À 28 ans, le député Samuel Poulin gère un budget de 250 M$ au Secrétariat à la jeunesse.

Pour que les jeunes parlent au «nous»

Samuel Poulin, le plus jeune membre du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), se donne comme mission de raviver le sentiment de fierté québécoise chez les jeunes de 12 à 35 ans. Il veut «qu’il y ait plus de nous» dans leur discours.

Non pas qu’il trouve les jeunes individualistes. Seulement, accaparés par les nouvelles technologies, ils ont moins de lieux et d’opportunités pour être ensemble. «Au même moment où ils sont connectés, ils ont besoin d’être rassemblés, ils ont besoin de se voir, de jaser ensemble et d’être écoutés par leurs politiciens», exprime-t-il en entrevue au Soleil.

À 28 ans, le député de Beauce-Sud a été nommé adjoint parlementaire du premier ministre pour la jeunesse. Et il n’a pas l’intention de considérer ce poste comme «symbolique». Il gère un budget de 250 millions $ au Secrétariat à la jeunesse, budget qu’il veut faire passer à 300 millions $ d’ici quelques années. 

De l’argent qui servira à faire en sorte que les jeunes «réalisent leurs rêves au Québec». Éduqués et polyglottes, les adolescents et jeunes adultes ont le goût de voir le monde. «On a une jeunesse qui voyage énormément, mais est-ce qu’on peut leur démontrer qu’ils peuvent aller au bout de leur potentiel en restant au Québec? Je crois que oui.»

Aux volets déjà existants de la Stratégie jeunesse du gouvernement, M. Poulin veut en ajouter deux : la culture et l’environnement. M. Poulin croit que c’est en exposant davantage les jeunes aux films, aux séries et à la musique québécoise qu’ils pourront être davantage «fiers d’être Québécois». Qu’ils pourront se projeter dans le Québec qu’ils veulent pour 2030. «Le film La Bolduc devrait être présenté dans toutes les écoles du Québec, parce qu’il nous ramène à notre histoire», évoque-t-il. 

Environnement

Le député veut également financer des initiatives locales qui sont bonnes pour l’environnement et faire en sorte que les cégeps et les universités «prêchent par l’exemple sur le plan environnemental.» Lors d’une tournée de consultation prévue pour l’automne, M. Poulin sait que les jeunes Québécois vont lui parler d’environnement. «Ils savent qu’à la CAQ, on est pragmatiques, mais je pense que les jeunes le sont aussi.»

M. Poulin n’a pas de siège au Conseil des ministres. Pour réaliser ses idées et faire en sorte que le gouvernement favorise la jeunesse, il doit compter sur l’écoute de ses collègues ministres. Il raconte que son emploi d’attaché de presse de l’aile parlementaire de la CAQ, de 2014 à 2018, le sert très bien aujourd’hui. «Je connais l’appareil gouvernemental et je connais chaque personne avec qui je travaille», raconte-t-il. Le premier ministre François Legault lui laisse également «la liberté» d’aller de l’avant. 

Issu du monde des communications, M. Poulin est aussi préoccupé par la façon dont le gouvernement rejoint les jeunes, ou échoue à les rejoindre. «Nos communiqués du gouvernement, ils sont plates en tabarouette», lance-t-il en riant. C’est pourquoi il réfléchit à une façon de mieux communiquer et d’être «en dialogue constant avec les jeunes qui travaillent, qui sont occupés, mais qui ont des idées».

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PLUS DE JEUNES MAIRES EN 2021

Samuel Poulin veut pousser les jeunes à s’impliquer dans leur communauté lors des élections municipales de 2021. «Je veux plus de candidatures jeunes sur les conseils municipaux et je veux plus de jeunes maires et de jeunes mairesses au Québec», affirme-t-il. Pour que les jeunes comprennent qu’il est possible de faire des changements au Québec, mais aussi parce que «des idées neuves, du vent nouveau, c’est toujours bon dans nos régions et dans nos grandes villes du Québec». Un nombre record de femmes ont fait leur entrée à l’Assemblée nationale aux élections provinciales de 2018. «Il faut qu’on fasse avec les jeunes au niveau municipal ce qu’on a réussi à faire avec les femmes au niveau provincial», souhaite M. Poulin.  

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UN RÔLE RENFORCÉ

Les 110 carrefours jeunesse-emploi (CJE) vont être appelés à «jouer un plus grand rôle», indique Samuel Poulin. Ces dernières années, leur mission a été de se concentrer sur les jeunes au chômage ou qui étaient prestataires de l’aide sociale. Résultat : environ 20 000 jeunes de moins ont reçu des services des CJE depuis 2015. «Je souhaite que les carrefours jeunesse accueillent tous les jeunes du Québec, peu importe leur situation», indique M. Poulin. Des nouveaux services pourraient être créés, comme du maintien en emploi, de l’orientation professionnelle, etc. M. Poulin penser également à lancer une une plate-forme numérique afin d’aider les jeunes à s’y retrouver dans les différents services gouvernementaux qui s’offrent à eux. 

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LA GRANDE SÉDUCTION DES RÉGIONS

Originaire de Saint-Georges, le député de Beauce-Sud Samuel Poulin comprend l’importance pour les régions de pouvoir compter sur la génération montante. C’est pourquoi il souhaite étendre et bonifier le programme Place aux jeunes en région. À l’heure actuelle, 56 agents de migration tentent de freiner l’exode des jeunes vers les grandes villes ou de séduire les jeunes des villes afin qu’ils s’établissent en région. Il veut faire passer ce nombre à 83. «On va te trouver ta maison, ta place en garderie et ta femme, on lui trouve une job. C’est ça qu’ils font présentement Place aux jeunes en région», décrit-il. M. Poulin fait confiance à ce programme qui connaît de bons résultats depuis environ 30 ans.