Véronique Lalonde, accompagnée de son conjoint Louis Duchesne, se dit toujours inquiète des impacts de la poussière rouge.

Poussière rouge: Véronique Lalande livre son récit

La poussière rouge sur les menottes et le visage de son bébé de neuf mois. L’inquiétude. Les recherches. Les échantillons. Véronique Lalande a raconté son histoire des dizaines de fois. Mais hier, c’était l’occasion, cruciale, de donner sa version au tribunal.

La requérante de l’action collective contre le Port de Québec et la Compagnie Arrimage Québec a commencé à témoigner mercredi, six ans ou presque après le fameux épisode de poussière d’oxyde de fer qui a recouvert une partie de la basse-ville.

Depuis son arrivée dans le quartier Limoilou en 2010, la Mont­réalaise Véronique Lalande, pourtant habituée à la pollution urbaine, se questionne sur la poussière métallique qui recouvre ses balcons et ses fenêtres presque quotidiennement.

Lorsqu’elle a vu la poussette de son Léo, les trottoirs de sa 2e Rue, les voitures et les galeries toutes recouvertes d’une pellicule rougeâtre, l’inquiétude a gonflé son cœur. Et une certaine colère aussi.

Avec son conjoint Louis Duchesne, elle a aussitôt avisé les techniciens de la Ville de Québec ainsi que ceux d’Urgence-Environnement. 

La Limouloise n’a aucune idée d’où vient la poussière rouge. Les techniciens, eux, ne se posent pas longtemps la question. «Ça doit venir du Port. As-tu le droit d’entrer, toi?» se demandent-ils entre eux.

Les techniciens prennent des échantillons pendant que Véronique Lalande les regarde travailler. Elle a fermé les fenêtres et garde son bébé à l’intérieur.

Des symptômes de picotements 

Sujette aux allergies saisonnières, Véronique Lalande ressent les picotements typiques. Elle appellera la Direction de la santé publique pour signaler l’événement.

Plus tard ce jour-là, elle constate que le ministère de l’Environnement a publié un communiqué de presse sur l’événement du nuage de poussière rouge, qu’il classe dans la catégorie 2, pas les plus légers, mais pas les plus graves.

En soirée, le technicien du ministère de l’Environnement la rappelle en lui disant que la source de la contamination est bien au Port de Québec, dans le terminal Beauport, à deux kilomètres de chez Véronique Lalande. La couleur rouge s’explique par la composition de la matière : de l’oxyde de fer. «Le technicien me dit qu’à court terme, il ne devrait pas y avoir d’impact pour le bébé», rapporte Mme Lalande.

Véronique Lalande va voir le site Web du Port de Québec et surtout les photos du terminal Beauport. Elle y voit les énormes monticules de minerais en vrac qui débarquent des navires. «Le niveau d’anxiété se met à monter, confie la témoin. Je savais qu’on était dans un quartier industriel, mais de découvrir quelque chose d’aussi gros, aussi près de ma résidence, ça a été un choc.»

Le lendemain, la citoyenne rappelle à la Ville de Québec et à la Direction de la santé publique, via la ligne Info-Santé. Aucun des préposés n’est au courant du problème.

Un territoire affecté plus grand que prévu

Un chef pompier l’appelle et lui indique avoir fait une visite au port. «La quantité était importante et le territoire qui en avait reçu était plus grand que je le pensais alors je reste avec mes inquiétudes», dit Véronique Lalande.

Les trois avocats du Port de Québec et de la Compagnie Arrimage Québec écoutent attentivement le témoignage de la requérante. Ils auront l’occasion de la contre-interroger jeudi.

La Compagnie Arrimage Québec a reconnu être responsable du nuage de poussière qui s’est soulevé lors d’une opération de déchargement. Le procès vise à déterminer quels citoyens dans quels quartiers doivent être indemnisés et pour quel montant.