - et les opinions d'Arik (diminutif d'Ariel utilisé par les Israéliens, ndlr) étaient toujours claires comme de l'eau de roche -  vous ne pouviez qu'admirer cet homme, déterminé à assurer la sécurité et la survie de l'État juif».
Les républicains ont également célébré la carrière politique et militaire d'Ariel Sharon.
Le qualifiant d'un des plus grands «guerriers et hommes d'État de l'histoire moderne», le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, a estimé que «la contribution de Sharon à la création d'Israël et à la défense de son indépendance (était) inestimable, et sa dévotion à la paix incontestée».  Avec l'AFP