Le barrage Samson étant fermé, les marées ne peuvent plus s’engouffrer dans la rivière Saint-Charles. Résultat, le cours d’eau semble bien menu. «Le niveau de la rivière est naturellement bas à cette période», note par ailleurs la conseillère en communication à la Ville de Québec, Wendy Whittom.

Pourquoi la Saint-Charles semble à sec?

Quiconque fréquente la rivière Saint-Charles aura remarqué qu’elle est presque à sec dans sa portion urbanisée ; une étendue de sédiments plus ou moins propres a remplacé le miroir d’eau. Pourquoi?

Sous le pont Samson, celui qui enjambe la rivière près du palais de justice et de la gare ferroviaire, il y a un barrage. Mercredi, il a été fermé pour des travaux qui s’étireront sur quelques jours, voire quelques semaines, explique au Soleil la conseillère en communication Wendy Whittom. 

La fermeture du barrage devrait faire monter le niveau d’eau, non? En fait, la rivière est actuellement à sa hauteur «normale». Il n’est pas surprenant que le débit soit plutôt limité en cette saison clémente : «Les apports d’eau proviennent des pluies via le ruissellement et les nappes souterraines. En été, l’apport d’eau est au minimum, mais s’écoule en tout temps vers le fleuve. Le niveau de la rivière est naturellement bas à cette période.»

Alors, d’où provient l’eau qui remplit habituellement le lit de la rivière Saint-Charles? Du fleuve. Le barrage Samson étant fermé, les marées ne peuvent plus s’engouffrer. Résultat, le cours d’eau semble bien menu. Et les résidus s’accumulent. «En temps normal, la vanne demeure ouverte», note Mme Whittom. «Ceci permet aux marées de nettoyer l’accumulation de sédiments dans la rivière et à la végétation aquatique de se développer.»

Des dépôts, il y en a beaucoup au fond de la Saint-Charles. «Pour tout barrage, il y a accumulation de sédiments en amont, car il y a un ralentissement de l’eau qui permet aux particules de décanter», explique notre interlocutrice. «Les sédiments, souvent du sable, peuvent provenir de l’érosion naturelle des berges des rivières et du ruissellement des eaux en surface [incluant les égouts]. Dans le cas de la rivière Saint-Charles et du pont Samson, les sédiments s’accumulent lentement depuis la construction du pont, à la fin des années 1970.»

Pollution et recherches

Malheureusement, même si des canards plongent le bec dans la boue accumulée, cela ne signifie pas qu’elle est pure. La rivière Saint-Charles a longtemps été un égout à ciel ouvert. Même si la Ville a investi gros pour la renaturaliser et limiter les déversements d’eaux usées, il arrive encore souvent que les tuyaux municipaux recrachent leur contenu souillé dans la nature, surtout les jours pluvieux.

Voilà qui justifie l’interdit de baignade, même de navigation. Dans un ancien article du Soleil, la Société de la rivière Saint-Charles faisait valoir qu’il y trop de coliformes fécaux pour autoriser le canot et le kayak.

La Ville cherche depuis plusieurs années un moyen de nettoyer le lit de la rivière.

Ce printemps, l’Institut national de recherche scientifique et ses partenaires ont reçu un financement afin de poursuivre les travaux sur la contamination du cours d’eau, travaux qui pourraient guider la restauration écologique.

Entre-temps, la municipalité poursuit la gestion du barrage Samson afin de limiter l’accumulation des boues polluées. «Depuis 2012, nous suivons un programme d’ouverture et de fermeture de la vanne», note Wendy Whittom. «Il y a environ 8 ou 9 fermetures par année, en fonction des activités, des travaux et des marées. Depuis ce temps, le niveau de sédiments est stable, bien que celui-ci se déplace régulièrement et donne l’impression d’accumulation. Nous contrôlons l’accumulation de sédiments puisqu’ils peuvent nuire aux écosystèmes et obstruer les émissaires pluviaux.»