La consultation publique de la SAAQ doit mener à la révision du Code de la sécurité routière, discutée depuis 2013.

Première consultation pour améliorer la sécurité routière

La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) lance lundi sa grande consultation publique sur la sécurité routière, une première dans son histoire, alors même que le bilan routier montre des signes de stagnation après plusieurs années de réduction des décès et des blessures.
À partir du 9 janvier, un site Web (www.consultation.saaq.gouv.qc.ca) offrira de l'information sur cette consultation et recueillera les suggestions des citoyens. Jusqu'au 3 mars, il sera possible de répondre à un questionnaire en ligne et de soumettre par écrit ses opinions.
Du 3 février au 3 mars, des séances de consultation auront également lieu dans 11 villes : Chibougamau, Val-d'Or, Gatineau, Baie-Comeau, Rimouski, Trois-Rivières, Saguenay, Sainte-Adèle, Sherbrooke, Montréal et Québec. Il faudra s'inscrire à l'avance sur le site Web pour y prendre la parole. Les porte-parole Claudia Di Iorio, étudiante victime d'un chauffard en 2010, et Alain Gelly, policier retraité de Lévis, seront à l'écoute.
Le document de consultation préparé par la SAAQ reprend les statistiques des dernières années. On y constate que le nombre de victimes d'accidents a baissé continuellement entre 2010 et 2014, avant de remonter en 2015. À mi-année, la tendance pour 2016 était aussi à la hausse. Le taux de décès sur les routes par 100 000 habitants demeure également plus élevé au Québec qu'en Ontario, en Grande-Bretagne ou en Suède, par exemple. 
Un code à réviser
Référence est également faite au contexte particulier de vieillissement de la population, et donc des conducteurs québécois, et à la révolution technologique qui s'annonce. Après des années de gadgets qui aident à la conduite autant qu'ils nuisent à la concentration, la voiture autonome pointe le bout de son nez.
Quinze thèmes de sécurité routière sont proposés, allant de l'alcool au volant à la santé des conducteurs en passant par la ceinture de sécurité et les cyclistes. Un état de la situation actuelle est dressé pour chacun, des exemples de mesures adoptées ailleurs dans le monde sont proposés. Quelques questions sont aussi soulevées. Et si les amendes augmentaient pour les récidivistes du cellulaire au volant? Et si un couvre-feu était imposé aux jeunes conducteurs? Et s'il fallait déclarer son état de santé au moment de renouveler son permis de conduire?
Audrey Chaput, porte-parole de la SAAQ, assure que ce sont de simples idées pour susciter la réflexion. «Quelqu'un qui voudrait faire des suggestions sur tout autre sujet est invité à le faire», dit-elle. Le ministre des Transports, Laurent Lessard, a déjà déclaré qu'il n'y aurait «pas de tabou».
Cette consultation doit mener à la révision du Code de la sécurité routière, discutée depuis 2013. Le projet de loi tant attendu est promis pour 2017, idéalement avant la fin de la session parlementaire en juin.